Agri79 Informations 31 octobre 2019 à 10h00 | Par Nicolas Ehrhardt

Caprins : la listériose n’est pas une fatalité

La maladie bactérienne prend souvent sa source d’un fourrage humide ou mal conservé. Pour empêcher son développement, la prévention passe d’abord par l’enrubannage.

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Le taux de matière sèche doit être compris entre 50 et 65 % 
avant bottelage et les balles denses et régulières.
Le taux de matière sèche doit être compris entre 50 et 65 % avant bottelage et les balles denses et régulières. - © JC Gutner

Les fourrages stockés nécessitent une bonne maîtrise technique quant à la production, le stockage et la distribution, en particulier pour prévenir les différentes formes de listériose clinique chez les chèvres et la présence de listeria dans les produits laitiers. L’enrubannage nécessite une attention particulière. En effet, c’est un fourrage humide qui, mal conservé ou utilisé, peut devenir un milieu favorable au développement de listeria monocytogenes et un vecteur de diffusion dans l’élevage. Pour autant, il est possible de prévenir efficacement les risques.

Chez l’animal, la listériose nerveuse est fréquente dans les élevages distribuant de l’ensilage ou de l’enrubannage et peut toucher plus de 10 % du troupeau. La distinction avec les autres causes d’encéphalite doit être faite par analyse d’encéphale. L’évolution est généralement fatale, bien qu’une détection précoce des premiers signes puisse, dans certains cas, permettre de traiter et de guérir les chèvres atteintes. Des formes abortives sont également constatées.
Certaines chèvres peuvent excréter la bactérie dans leur lait sans manifester aucun symptôme.

La levure, efficace mais pas systématique

La prévention repose d’abord sur l’absence de listeria dans l’enrubannage. Une hauteur de coupe de 7-8 cm limitera notamment le risque de ramasser de la terre, où la bactérie est naturellement présente. Le taux de matière sèche doit être compris entre 50 et 65 % avant bottelage, et les balles doivent être denses et régulières. L’absence d’oxygène est aussi permise par un nombre de couches de film adapté à la rigidité du fourrage (plutôt 6 à 8 couches pour les luzernes). Le risque de perçage du film par des rongeurs, rapaces ou autres causes doit être maîtrisé, notamment par le choix du lieu de stockage.

Enfin, la distribution doit se faire en deux ou trois jours après ouverture et les zones moisies doivent être écartées mais pas mises dans la litière. La sensibilité des chèvres au développement de la maladie va par ailleurs être favorisée par un état d’acidose. L’incorporation progressive de l’enrubannage dans la ration et le maintien de fourrage fibreux sont ainsi nécessaires. La complémentation par des levures peut être efficace mais ne doit pas être recommandée de façon systématique en préventif.
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