Agri79 Informations 24 octobre 2013 à 08h00 | Par D. R.

Politique de l’eau - La levée du moratoire sur les retenues d’eau confirmée

Dans un courrier adressé aux Agences de l’eau, le ministre de l’Ecologie, Philippe Martin, revient sur la suspension des financements sur les retenues d’eau décidée par Delphine Batho.

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Pour Philippe Martin, “ la construction de nouvelles retenues de stockage fait partie des solutions le plus souvent mises en avant pour éviter ces conflits d’usage et sécuriser la ressource pour chacun des usagers ”.
Pour Philippe Martin, “ la construction de nouvelles retenues de stockage fait partie des solutions le plus souvent mises en avant pour éviter ces conflits d’usage et sécuriser la ressource pour chacun des usagers ”. - © Reussir

La levée du moratoire sur les retenues d’eau a été évoquée lors de la Conférence environnementale des 20 et 21 septembre derniers. Le rapporteur de la table ronde sur la politique de l’eau avait d’ailleurs repris l’idée dans ses conclusions mais le Premier ministre n’en avait pas parlé dans son discours final.
Dans un courrier qu’il vient d’adresser aux Agences de l’eau, le ministre de l’Ecologie, Philippe Martin, confirme cette levée du moratoire en rétablissant les aides financières qui avaient été suspendues par Delphine Batho. « Dès à présent, à titre transitoire, pour les projets administrativement bien engagés et devant bénéficier d’une aide du Feader programmée en 2013, vous pourrez proposer à vos instances le financement de telles retenues de substitution s’il s’agit de projets collectifs s’inscrivant dans une démarche territoriale de progrès sur la gestion quantitative, permettant d’améliorer l’état des lieux et comprenant obligatoirement un volet visant à la réduction des prélèvements pour l’irrigation », indique Philippe Martin dans son courrier.  Il considère également que « la construction de nouvelles retenues de stockage fait partie des solutions le plus souvent mises en avant pour éviter ces conflits d’usage et sécuriser la ressource pour chacun des usagers ».
Mais sa missive n’est pas dépourvue d’ambiguïté quand il précise que « cette solution ne permet pas à elle seule de répondre aux enjeux d’une gestion durable de la ressource en eau et trop souvent ne fait que déplacer dans le temps et sur le territoire les problèmes rencontrés ». Et que les projets de retenues d’eau doivent  « promouvoir des économies d’eau, notamment via l’engagement dans des pratiques agricoles moins consommatrices d’eau ».

Accueil favorable
Pascal Ferey, vice-président de la Fnsea et président de la Commission environnement, a accueilli favorablement la décision du ministre. « Je salue le courage du ministre Martin qui reprend les recommandations du député Martin », auteur d’un rapport sur la politique de l’eau avant son entrée au gouvernement. Tout en relativisant la portée de cette décision puisque « la levée du moratoire ne permet que de revenir à la situation antérieure », avant que  Delphine Batho, l’ancienne ministre de l’Ecologie, décide de la suspension des financements. Même sentiment de Jean-Luc Capes, en charge du dossier irrigation à la Fnsea. « Enfin une bonne nouvelle, même si elle est tardive. Cela faisait partie des revendications fortes que nous avancions depuis longtemps.  (Actuagri)

Philippe Charles.
Philippe Charles. - © D. P.

Philippe Charles, président de la Coop de l’Eau : satisfait de la gestion par bassin

Cette nouvelle vous a-t-elle surpris ?
Le rapport Martin allait dans ce sens, cette annonce était attendue avec impatience. Le point fort dont nous pouvons nous satisfaire est la gestion par bassin puisqu’en Deux-Sèvres, beaucoup d’entre eux sont interdépartementaux.

Quels peuvent être les obstacles à ce mode de gestion par bassin ?
Les craintes s’orientent maintenant sur l’opposition du conseil général des Deux-Sèvres quant à la mise en œuvre de cette politique de gestion. Le département a déjà subi beaucoup de restrictions, il ne faut pas se retrouver avec des exceptions deux-sévriennes. Le conseil général ne doit pas entraver la politique de l’eau au niveau régional puisque c’est une gestion par bassin qui va s’appliquer.

Justement dans le département, où en est le projet sur la Boutonne ?
Le conseil général a mis un veto sur ce projet. Alors que l’autorisation avait été obtenue nous sommes contraints de repartir de zéro. Il faut être prudent afin que le département des Deux-Sèvres ne devienne pas « l’oublié» de la politique de création de ressources.

Propos recueillis par
Claire Charron

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