Agri79 Informations 21 octobre 2019 à 06h00 | Par Maëva Naulleau - CA 79

Les couverts d'été fourragers : des avantages même avec la sécheresse

En période estivale, alors que la production des prairies décline fortement, l'implantation de couverts fourragers d'été intéresse fortement les éleveurs. Ils permettent d'assurer une couverture des sols, de piéger l'azote, de produire de la biomasse et du fourrage.

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Couverts végétaux (tournesol, colza fourrager, radis fourrager, pois protéagineux, moha) pâturés par des brebis. Mélange semé à 28 kg/ha pour un coût de 55EUR/ha. Agriculteur : Noam Cornuault du Gaec Les trois bornes.
Couverts végétaux (tournesol, colza fourrager, radis fourrager, pois protéagineux, moha) pâturés par des brebis. Mélange semé à 28 kg/ha pour un coût de 55EUR/ha. Agriculteur : Noam Cornuault du Gaec Les trois bornes. - © CA 79

Dans le cadre de l'animation du groupe Ecophyto 30 000 de Chiché, et en partenariat avec la FDCuma, la chambre d'agriculture a mis en place, à Faye-l'Abesse, un essai sur les couverts fourragers d'été chez Cyril Blot du Gaec des justices, membre du groupe Ecophyto 30 000. La visite de l'essai s'est déroulée le 7 octobre dans le cadre des rendez-vous des couverts végétaux, en présence de Claire Vrignaud, animatrice du bassin versant du Cébron, du semencier Jouffray-Drillaud et du distributeur VG-Sol de Genneton.
Les objectifs de l'essai étaient de comparer le développement de différents mélanges valorisables par les animaux et de tester deux dates de semis.

Semés en direct dès la récolte
Les semis ont été réalisés en direct avec le semoir « Sky » de la Cuma de Chiché, juste après la récolte du méteil (le 8 juillet), le 10 juillet et un mois après, le 20 août.
Localement, le contexte de l'été particulièrement sec de 2019 a impacté fortement l'essai : il n'y a eu que 19 mm de pluie durant les deux dernières décades de juillet et 30 mm en août (d'après la station météo de Bressuire, à défaut d'avoir une précision sur la parcelle d'essai). Le colza fourrager, le moha, le sorgho et le radis chinois sont les espèces les mieux levées. En revanche, les légumineuses telles que la féverole de printemps, la vesce velue et le trèfle d'alexandrie ont eu plus de mal à se développer ou ont totalement disparu après la levée. Le millet perlé, le sarrasin et l'avoine strigosa ont également eu du mal à lever.
On peut noter que les mélanges composés de trois à cinq espèces diminuent plus le risque d'échec de levé que les mélanges composés d'une à deux espèces. Le semis, réalisé deux jours après la récolte du méteil, est également mieux réussi car il a bénéficié de l'humidité résiduelle du sol après la récolte.
À l'issue de la visite de cet essai, le constat reste plutôt optimiste. Même en sols séchants et avec une levée difficile, il y a eu un minimum de biomasse produite restitué au sol (voir tableau 1). Les prélèvements de biomasse ont eu lieu le 23 septembre, juste avant la période de pluie. Durant la dernière décade de septembre il y a eu 50 mm de pluie (d'après la station météo de Bressuire), permettant une production de biomasse plus importante.

Des couverts d'été pâturés
La matinée s'est poursuivie par la visite de plusieurs parcelles de couverts d'été, chez Laurent Minoza du Gaec Les grais et Noam Cornuault du Gaec Les trois bornes, membres du groupe Ecophyto 30 000. Les parcelles étaient sur un secteur à proximité de l'essai qui a reçu le plus de pluie cet été.
Les couverts implantés derrière des céréales au mois de juillet sont actuellement pâturés par des brebis. Ces couverts ont des productions de l'ordre de deux à quatre tonnes de MS. « Les couverts d'été sont indispensables pour les brebis, le pâturage est plus intéressant économiquement que l'achat de fourrage » a assuré Noam Cornuault.
Il faut néanmoins limiter les coûts d'implantation de ces couverts d'été, la sécheresse de cette période est un risque réel et peut fortement limiter le développement des couverts.
Une implantation rapide des couverts végétaux derrière la récolte (si possible dans les 72h) est importante pour la réussite de la levée. Les couverts composés d'un mélange de plusieurs espèces sont à privilégier dans des conditions climatiques difficiles.
Les crucifères, en particulier le colza fourrager, le moha et le sorgho sont des espèces intéressantes pour produire un couvert à pâturer en fin d'été et début d'automne. Le compromis entre le coût d'implantation et la production de biomasse est à trouver en fonction des objectifs de chacun. Il est important de rappeler que les résultats sont à positionner dans le contexte climatique de l'année et ne sont pas transposables tous les ans.

- © CA 79

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