Agri79 Informations 17 juillet 2014 à 08h00 | Par D. Perronet

Isabelle ou le verre aux reflets de ses idées

Installée rue de l’Autremont à Coulon, Isabelle Cousin façonne le verre à son image et selon les goûts de ses clients. Vitrailliste, cette bricoleuse aux doigts de fée pratique également le fusing, la mosaïque et la peinture sur verre.

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Dans son atelier, à Coulon, Isabelle Cousin «rabat le plomb» permettant de souder les différentes plaques de verre.
Dans son atelier, à Coulon, Isabelle Cousin «rabat le plomb» permettant de souder les différentes plaques de verre. - © N.C.

Si certains ont, comme le chantait Michel Berger (1), « des idées bizarres et vibrent au rythme des guitares », Isabelle Cousin a quant à elle des idées... « des idées en verre », dit-elle au point d’avoir de cette expression baptisée sa boutique à Coulon, ouverte en mai 2013. Et elle vibre au « chant du diamant ». « J’aime ce bruit, celui que fait le coupe-verre sur le verre. » Son chant des sirènes à elle, contre lequel elle n’a en aucun cas essayé de lutter. « Il y a dix ans, lors d’un stage de mosaïque, je me suis essayée à couper du verre », explique Isabelle qui sera alors séduite par la sonorité de cette opération au point de s’orienter vers le métier de vitrailliste, préférant ce terme à celui de maître verrier qu’elle juge
« un peu pompeux ».

Une reconversion
Titulaire d’un BTA option horticulture, Isabelle Cousin a gardé de cette formation le goût pour les fleurs qui étirent leurs pétales sur son chemisier ou sur certaines de ses créations en verre mais c’est tout d’abord vers l’animation qu’elle s’orientera. Au musée agricole des Ruralies d’abord puis en centre social. « C’était un rêve. Une fois réalisé, à 42 ans, je me suis dit qu’il fallait passer au suivant », souligne Isabelle aujourd’hui âgée de 48 ans. Une longue réflexion puis le « chant du diamant » la mettent sur le chemin de son deuxième rêve. Elle entame un CAP de vitrailliste et son stage de six mois dans l’atelier d’un maître verrier dans la Creuse  confirme son choix.
« Le verre est complexe, je l’aime blanc, teinté dans la masse... Avec le verre, la création est infinie, on peut tout inventer», détaille-t-elle, au milieu de ses carillons tintinnabulants. « J’ai claqué par erreur l’une contre l’autre deux pièces de verre fusionnées et j’ai aimé le son d’où la naissance de ces carillons. » La cuisson du verre est en effet tout un art. Dans le jargon on parle de fusing.
Dans son four de fusing, pièce imposante qui trône dans son atelier, Isabelle cuit le verre par palier, le plus haut atteignant les 800 voire 830°C. «Il faut éviter les chocs thermiques. Parfois on peut être agréablement surpris par le résultat mais le but est tout de même de maîtriser et de parvenir au résultat que l’on souhaite », souligne-t-elle en montrant un œil-de-bœuf qu’elle a souhaité, bombé (voir photo). « L’idée de cette création, je l’ai eue grâce à un ferronnier chez qui j’ai récupéré des cercles en fer. » Ces derniers viendront encercler du verre fusionné serti d’inclusions qui ne sont autres qu’un ressort et des morceaux de ferrailles. D’autres créations respectent certains styles comme le cistercien caractérisé par des entrelacs (voir photo). « Pour réaliser ce vitrail, il a d’abord fallu réaliser le dessin à petite puis à grande échelle. Ensuite les gabarits en papier blanc sont découpés et permettent de couper le verre provenant bien souvent de Paris ou de Limoges.
« Enfin, je monte le travail au plomb et soude toutes les intersections », termine-t-elle.

Satisfaire les désirs des clients
Outre les commandes - la dernière en date étant six vitraux pour le château d’Airvault -, Isabelle Cousin trouve son inspiration chez Dali, Georges Valmier, dans l’Art nouveau mais aussi dans toutes les choses qui bercent notre quotidien comme la publicité.
« Et des rencontres humaines, ajoute-t-elle. Je me souviens d’un homme qui avait un besoin urgent d’un vitrail. Or on n’a pas besoin d’un vitrail on en a le désir. De plus il ne savait pas ce qu’il voulait. Nous en avons discuté et j’ai réussi à créer une pièce qui l’a ravi. » Un ravissement contagieux, là est la raison de son métier.   
(1) Les Princes des villes, 1983.
(2) Contacts : 09 52 55 51 58 ou isabelle.cousin@desideesenverre.
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