Agri79 Informations 19 décembre 2019 à 09h00 | Par CHRISTELLE PICAUD

« Nous sommes prêts à nous engager dans la concertation »

Mercredi, la chambre d'agriculture proposait à la signature le document qui, à partir du 1er janvier, pourrait s'imposer au décret sur les zones de non-traitement en préparation. Neuf organismes se sont engagés.

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En attendant la signature de l’association des maires, neuf
organisations professionnelles agricoles ont paraphé la charte des riverains : un document pour ouvrir le dialogue.
En attendant la signature de l’association des maires, neuf organisations professionnelles agricoles ont paraphé la charte des riverains : un document pour ouvrir le dialogue. - © Christelle Picaud

Le 1er janvier 2020 approche à grand pas et la profession agricole ne veut pas, dans un contexte particulièrement tendu sur l'utilisation des produits phytosanitaires, laisser son avenir aux seules mains de l'État.

Alors que la loi Egalim, signée le 30 octobre 2018, met la pression via son article 83, la profession se mobilise. Mercredi soir, la chambre d'agriculture des Deux-Sèvres proposait à dix organismes de signer la charte départementale des riverains. « Elle est un document de base. Elle clarifie les méthodes de travail des agriculteurs. Elle servira de base au dialogue engagé avec les représentants des habitants des zones rurales », expose Jean-Marc Renaudeau, président de la chambre d'agriculture.

Cette semaine, les représentants de neuf organisations (dont la chambre d'agriculture) ont paraphé le document. Les syndicats agricoles que sont la Fnsea, JA et la Coordination rurale ont répondu présents. La fédération des coopératives, le négoce agricole, les entrepreneurs des territoires, la Fdgeda et la MSA ont également marqué leur soutien à cette initiative. La FdCuma, absente lors de la signature, a par ailleurs exprimé son adhésion. En revanche, la Confédération paysanne ne s'associe pas à la démarche. « Nous nous sommes rapprochés de l'association des maires. Un échange aura lieu en janvier. Son président se dit ouvert », indique Jean-Marc Renaudeau, pour qui désormais tout reste à construire.

Il espère convaincre prochainement de nouveaux partenaires. « Nous devons aller dans les cantons, les communautés de communes, pour expliquer que les exploitants travaillent avec la nature et pas contre elle, pour présenter les règles que nous respectons, également les obligations auxquelles nous nous soumettons - certiphyto ; mise aux normes des bâtiments d'élevage ; dosage et conditions d'application des produits -. Nous marquons, par cette initiative, que nous sommes prêts à nous engager dans la concertation ».

Dans le document de neuf pages, les agriculteurs s'engagent à se former régulièrement, à utiliser le matériel adéquat pour limiter les dérives de produits, à planifier les travaux en tenant compte des riverains, à respecter les distances d'épandage fixées par les autorisations de mise sur le marché. En conséquence, les élus, eux, se positionneront en garant de l'espace agricole en limitant la consommation foncière, en créant des corridors entre les zones habitées et les terres agricoles. Ils feront également preuve de neutralité lorsque des différends émergeront. Enfin, les riverains sont appelés à prendre connaissance des activités agricoles et à respecter les propriétés privées.

Pour traiter les situations conflictuelles, la charte prévoit la création d'une cellule de dialogue. Communiquer, échanger dans l'ambition de rétablir la confiance entre agriculture et société est bien l'objectif de la chambre d'agriculture. À quelques jours de 2020, il y a urgence à officialiser cet engagement. L'article 83 de la loi Egalim est clair : lorsque de telles mesures ne sont pas mises en place (...) l'autorité administrative peut (...) restreindre ou interdire l'utilisation des produits phytopharmaceutiques à proximité des zones habitées.

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