Agri79 Informations 24 décembre 2019 à 13h00 | Par Gérard Kéraval

Le parcours, un atout pour les volailles

Le parcours présente de nombreux atouts pour les producteurs de volailles en plein air. Tour d'horizon de ses bienfaits en termes d'amélioration des conditions d'élevage et d'économies réalisées sur le poste alimentaire.

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Au lycée des Sicaudières, le parcours en agroforesterie a été pensé avec des essences d'arbres adaptées aux caractéristiques pédologiques du sol.
Au lycée des Sicaudières, le parcours en agroforesterie a été pensé avec des essences d'arbres adaptées aux caractéristiques pédologiques du sol. - © Gérard Kéraval

Pour donner envie aux poules de prendre l'air, la création de parcours aussi attractifs que sécurisants doit être réfléchie. En ce sens, la chambre d'agriculture des Deux-Sèvres et le campus des Sicaudières ont organisé une réunion d'information mercredi 11 décembre. Karine Germain, de l'Inra du Magneraud, a tout d'abord fait le point sur les travaux réalisés au sein de la station expérimentale, qui dispose de huit poulaillers, dont quatre avec un parcours de type prairies et quatre avec un parcours en sous-bois.

Concernant le comportement exploratoire des poulets, il a été constaté qu'en présence d'un parcours non aménagé, les volailles sortent très peu, avec moins de dix minutes par jour pour 70 % d'entre elles. A contrario, la présence d'arbres favorise les sorties, grâce à leur rôle protecteur vis-à-vis des prédateurs aériens et l'ombre générée. La présence de plantes hautes dans les parcours de type prairie (chicorée, luzerne...) permet d'aboutir au même constat.

Un autre sujet d'étude consiste à mesurer l'apport alimentaire procuré par le parcours. Différentes espèces riches en protéines ont été implantées sur les parcours. Il en ressort qu'en pur, la luzerne, la chicorée et le trèfle blanc sont les plus appréciés, alors que le trèfle violet et le lotier sont plutôt délaissés. En mélange, l'association trèfle blanc, luzerne, chicorée et lotier ressort en tête. Au final, le parcours peut représenter jusqu'à 10 % de la MS ingérée par jour par le poulet. De plus, la biodiversité générée procure un complément alimentaire, même s'il est difficile à mesurer.

Des résultats convergents

David Renevret, formateur au campus des Sicaudières, a ensuite présenté les résultats des essais effectués dans le cadre de l'élevage du lycée, qui dispose de deux poulaillers de 220 m². Un des parcours a été implanté en agroforesterie en tenant compte des caractéristiques pédologiques du sol, qui est plutôt séchant en période estivale. Le chêne sessile y côtoie du cormier, de l'érable, du merisier, du frêne et du charme. Des mélanges triticale-avoine et pois ainsi que fétuque-RGA trèfle violet-trèfle blanc-chicorée et dactyle ont été implantés dans les parcours. Les résultats obtenus convergent avec ceux du Magneraud. Un essai d'implantation de fétuque naine dans la zone de sortie des trappes est en cours. Il a pour but de vérifier la résistance au piétinement de cette plante pour limiter la dégradation du sol, très forte dans ce secteur.

La réunion s'est achevée par l'intervention de Jérôme Caillé, producteur de volailles bio à Largeasse, avec un poulailler de 480 m² complété par deux autres de même surface en 2017. Ce dernier projet a été pensé en intégrant l'aménagement des parcours avec la construction des poulaillers. C'est ainsi que 1 700 arbres et arbustes ont été plantés sur les 5,4 ha de parcours sous forme de haies en épi à la sortie des trappes et de bosquets un peu plus loin afin d'inciter les volailles à explorer la totalité de la parcelle. Le parcours a été ensemencé avec un mélange de luzerne, de brome de dactyle et de trèfle.

L'aviculteur a constaté que ses volailles raffolaient du trèfle. L'impact technico-économique de ce mélange n'est pas négligeable non plus, le gain d'indice de consommation se chiffrant à 0,1 point, soit une économie sur le poste achat d'aliments de 750 EUR/lot/bâtiment, soit près de 5 000 EUR annuels pour les deux poulaillers.

Pour lutter contre les renards, Jérôme Caillé a posé une clôture grillagée en périphérie surmontée de deux rangées de fil électrique. Un dispositif qui lui donne suffisamment confiance pour laisser les trappes des poulaillers ouvertes la nuit, ce qui permet aux volailles de prendre l'air par forte chaleur et à l'exploitant de s'économiser un voyage pour fermer les portes.

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