Agri79 Informations 14 mai 2019 à 09h00 | Par DAVID LAISNEY

La coupure de rangs appliquée aux bineuses

Les bineuses voient leur niveau de précision encore progresser avec l’adoption du relevage indépendant des éléments. Ce procédé permet de respecter davantage la culture en place tout en détruisant un maximum d’adventices.

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Le pilotage géré par GPS RTK relève et abaisse automatiquement et individuellement chaque élément bineur.
Le pilotage géré par GPS RTK relève et abaisse automatiquement et individuellement chaque élément bineur. - © VANTAGE ATLANTIQUE MÉDITERRANÉE

Le binage, une des pistes pour réduire l’utilisation des produits phytos, est incontournable en agriculture biologique. Il s’inscrit généralement dans un itinéraire technique faisant appel à d’autres outils de désherbage mécanique. Son action détruit les mauvaises herbes ou ralentit leur croissance, afin que la culture en place prenne le dessus. Parmi les dernières évolutions apportées sur les bineuses, le relevage indépendant des éléments renforce la précision dans les interventions. Il permet de travailler quasiment 100 % de la surface, tout en préservant les plants cultivés en fourrières. Il réduit ainsi au maximum les zones favorables au développement des adventices.

Ce procédé est particulièrement plébiscité par les agriculteurs bio et dans le maraîchage de plein champ, où l’optimisation de chaque mètre carré compte. Il est d’autant plus justifié dans les parcelles biscornues. Son autre intérêt réside dans la possibilité d’ajuster facilement le nombre de rangs de la bineuse à celui du semoir. Cette fonctionnalité se retrouve aujourd’hui chez de nombreux fabricants de bineuses. Elle se commercialise aussi en tant qu’accessoire pour équiper des modèles déjà en service, à l’instar du système Sat’Bine développé par Vantage avec Hydrokit et présenté au Sima 2019.

Le relevage indépendant s’utilise notamment pour adapter la
largeur de travail de la bineuse au nombre de rangs du semoir.
Le relevage indépendant s’utilise notamment pour adapter la largeur de travail de la bineuse au nombre de rangs du semoir. - © CARRÉ

750 à 1 000 euros de surcoût par rang

L’architecture se révèle assez simple sur le plan mécanique car elle fait appel à un vérin hydraulique solidaire du parallélogramme reliant chaque élément bineur au châssis. L’amplitude de levée dépend de la conception et varie entre les marques. « Nos unités de binage restent parallèles au sol et remontent sur une hauteur de 20 cm. Nous considérons que ce dégagement suffit pour passer au-dessus des pieds de maïs sans les dégrader », précise Charles Adenot, de la société Carré.

Jérémy Gorget, de Vantage Atlantique Méditerranée, constate, lui, que le basculement à la verticale permet à ses clients d’intervenir dans des cultures plus développées et de réaliser un passage supplémentaire. Dans sa version la plus basique, le relevage des éléments se contrôle manuellement pour passer, par exemple, de 12 à 8 rangs ou pour gérer visuellement les pointes et les fourrières.

Plus précise, la gestion automatique demande de recourir à un tracteur équipé d’un système d’autoguidage par GPS et impose de surcroît la correction par signal RTK à la précision centimétrique. Son utilisation est en revanche très simple. « Avec le relevage individuel automatique, il faut d’abord réaliser les contours du champ avant de travailler en bande. L’électronique reconnaît les surfaces travaillées et pilote le soulèvement des éléments bineurs », indique Thierry Mauxion de Kongskilde. « Le chauffeur gagne en confort de conduite car tous les éléments se relèvent automatiquement », renchérit Jérémy Gorget.

Par contre, ce genre d’équipement représente un surcoût de 6 000 à 12 000 euros, selon les marques, pour une bineuse de 8 rangs, soit de 750 à 1 000 euros par rang. Ce montant ne tient pas compte de la nécessité de disposer de l’autoguidage sur le tracteur, une option allant de 15 000 à 20 000 euros. À cela, il faut ajouter l’abonnement allant de 600 à 1 000 euros/an pour accéder au signal de correction RTK. « Les agriculteurs investissant dans le relevage automatique sont généralement déjà utilisateurs d’un système de guidage. L’intégration de cette fonctionnalité constitue une étape supplémentaire dans la valorisation de leur matériel d’agriculture de précision », reconnaît Jérémy Gorget.

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