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Chèvres
La hausse du prix devient urgente pour l’ensemble de la filière caprine

Alors que les négociations avec les GMS se terminent ce vendredi 28 février, la DRAAF, invitait jeudi dernier l’ensemble de la filière caprine.  Objectif : instaurer un dialogue constructif pour enrayer la déprise constatée depuis 3 ans.

Une quarantaine de représentants de la filière caprine (producteurs, transformateurs, syndicats , chambres d’agriculture et autres OPA) ont participé à la réunion. 
Une quarantaine de représentants de la filière caprine (producteurs, transformateurs, syndicats , chambres d’agriculture et autres OPA) ont participé à la réunion. 
© Vienne rurale

45 millions de litres de lait en moins, 266 arrêts de production. Le bilan des 3 dernières années de la filière caprine Picto-charentaise, dressé par Philippe De Guénin, est particulièrement inquiétant. « En 2013, on compte seulement 9 installations caprines en région » lance de DRAAF. « Au final, sur trois ans,  la région a perdu près de 20 % d’exploitations caprines ». Une déprise qu’il attribue à plusieurs éléments simultanés : la baisse de collecte, des prix bas, mais aussi des charges à la hausse. « On était habitué à des cycles de 5 ans dans la filière caprine, avec des baisses de collecte, mais qui étaient suivies de prix qui remontaient, et donc les volumes suivaient également. Là, ce n’est pas le cas » Après une réunion, en janvier 2013, le médiateur qui avait été nommé avait demandé une augmentation du prix d’achat du lait aux éleveurs caprins de 60€/1000 litres.  Une hausse qui a effectivement été appliquée, mais uniquement à partir du second semestre. Au final, en 2013, le prix moyen a progressé de 50 €/1 000 litres. « Avec la hausse de l’IPAMPA, le revenu moyen des éleveurs a continué de baisser. Sur trois ans, il a baissé de 75 € pour 1 000 litres. Le sentiment, qu’on a, c’est que nous jouons un jeu où tout le monde est perdant » ajoute Philippe De Guénin, qui pense qui si la tendance à la baisse du prix est enrayée, la crise n’est, elle, pas derrière nous. D’autant que la pénurie de lait se fait ressentir dans les rayons de la distribution « L’idée n’est pas que l’État interfère dans les négociations, mais  bien que les GMS comprennent que si les producteurs vendent à perte, il n’y aura bientôt plus de producteurs », lance à son tour Élisabeth Borne pour expliquer l’organisation de cette réunion, notamment « au regard de la part occupée par la filière caprine Picto-charentaise dans la filière caprine française ».  Un message qui, selon la préfète de Région, semble être bien passé. À l’issue de la réunion, les représentants du monde agricole étaient en effet optimistes. « Cette réunion tombe au bon moment, par rapport aux négociations en cours. Les échanges ont été constructifs, même si nous ne disposons d’aucun chiffre précis » lance Stéphane Cools, élu à la chambre d’agriculture. « Il est important que la hausse des prix arrive très vite, pour donner un signe fort dans les campagnes ».



Une hausse promise, mais pas de chiffre annoncé
Danièle Provost,  élue à a chambre d’agriculture et éleveuse de chèvres à Blanzay se réjouit de l’intention des GMS d’aller vers une augmentation des prix, mais ne  crie pas  encore victoire.  «Nous devons rester attentifs, jusqu’à ce qu’on obtienne un prix acceptable ». Pour Jean-François Bernard, président de la section caprine de la FNSEA Poitou-Charentes, l’objectif est d’atteindre, dans un premier temps, une hausse de 70€/1000 litres, « pour arrêter l’hémorragie des producteurs et maintenir les entreprises ». Pour soutenir efficacement les installations et l’investissement, la FNSEA et le JA de la Vienne estiment que c’est une augmentation de 120/1 000 litres qui doit ensuite être visée. « Les GMS se retranchent toujours derrière la défense du prix pour le consommateur, mais pour la première fois, les consommateurs nous soutiennent » se félicitait à la sortie Jean-François Bernard. Parmi la quarantaine de participants à la réunion, André Vigné, président de la confédération syndicale des familles de la Vienne rappelle en effet que, pour les consommateurs, « ce qui compte c’est la qualité et la provenance du lait. Un agriculteur qui n’arrive pas à vivre, ce n’est pas acceptable. En revanche, quelques centimes de plus pour les consommateurs, c’est supportable ». Une demande de hausse de prix de la part des producteurs qui a fait l’objet d’une communication dans les rayons de certaines grandes surfaces, de façon plutôt accusatrice pour la profession agricole. À la sortie de la réunion, les représentants des GMS présents n’ont pas souhaité s’exprimer sur le sujet, ni sur les négociations en cours.

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