Agri79 Informations 16 janvier 2020 à 14h00 | Par Christelle Picaud

Le taux de participation aux élections contribue à la légitimité de la MSA

Grégoire Augeron, agriculteur dans la Vienne, invite les adhérents de la MSA à se mobiliser pour les élections. La MSA maintient sa présence dans les territoires ruraux. Elle est un véritable outil d'aide sociale.

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Pour le président de la MSA Poitou, les caisses locales ont un rôle essentiel dans la vie rurale, au-delà de leurs adhérents. Alors que baisse le nombre de délégués et le budget national alloué, le taux de participation permettra de légitimer l'action de terrain des caisses.
Pour le président de la MSA Poitou, les caisses locales ont un rôle essentiel dans la vie rurale, au-delà de leurs adhérents. Alors que baisse le nombre de délégués et le budget national alloué, le taux de participation permettra de légitimer l'action de terrain des caisses. - © Christelle Picaud

Gréoire Augeron, qu'est-ce qui, selon vous, vaut au régime social agricole de perdurer ?

C'est un régime bien géré et qui agit au-delà du périmètre légal qui lui est réservé. Les caisses de la MSA, à l'image de la MSA Poitou, développent une politique d'action sociale qui leur est propre, à destination de leurs ressortissants mais également, et c'est probablement là que le gouvernement trouve les raisons du maintien de ce régime, à destination des habitants du monde rural en général.

Les 279 délégués qui vont être élus du 20 au 31 janvier par les 61 964 (*) électeurs de la Vienne et des Deux-Sèvres sont de véritables relais entre la caisse et les habitants du milieu rural. Ils observent, écoutent, ressentent les besoins de leur territoire. L'action sociale extra-légale de la MSA Poitou se construit à travers leurs yeux. Quatre millions d'euros ont ainsi été mobilisés sur les cinq dernières années.

Certains programmes sont ciblés sur les ressortissants, d'autres s'adressent à tous les habitants du milieu rural. Les travailleurs sociaux de la MSA comptent parmi les derniers présents dans les campagnes. Ils s'impliquent au profit de la lutte contre l'isolement ou encore la mobilité des personnes les plus fragiles. De ce point de vue là, la MSA a les faveurs de l'État.

L'action, l'implication de la MSA en milieu rural, la préserve donc de toute réforme ?

Non. Son action au sein de la ruralité, où peu d'organismes sont présents, est reconnue. Ce travail coûte peu et l'État en est conscient. Une élection tous les cinq ans, c'est à peu près tout. Plutôt que tout casser, l'État préfère alors réformer, serrer la vis. Lors des dernières élections en 2015, dans le prolongement de la loi NOTRe, le nombre de délégués est passé de 24 000 à 15 000 en France. La pression est réelle. Tous les cinq ans, les négociations sont difficiles. La convention d'objectif et de gestion qui lie la MSA à l'État se signe parfois dans la douleur. Les budgets sont étroits alors que les besoins restent très nombreux.

Nous devons notre légitimité à notre action mais également au niveau de participation aux élections qui s'ouvrent : cette année le 20 janvier. Il est essentiel que les ressortissants se mobilisent. En 2015, le taux global de participation sur la Vienne et les Deux-Sèvres était de 32,12 % : le collège 1, exploitant, enregistrait 36,6 %, le collège 2, salarié, 25,86 %, et le collège 3, employeur, 39,15 %.

Vous terminez un mandat. Quel bilan faites-vous ?

Ce mandat a été particulièrement difficile. Les crises agricoles s'installent. De nombreux exploitants sont en souffrance. La crise de confiance qui éloigne l'agriculture de la société accentue ce mal-être. Ce dernier a tendance à se propager dans les rangs des salariés.

Nous avons beaucoup travaillé autour des risques psychosociaux. C'est un domaine autour duquel nous n'intervenions pas il y a encore peu.

Réunions d'information, lieux d'échanges, prise en charge d'un salarié le temps de quelques jours pour prendre du recul, sont des actions indispensables pour aider certains de nos ressortissants. Le budget d'action sociale (hors prestations extra-légales) a permis de s'inscrire en soutien, par la création de programmes innovants. Par ailleurs, la caisse a décidé des efforts complémentaires pour les situations les plus délicates. La prise en charge des cotisations a mobilisé 3,5 millions d'euros sur la durée du mandat.

 

Le processus démocratique en dates

Les élections ont lieu du 20 janvier au 31 janvier. Les élections reçoivent actuellement le matériel de vote. Ils pourront s'exprimer en postant l'enveloppe dédiée après y avoir glissé le bulletin de leur choix, ou par voie électronique.

Le dépouillement aura lieu le 6 février. Il sortira des urnes le nom de 279 nouveaux délégués (148 en Deux-Sèvres - 66 sièges dans le collège 1, exploitant ; 51 dans le collège 2, salarié ; 31 sièges dans le collège 3, employeur - et 131 en Vienne - 51 dans le collège 1, exploitant ; 57 sièges dans le collège 2, salariés ; 23 sièges dans le collège 3, employeur). Le 24 mars à Poitiers se déroulera l'assemblée générale de la caisse MSA Poitou. Les délégués éliront le conseil d'administration de la caisse qui désignera son président.

La MSA Poitou en chiffres

283 millions d'euros de cotisations et contributions sociales sont encaissés (données 2018) et 562 millions d'euros de prestations sont versés (données 2018).

Plus de 4,3 millions d'euros sont distribués au titre de la politique sociale de la caisse (données 2018).

Le montant de la prise en charge de cotisations pour les publics les plus fragiles atteint 3,5 millions d'euros, sur la durée du mandat.

 

Cotisations

La MSA constate au quotidien les difficultés croissantes des exploitants et le mal-être qui se propage dans les campagnes. Sur la durée du mandat, la MSA a pris en charge les cotisations des plus fragiles, ce qui représente un total de 3,5 millions d'euros.

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