Agri79 Informations 07 novembre 2019 à 10h00 | Par Alice Jardin

La tuberculose bovine, une maladie d’autrefois ?

En Deux-Sèvres, même si la maladie n’est plus recherchée de façon régulière, certaines mesures de surveillance sont toujours maintenues dans le département afin d’en prévenir toute réapparition.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Test à la tuberculine pour le dépistage de la tuberculose bovine en élevage de bovins.
Test à la tuberculine pour le dépistage de la tuberculose bovine en élevage de bovins. - © JM Nicol

La lutte contre la tuberculose est-elle un enjeu sanitaire humain en France ? Non, car les cas de tuberculose chez l’homme en France concernent moins de 0,05 % des cas déclarés et sont souvent liés à l’immigration de personnes en provenance d’Afrique où la maladie est encore très présente dans les troupeaux bovins. Est-elle un enjeu de santé animale alors ? Non, car la maladie ne concerne aujourd’hui que moins de 0,1 % des cheptels bovins français.
Il s’agit en fait d’un enjeu économique et commercial car si la France perd son statut « officiellement indemne de tuberculose », les exportations pourraient être fortement impactées. Il est donc primordial de conserver ce statut et cela passe par la surveillance de la maladie.

Des mesures de surveillance adaptables

En Deux-Sèvres comme sur le reste du territoire français, la surveillance de la tuberculose est pratiquée par l’inspection systématique des carcasses en abattoir par un agent des services vétérinaires. La surveillance lors de la prophylaxie annuelle est elle aussi normalement obligatoire tous les ans sur tous les bovins âgés de plus de six semaines. Mais suivant la situation épidémiologique départementale, ces mesures de surveillance peuvent être allégées : âge minimum du contrôle remonté à 18 ou 24 mois, rythme de surveillance à une fois tous les 2, 3 ou 4 ans, ou bien allègement total sur le département. Ce rythme est déterminé par l’incidence annuelle de la maladie (nombre de nouveaux foyers déclarés sur un an).

Depuis plusieurs années déjà, la surveillance selon un rythme annuel n’est plus pratiquée en Deux-Sèvres. Toutefois, un certain nombre de cheptels passent chaque année en prophylaxie en fonction des situations épidémiologiques identifiées par l’arrêté ministériel. Il s’agit des anciens foyers de tuberculose qui sont contrôlés pendant dix ans après leur déclaration d’infection, des cheptels en lien épidémiologique avec un foyer déclaré, des cheptels ayant une production de vente directe en lait cru (patente laitière).

Vigilance lors de l’importation d’animaux

En Deux-Sèvres, une analyse de risque menée par la Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP) 79 a conduit à la mise en place d’une surveillance complémentaire pour les cheptels ayant introduit des bovins en provenance de territoires non officiellement indemnes comme l’Angleterre ou l’Irlande. Ces élevages sont soumis à un contrôle pendant quatre ans suite à l’introduction du lot d’animaux, qui concerne tous les bovins de douze mois du cheptel.

Les cheptels en lien épidémiologique avec un atelier dérogataire sont également surveillés. Les animaux détenus dans des ateliers à cartes vertes sont alors soumis à une tuberculination tous les trois ans de tous les bovins de 24 mois et plus.

L’analyse de risque de la DDCSPP sur cette situation a été motivée par le fait que la séparation entre un atelier cartes vertes et un atelier cartes jaunes n’est souvent pas complète (utilisation de matériels en commun, pas de tenus dédiées…) ; les fumiers, où la bactérie est très résistante, issus de l’atelier dérogataire peuvent également être épandus sur les prairies des bovins à cartes vertes; les animaux rentrant en ateliers dérogataires peuvent être issus de territoire où la maladie est présente.
Il est donc nécessaire de maintenir un niveau de surveillance optimal sur les différentes portes d’entrées de la maladie afin d’éviter que la maladie ne s’installe sur le territoire.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. AGRI 79 se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves du journal
Prochaine brève

10 brève(s) » voir toutes

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 22 unes régionales aujourd'hui