Agri79 Informations 09 juillet 2015 à 08h00 | Par Élisabeth Hersand

Le textile de bon goût s’affiche à Milan

Jusqu’au 14 juillet, et en marge de l’exposition universelle, le centre-ville de Milan accueille une exposition originale, ludique et surprenante sur des textiles, issus d’espèces végétales et animales, parfois comestibles.

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Au premier plan, Baobab Couture : des fibres discontinues ont été extraites d’une écorce de baobab, avant tissage, avec de la soie. Au second plan, c’est une robe faite de dentelle composée de viscose, polyamide et soja ; ainsi que d’un tissu Sli-On 100% ananas. La couleur a quant à elle été obtenue grâce avec du thé bleu. (© N.C.) The Beer dress : avec la technique de la biosynthèse, il est possible de matérialiser la fermentation de la bière, et ainsi lui donner l’aspect d’une matière textile.  © N.C. Cette fibre est fabriquée avec la paille de riz. Une alternative au brûlage de ces pailles, qui affecte la qualité de l’air. Mélangé avec de la laine de haute qualité, ce résidu permet d’ © N.C.

On est loin de la robe de Lady Gaga, qui avait fait tant réagir, il y a trois ans. Ici, l’idée ce n’est pas de choquer, mais de montrer le champ des synergies possibles entre productions alimentaires, agriculture et textiles. L’exposition Textifood, présentée par Lille 3 000(1) à l’institut français de Milan, s’inscrit d’ailleurs dans le thème de l’Exposition universelle qui met en perspective les modèles alimentaires de demain avec l’idée de durabilité et de planète responsable. Alliant la science à la tradition de l’industrie textile du Nord-Pas-de-Calais, Textifood présente des vêtements dont les fibres sont issues de recherches qui valorisent les résidus de récolte, habituellement jetés une fois extraite la partie comestible destinée à l’alimentation humaine, à l’image, par exemple de la peau des oranges, jetée après pressage des fruits. Des déchets, qui en Italie ne représentent pas moins de 700 000 tonnes par an. Deux types de fibres sont représentés : les fibres naturelles, provenant de végétaux (principalement le coton, le lin, la laine et la soie) ou d’animaux (laine de mouton, ver à soie, coquillages), et les fibres artificielles, qui sont des fibres naturelles avec ajout chimique. Ces textiles répondent davantage à la demande sociétale actuelle, désireuse d’éviter de plus en plus les textiles synthétiques qui ont recours à la pétrochimie. Entre haute couture et technologie, l’exposition présente des robes uniques en fibres de baobab, de houblon, de bananier, et des textiles issus de procédés originaux, par exemple à base de nacre et de filaments de mollusques. S’ils ne sont pas tous commercialisés, et même commercialisables, vu le prix que peut représenter leur fabrication, ces tissus ouvrent des perspectives intéressantes en termes de respect de l’environnement et d’utilisation de matières biosourcées. A l’image de textiles provenant de la récupération des résidus de la torréfaction du café.

Textiles utiles
Au-delà de leurs qualités environnementales, ces textiles ont également des fonctionnalités nouvelles, mais pourtant déjà sur le marché. Ces fibres à base de café sont d’ores et déjà intégrées à certains vêtements de sport, pour valoriser leurs capacités à absorber les odeurs et à résister aux UV. Grâce au xylitol (extrait de la pulpe de canne), certains T-shirts de sport peuvent aussi s’adapter à la chaleur produite par le corps pour libérer si nécessaire un effet rafraîchissant. Le vêtement est déjà disponible à la vente, notamment chez Damart. L’exposition présente également des objets du futur, comme le cocon BBDOR, couffin en composite de lin qui allie propriétés thermiques et légèreté, ou encore les coussins « Napoli Vintage » en toile de lin imperméable, conçus pour l’extérieur. Une partie des murs de l’exposition est recouverte d’un revêtement mural à base de lin et de viscose, le StarFlax, facile à poser, avec un haut pouvoir couvrant. Enfin, à la pointe de la technologie, les textiles connectés intègrent la problématique de l’énergie, comme cette veste Cal Jacket qui, portée à même la peau, utilise les échanges thermiques entre le corps et l’air pour créer de l’électricité. La Cal Jacket dispose de son côté de capteurs de lumière pour produire de l’énergie destinée à alimenter les appareils mobiles. La Sol Jacket, en cours de développement intègre des cellules photovoltaïques et permet donc d’alimenter des appareils mobiles. Le Seacelle, fabriqué avec du bois dissout dans un solvant, et enrichi de poudres d’algues, favorise la circulation sanguine et la régénération de la peau. Toujours dans le domaine médical, le débardeur OM-IH, est antibactérien, absorbe la chaleur et protège des UV. Il est fabriqué à partir de fibre de lait, issue de la caséine, la protéine du lait. En attendant le passage en France de Textifood, l’exposition est visible à Milan jusqu’au 14 juillet.

(1) Lille 3 000 est un programme culturel promu par la ville de Lille et par le comité d'organisation de Lille 2004, dans l’idée d’une continuité de la promotion de Lille en 2004 en tant que Capitale européenne de la culture.

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