Agri79 Informations 22 septembre 2011 à 10h58 | Par G.R.

Brilap - Embellie de courte durée en 2010 pour les cuniculteurs

Pour tenter d’enrayer la baisse de la consommation de lapin, la filière régionale vise la restauration collective et en particulier les collégiens.

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François Martin rappelle que la production locale génère 2 000 emplois dans la région.
François Martin rappelle que la production locale génère 2 000 emplois dans la région. - © G. R.
En l’absence d’installations depuis deux ou trois ans, la question qui se pose au Brilap est celle de savoir comment maintenir la production de la troisième région productrice de lapins. Si en 2009 et 2010 le coût de l’aliment a baissé, il est reparti à la hausse en 2011. Depuis un an la facture s’est alourdie de 70 euros par tonne. Pour un élevage de 500 cages mères, elle représente une charge supplémentaire annuelle de 25 000 euros.« Cette nouvelle flambée des cours des matières premières laisse présager des situations difficiles si le prix du lapin à la production n’est pas revalorisé », prévoit François Martin, président du Brilap. De 2004 à 2010, le nombre d’éleveurs est passé de 186 à 120 (100 adhérent à Poitou-Lapins, 20 adhèrent à CPLC, en Charente).A 1,65 euro par kilo, le prix de reprise en 2010 est quasi identique à celui des deux années précédentes. Depuis le début de l’année 2011, cependant, les cours se maintiennent entre 1,65 euro et 1,85 euro par kilo vif, notamment grâce à une demande soutenue sur le marché des peaux à l’exportation. « Cette hausse de 10 centimes à 15 centimes ne représente que 35 % à 40% de la hausse du prix de l’aliment », relativise François Martin. Le nombre d’éleveurs dans la région continue à baisser, mais de façon moindre avec quatre départs en 2010, contre 19 en 2009. Cela s’est toutefois traduit par une diminution de 5% du nombre de femelles reproductrices, alors que le nombre de cages mères, autour de 500 par élevage, reste relativement stable. Pour la première fois depuis 2007, la consommation de viande de lapin a progressé en 2010 (+5%). Embellie de courte durée, - « une stabilisation », même estime François Martin, - puisque la consommation, comme celle des autres viandes recule depuis le début de l’année. Depuis 1995, la consommation moyenne est passée de 1,5 kilo de lapin par habitant à 1 kilo.« Comme dans n’importe quel autre secteur d’élevage, l’équilibre offre demande est nécessaire », assure le président du Brilap. La promotion du produit, conjointe avec la démarche Lapin Signé Poitou Charentes est jugée indispensable par la filière qui encourage les animations sur les lieux de vente. « On a des cartes à jouer vis-à-vis de la restauration collective », assure le président du Brilap.Des initiatives ont été prises, comme la valorisation de la viande de lapin dans les restaurants scolaires de quatre collèges, avec le concours du conseil général. Le Brilap souhaite que l’opération soit étendue à tous les collèges du département.Ces actions s’inscrivent dans un programme d’économie de proximité, incluant la vente directe. Mais la vente aux collectivités passe par la centralisation de l’offre des produits locaux.

Economie de proximité et restauration collective : une affaire de communication

Selon une étude réalisée par l’Irqua et présentée par Franck Michel, chargé d’étude à la chambre régionale, l’économie de proximité relève d’un mode d’organisation basé sur la relation entre acheteurs et vendeurs. Suite aux différentes crises sanitaires, le consommateur recherche de la confiance, confiance qui passe par la connaissance de l’origine du produit et par un contact avec des producteurs. Les animations réalisées par les éleveurs de lapins dans les GMS vont dans ce sens.Pour développer la consommation de lapins en restauration collective, des efforts doivent être faits pour proposer des plats cuisinés plus adaptés aux nouvelles habitudes de consommation. Il faut veiller également à la taille des portions proposées pour éviter le gaspillage. Reste à convaincre les acheteurs publics de réintroduire le lapin dans les menus des écoles et des collectivités. Encore de la communication.

GÉRARD KÉRAVAL

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