Agri79 Informations 28 septembre 2018 à 13h00 | Par Comparatif réalisé par la rédaction machinisme de Réussir

La remorque à tapis se mesure à la benne

Il a été confronté une remorque à tapis à une benne classique dans différentes situations. L’occasion de mettre à mal ou de conforter certains a priori sur ces remorques.

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Tester une benne face à une remorque à tapis à mis à mal ou conforté certains a priori sur ces remorques. © L. Vimond Les remorques Drakkar disposent d’une porte contenant 2 m3. © L. Vimond La remise en position du tapis peut se faire lors du transport. © L. Vimond Des deux modèles essayés (volumétries et longueur de caisse comparables), la charge utile est plus importante sur la benne. © L. Vimond  © L. Vimond

Appréciée pour éviter les risques de renversement, la remorque à tapis présente certaines limites, comme les frottements le long des parois latérales et du fond de caisse qui imposent une force de poussée importante. L’idée de la Drakkar est simple : transporter de gros volumes tout en facilitant la vidange avec un fond qui accompagne la matière. Au plat pays, fief de Joskin, les entrepreneurs sont déjà des adeptes des remorques à déchargement à plat à chaînes et barrettes.
Pour l’ensilage, cela permet de décharger la matière dans les silos sans risque de renversement. La Drakkar est polyvalente avec un fond étanche, ce qui permet de l’utiliser pour les céréales, les plaquettes de bois… Nous avons voulu mettre à l’épreuve cette remorque à tapis et volet accompagnateur, face à une benne classique comparable (Trans-Space) du même constructeur. Au programme : ensilage de maïs, betteraves et blé.

Le drakkar pour transporter de gros volumes
Appréciée pour éviter les risques de renversement, la remorque à tapis présente certaines limites, comme les frottements le long des parois latérales et du fond de caisse qui imposent une force de poussée importante. L’idée de la Drakkar est simple : transporter de gros volumes tout en facilitant la vidange avec un fond qui accompagne la matière. Au plat pays, fief de Joskin, les entrepreneurs sont déjà des adeptes des remorques à déchargement à plat à chaînes et barrettes.
Pour l’ensilage, cela permet de décharger la matière dans les silos sans risque de renversement. La Drakkar est polyvalente avec un fond étanche, ce qui permet de l’utiliser pour les céréales, les plaquettes de bois… Nous avons voulu mettre à l’épreuve cette remorque à tapis et volet accompagnateur, face à une benne classique comparable (Trans-Space) du même constructeur. Au programme : ensilage de maïs, betteraves et blé.

La remorque déroule le tapis
L’originalité de la remorque de transport Drakkar est son mode de déchargement. Une bande transporteuse sur tout le fond de caisse vient s’enrouler autour d’un tambour à l’arrière de la remorque, celui-ci étant animé par deux moteurs hydrauliques. Solidaire de ce tapis, la paroi frontale recule progressivement lors de la vidange. Cette dernière réalisée, l’opérateur actionne le retour de la paroi frontale vers l’avant depuis le boîtier en cabine. Un moteur hydraulique frontal tracte une chaîne reliée à la paroi frontale qui déroule le tapis.
Étanche même avec les petites graines
Le tapis repose sur un plancher ondulé. Une lèvre en caoutchouc à la base de chacune des deux parois latérales plaque les bords de tapis contre le plancher entre chaque cycle et assure ainsi l’étanchéité. Le plancher est régulièrement perforé pour, aidé d’un racloir à la base de la paroi frontale, éviter l’accumulation de détritus sous le tapis. À l’arrière, à la base du tambour, un second racloir nettoie le tapis avant qu’il ne s’enroule. D’une profondeur de 40 cm, la porte arrière offre une contenance d’environ 2 m3. Cette conception permet d’éliminer une partie de la charge en porte-à-faux dès le début de la vidange et donc le report de charge lorsque toute la matière restante est sur l’arrière de la remorque à la fin de la vidange. Cette porte s’ouvre par deux vérins double effet. Un capteur évite la mise en route du tapis lorsque la porte est fermée, mais l’autorise dès qu’elle est légèrement ouverte. D’ailleurs, des commandes à l’arrière de la remorque permettent d’actionner le tapis de l’extérieur. La remorque à l’essai est dotée des trois trappes à grain arrière, dont l’ouverture est centralisée sur une manette : au besoin, il est possible de n’ouvrir qu’une ou deux trappes, en ôtant des axes sur celles que l’on souhaite maintenir fermées.
La gamme Drakkar se compose de dix modèles de forte capacité déclinés en côté de 1,50 ou 1,80 mètre de haut, auxquels peuvent se rajouter des rehausses mécaniques ou hydrauliques. La gamme culmine avec une caisse de 9,70 mètres de long offrant une capacité de 60 m3 avec les rehausses, quand la Trans-Space se limitait à une caisse de 8,41 mètres (46 m3 avec rehausses) pour une question de stabilité lors de la vidange. Un modèle doté d’une caisse de 9 m de long vient cependant compléter l’offre, mais se destine essentiellement au transport de pommes de terre.

