Agri79 Informations 29 octobre 2019 à 11h00 | Par Christelle Picaud

Marc Dupont veut agir avant que l’ICHN ne disparaisse

Marc Dupont est entré dans le dispositif financé par la région Nouvelle-Aquitaine pour, l’ICHN supprimée sur les zones ZDS déclassées, accompagner les agriculteurs vers une nouvelle dynamique économique de leur exploitation.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Marc Dupont en compagnie sa conseillère AS 79 Marie-Noëlle Jean (à gauche) et sa fille Léa (à droite) dans sa fromagerie, outil de développement économique.
Marc Dupont en compagnie sa conseillère AS 79 Marie-Noëlle Jean (à gauche) et sa fille Léa (à droite) dans sa fromagerie, outil de développement économique. - © C.P.

«On ne va pas attendre que l’ICHN nous soit supprimée pour agir », affirme Marc Dupont, associé du Gaec La ferme de Barroux. Installé à Beaulieu-sous-Parthenay avec son épouse Patricia, il conduit une ferme de polyculture élevage. Depuis décembre 2018, la ferme s’étend sur 140 ha et compte deux ateliers de productions animales. Naisseur-engraisseur en race charolaise, le couple élève 65 vaches allaitantes et leur suite. Les éleveurs produisent également du lait de chèvre. Le troupeau compte 150 laitières. Une partie du lait est transformée sur place et vendue sur les marchés ou autre circuit court local. « En 2021, nous devrions toucher le dernier versement de l’indemnité compensatoire de handicap naturel. La réforme du périmètre des zones défavorisées simples nous privera alors de 13 000 € chaque année. Pour ne pas subir, nous travaillons au développement du chiffre d’affaires », explique l’agriculteur, audité ce jeudi matin d’octobre par la conseillère de gestion d’AS 79.

Après un pré-diagnostic, réalisé en fin d’année 2018 dans le cadre du dispositif en partie financé par la région Nouvelle-Aquitaine pour accompagner l’adaptation des fermes, cet automne, le porteur de projet s’engage dans un audit stratégique.

Du temps pour s’adapter

À 52 ans, pour faire face à la baisse des ressources sur l’exploitation, c’est autrement que l’exploitant envisage son avenir. « L’idée est de transformer et commercialiser un peu plus pour capter de la valeur ajoutée ». Avec Marie-Noëlle Jean, conseillère de gestion, ils ont posé les chiffres, étudié l’impact sur le temps de travail, apprécié le potentiel de développement du marché. Les derniers ajustements validés, l’ensemble des éléments seront consignés dans l’étude à 80 % financée par la région.

Outre la capacité d’analyse de son centre de gestion, l’agriculteur espère que ces différentes études lui donneront accès à des aides permettant, le dispositif ZDS arrêté, d’accompagner pendant trois ou quatre ans encore l’adaptation de son exploitation. « Nous sommes en train de développer un réel projet stratégique. Nous investissons, créons de l’emploi avec l’espoir de stabiliser, si possible accroître, la performance économique de notre outil. De tels projets demandent plusieurs années avant de se stabiliser financièrement », certifie le gestionnaire en pleine période de création d’outils de pilotage.

Le projet en cours de développement repose sur la montée en puissance de la fromagerie. En début d’année, 23 000 litres de lait de chèvre étaient transformés et vendus en direct. « Pour rester dans le marché, nous avons calibré l’outil sur la valorisation du litre de lait hors taxe à hauteur de 2,30 €. Investissement dans la fromagerie, création d’un plein-temps et demi, compensation de la perte de l’ICHN : dans cinq ans, il nous faut transformer au minimum 31 000 litres de lait », pose Marc.

Depuis début 2019, le projet est en route. Ces derniers mois, le développement de la transformation fromagère est très bien absorbé par le marché. « Nous sommes sur la bonne voie, juge l’exploitant, pourtant prudent. Ce nouveau projet n’est pas sans risque ». Les échéances devront être honorées, tout comme le salaire de la nouvelle employée, aujourd’hui Léa, la fille de Marc et Patricia. « La transformation fromagère est un exercice très technique dont la qualité des fromages dépend. Nous ne pouvons pas nous permettre l’à peu près ».

Comme 368 exploitants sur 1 100 en Deux-Sèvres à être touchés par la réforme des zones défavorisées simples, Marc Dupont a réalisé en 2018 un pré-diagnostic. Cette année, il va plus loin en travaillant un audit d’adaptation stratégique. Cette étude, d’un montant de 1 125 euros pour ceux qui ont fait la pré-étude et 1 250 euros pour les autres, sera, à hauteur de 80 %, prise en charge par la région Nouvelle-Aquitaine. Les structures habilitées : AS 79 ; Cogedis ; la chambre d’agriculture ; Accea +; Altéa Conseil ; Solidarité Paysans ; le CerFrance.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. AGRI 79 se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves du journal
Prochaine brève

10 brève(s) » voir toutes

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 22 unes régionales aujourd'hui