Agri79 Informations 01 juillet 2010 à 14h45 | Par Élisabeth Hersand

Irrigation - Du mieux pour Adour-Garonne

La semaine dernière, le préfet de région a rappelé son souhait de travailler en concertation avec la profession agricole, en ce qui concerne l’eau.Un travail qui ne se déroule pas au même rythme dans les deux bassins de la région.

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Administration et profession agricole ont échangé pendant près de trois heures sur le thème de l’eau.
Administration et profession agricole ont échangé pendant près de trois heures sur le thème de l’eau. - © DR

«Nous souhaiterions que le dynamisme du bassin Adour-Garonne se retrouve dans celui de Loire-Bretagne », a lancé Jean-Luc Mathieu à la sortie de la réunion organisée il y a quelques jours à la préfecture de Poitiers. Une réunion organisée à l’invitation du préfet de région et qui réunissait les présidents des quatre chambres d’agriculture, ainsi que de la chambre régionale, les irrigants, et l’administration (préfets, DRAAF, DDT…), et qui ciblait surtout le bassin Adour-Garonne. « J’ai le sentiment que vous allez au maximum de vos possibilités, a lancé Alain Lebret, même s’il reste des divergences sur les volumes prélevables. » Pour le président de la chambre d’agriculture de Charente, comme pour les autres présidents, les efforts annoncés par le préfet vont dans le bon sens. « Nous étions d’accord pour que la détermination des bassins déficitaires soit régionale, et pas sur l’ensemble du bassin », a souligné Bernard Tomasini. Sur le thème des réserves de substitution, un plan régional devrait être mis en place, avec un financement à hauteur de 50 à 60 % pour Adour-Garonne, auquel il faut ajouter celui des collectivités ou du Feader, pour une capacité de financement public totale entre 65 et 75 %. Autre annonce du préfet : le fait que la référence pour les volumes prélevés soit l’année quinquennale sèche avant 2004, et ce dès cette année. La définition des prélèvements autorisés prendra de plus en compte les réserves de substitution (même si elles ne sont qu’au stade de dossier déposé). « Cela devrait éviter les recours systématiques de la part de certaines associations, et accélérer le processus », a précisé le préfet. Enfin, s’agissant de la date butoir de 2015, le préfet annonce une souplesse de deux à trois ans, « en fonction de la capacité de chaque bassin ». Des annonces  applaudies par la profession, qui a souligné tout de même les interrogations toujours d’actualité sur les volumes prélevables.

En revanche, pour le bassin Loire Bretagne, les discussions ont été moins concluantes, même si Jean-Luc Mathieu s’est félicité d’un « dialogue constructif ». Rien pourtant sur le dossier des réserves de substitution. Le président de la chambre d’agriculture remettra d’ici la fin de l’année un projet sur le sujet.

Ce qui laisse la profession agricole plus inquiète, c’est la définition des volumes prélevables. Pour l’année en cours, les irrigants de la Vienne ont tout de même obtenu une étude au cas par cas, et une limitation de la baisse des volumes à -20 % par rapport au maximum consommé. Un aménagement qui satisfait les irrigants, pour éviter que les agriculteurs ayant de leur propre initiative baissé leur consommation ne soient pénalisés. 

« C’est ce que nous avions demandé », a précisé Laurent Lambert. Le président de l’ADIV reste tout de même inquiet sur ces volumes, d’autant que les baisses ne sont pour l’instant pas accompagnées de solution alternative. Pour 2011, le préfet annonce que ces volumes seront plafonnés à 80 % des chiffres de cette année. De nouveaux efforts pour les irrigants pictocharentais qui « ont déjà réalisé une grosse partie des baisses » comme l’a souligné le préfet. « Il faut aussi démystifier le thème de l’irrigation, a conclu Daniel Rouvreau. L’irrigation, ça ne représente qu’1 % des 20 milliards de m3 de précipitations annuelles du Poitou-Charentes. »

 


Communiqué des présidents de chambre 

« Les présidents estiment que le préfet a fait tout ce qu’il a pu avec les marges de manœuvre dont il disposait pour que l’agriculture puisse disposer d’eau pour irriguer. Mais cette volonté se heurte aux contraintes qui ne sont pas de son ressort, notamment dans le domaine de la détermination des volumes prélevables qui reste l’un des points noirs majeurs ici. Par ailleurs en Poitou-Charentes apparaît un clivage entre Adour-Garonne (où apparaît une attention nouvelle pour l’agriculture irrigante), et Loire Bretagne (où nous ne sentons pas encore les mêmes prémices). Ils insistent sur deux points : la nécessité que les évolutions concernent aussi la zone Loire-Bretagne du territoire régional ; et le point essentiel de la méthode de calcul des volumes prélevables qui doit impérativement être révisée ».

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