Agri79 Informations 23 octobre 2014 à 08h00 | Par D. Perronet

Il ne faut pas vendre son bois avant de l'avoir estimé

Une estimation de la quantité à vendre ainsi que de la qualité permet de bien négocier sa vente de bois. L'accessibilité à la parcelle, le contrat à rédiger ou encore l'organisation entre propriétaires forestiers sont également d'autres notions à appréhender.

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Evaluer la quantité de bois à vendre est une étape essentielle.
Evaluer la quantité de bois à vendre est une étape essentielle. - © CNPF

«Notre rôle est d'inciter les propriétaires forestiers à s'intéresser à la gestion de leur bois », introduit Jacques Gire, président du Groupement de développement forestier (GDF) des Deux-Sèvres. Car effectivement, l'on devient souvent propriétaire forestier par héritage ou transmission et non forcément par choix. Et Jacques Gire d'ajouter : « Les gros propriétaires (Ndlr, qui disposent de plus de 150 hectares) savent comment s'occuper de leurs bois mais la plupart de nos adhérents, au nombre de 160, dispose de peu de surface : environ la moitié dispose de moins de 5 hectares ». Aussi ce morcellement impose aux propriétaires de s'organiser, notamment pour la vente de bois. Une tâche à laquelle s'attelle le GDF qui permet de faire le lien entre les propriétaires et le Centre régional de la propriété forestière (Crpf).

De la méthode
Pour bien préparer sa vente de bois, le président du GDF énumère les questions à se poser : Que veut-on vendre? Evaluer la qualité du bois et la quantité? Est-ce que mon bois est accessible, ai-je une place de dépôt? Un camion peut-il accéder?
«Quand on a quelque chose à vendre, il faut le présenter le mieux possible à l'acheteur afin d'améliorer la négociation, ajoute-t-il. Pour le bois, c'est pareil. Le propriétaire doit pouvoir parler le même langage que l'acheteur. Etre un minimum averti permet d'en tirer le meilleur prix.» Des prix qui restent, somme toute, raisonnables, «pas très motivants»,note Jacques Gire. «Les cours sont au même niveau qu'il y a vingt ans. Dans la région, ils sont fixés lors de la vente aux enchères de Montamisé dans la Vienne.» L'année dernière, le prix du stère de bois de feu sur pied oscillait entre 12 et 15 euros tandis que le mètre cube de bois d'oeuvre était compris entre 80 et 110 euros pour le chêne et 30 à 40 euros pour le peuplier. Et le président du GDF de rappeler les différentes modalités de vente entre le bois d'oeuvre et le bois de feu : «Pour le premier, on vend à un professionnel, un contrat s'impose de fait tandis que pour le second, on vend souvent à des particuliers. Il est indispensable pour la vente sur pied de rédiger un contrat (téléchargeable sur le site du Crpf) pour se protéger des éventuels malentendus. La vente informelle, un tiers pour le propriétaire et deux tiers pour le bûcheron, se pratique encore mais c'est dangereux!»
Enfin, notion essentielle que tient à rappeler le président du GDF face à cette forêt privée deux-sévrienne morcelée, c'est l'organisation des propriétaires entre eux : «Les scieries notamment ne déplaceront pas de grosses machines pour une petite parcelle. Il faut alors que les propriétaires se fédèrent pour proposer des lots de bois plus volumineux; que ce soit de la vente sur pied ou non».        

(*) Les prochaines formations (ouvertes à tous) seront le 28 novembre à Saint-Loup-Lamairé sur le thème du marché du bois, le 28 janvier à La Peyratte sur la préparation de la vente et le 28 février  à Thénezay sur des échanges d'expériences.
Contacts : 05 49 77 16 43 ou fedepc@foretpriveefrançaise.com

Chêne pédonculé
Chêne pédonculé - © CNPF

Chêne pubescent, sessile ou pédonculé

Le chêne pubescent, souvent appelé « chêne noir » se reconnaît à la pubescence marquée de son rameau de l'année et du verso de ses feuilles. Il arrive à se maintenir sur les terrains calcaires superficiels mais peut donner de gros arbres sur les terrains profonds. Résistant à la chaleur, il sera « le chêne de pays »  le mieux adapté au réchauffement climatique.
Les chênes sessiles et pédonculés se ressemblent beaucoup et il n'est pas rare que les forestiers hésitent quand ils doivent les identifier. Les scieurs les utilisent de manière indifférente même s'ils parviennent à mieux valoriser le sessile que le pédonculé.  D'un point de vue botanique, le chêne pédonculé se reconnaît avec certitude à l'examen de la cupule de son gland, laquelle est reliée au rameau par un long pédoncule. Par ailleurs, le pétiole de sa feuille lobée à la base est quasiment inexistant.  Pour le chêne sessile, les critères sont inversés. La cupule du gland est posée sur le rameau et la feuille, en pointe à la base, possède un pétiole marqué. D'un point de vue tempérament, le chêne sessile, peu exigeant quant à la qualité du sol, se trouve plus particulièrement dans les zones boisées de longue date. Le chêne pédonculé a, quant à lui, un caractère « pionnier » qui le pousse à coloniser  naturellement les espaces abandonnés.  Majoritairement présent dans les haies et les jeunes massifs boisés, il affectionne les terrains frais et riches. Il exprime une sensibilité particulière aux fortes chaleurs. De l'avis des forestiers, son maintien dans un contexte de réchauffement climatique s'avérera très problématique localement.

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