Vitesses de vidange : léger avantage à la benne
Lors des essais à l’ensilage et au chantier de betteraves, nous avons pris en main les deux remorques et la cinématique de vidange de la Drakkar. Puis, nous avons chronométré les différentes phases de vidange. Si on ne considère que la vidange, la benne est clairement plus rapide avec une moyenne de 54 secondes, contre 65 secondes pour la Drakkar. Si l’on ajoute les temps d’ouverture de porte et surtout de remise en position de transport de la benne, les différences s’amenuisent. Et si les temps d’ouverture de porte étaient identiques, l’avantage serait à la Drakkar. Dans le cadre de ces mesures, nous avons volontairement fait abstraction du temps de remise en position du tapis, puisque cette opération peut être réalisée lors du transport. Un chauffeur expérimenté repartira plus vite s’il ne lui reste qu’une porte à fermer (Drakkar), plutôt que s’il doit attendre l’abaissement de la caisse (Trans-Space).

Charge utile : avantage à la benne
Les deux remorques mises en concurrence offrent des volumétries comparables. La charge utile est cependant à l’avantage de la benne (22 t, contre 20 t pour la Drakkar). Cela se manifeste notamment sur la bascule, la Drakkar affichant 8,8 tonnes à vide (avec les rehausses hydrauliques), contre 7,8 tonnes pour la Trans-Space dépourvue de rehausses. Joskin précise que les Drakkar ont été volontairement surdimensionnées pour rassurer les acheteurs et faire connaître la technologie. À terme, les prochaines générations pourraient perdre des kilos superflus en optimisant le choix des matériaux et leur épaisseur, comme cela a déjà été réalisé sur les Trans-Space.
La liste des matières transportées est plus restreinte sur la Drakkar, les pierres et la terre étant proscrites. En revanche, la largeur intérieure plus importante de la caisse et la possibilité de faire avancer ou reculer le tapis permettent d’envisager le chargement et le déchargement par l’arrière des balles cubiques ou de palettes, à condition que ces dernières n’aient pas de pointes qui risqueraient d’endommager le tapis.

Sécurité : net avantage pour la remorque à tapis
Du fait de sa conception, la vidange à plat est naturellement plus stable et donc sécuritaire. Le risque d’accrocher la charpente est très réduit dans les bâtiments et la vidange en dévers est plus facilement envisageable qu’avec une caisse perchée à près de 10 mètres de hauteur. C’est pourquoi, il est possible de monter sur le silo pour vider le chargement, facilitant le travail du tasseur. Quant au porte-à-faux arrière (lors des manœuvres), l’avantage n’est pas à celui que l’on pourrait croire. Porte fermée et caisse abaissée, le porte-à-faux (distance entre l’essieu arrière et l’extrémité arrière de la remorque) est sensiblement identique entre les deux concepts. En revanche, lors de la vidange, si un rapide coup d’œil donne l’impression que la porte ouverte de la Drakkar génère un porte-à-faux important, les mesures prouvent que c’est la Trans-Space qui demande le plus de précautions. D’une part, le bennage recule la position de la porte : le porte-à-faux frôle les 5 mètres avec la benne, quand elle atteint à peine 3,15 mètres avec la remorque à tapis. D’autre part, le transfert de masses est plus important. Ceci est d’autant plus vrai que l’on transporte des matières collantes, dont est débarrassé le tapis, grâce au racloir devant le tambour enrouleur.

Vidange à l’abri : moins de reprises de tas avec la remorque à tapis
Nous avons vidé les deux remorques dans un bâtiment de stockage à plat doté d’un auvent de 5 mètres de haut. Ce dégagement important ne suffit pourtant pas pour une vidange complète et rapide de la benne avec sa caisse de 7,68 mètres de long : le conducteur doit avancer pour terminer la vidange. Le blé s’étale alors davantage vers l’avant. La possibilité de pousser complètement la récolte à l’aide de la paroi mobile de la drakkar génère un tas plus haut, plus compact et moins étalé vers l’avant. De ce fait, on peut faire l’impasse sur le relevage du tas avec un engin de manutention.

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