Agri79 Informations 15 octobre 2019 à 10h00 | Par Vincent Faure

Vendanges : la qualité au rendez-vous

Le domaine de la Gachère, en Anjou deux-sévrien, est à mi-parcours de la récolte de ses 31 ha de vignes. Si les rendements ont été impactés par la sécheresse, les arômes sont bien présents.

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Vendanges mécaniques au domaine de la Gachère, au cours de la semaine.
Vendanges mécaniques au domaine de la Gachère, au cours de la semaine. - © Domaine de la gachère

Gilles et Alain Lemoine aiment vendanger à point, concilier autant que possible maturité technologique (teneur en sucre et acidité des raisins) et aromatique. « Les vinifications commencent à la vigne », rappellent les frères vignerons, qui prélèvent et dégustent les grains une à deux fois par semaine à partir de début septembre, avant de prendre leur décision de récolte. Le vignoble du domaine de la Gachère s'étend sur 31 ha à Saint-Pierre-à-Champ, à quelques encablures du Maine-et-Loire. Les vendanges ont démarré le 12 septembre par les chardonnay, vinifiés en crémant de Loire blanc. « En temps normal, on en presse environ 70 hl / ha. Mais cette année, à cause de la sécheresse on a eu des baies de la taille de petites billes », constate Gilles Lemoine. Résultat : un rendement amputé de 50 %. Dix-neuf vendangeurs ont participé à la cueillette, manuelle conformément au cahier des charges d'appellation. Dans la seconde quinzaine de septembre, le domaine a collecté à la machine ses grolleau gris, sauvignon et cabernet franc destinés aux vins tranquilles blancs et rosés : IGP monocépage et rosés de Loire.

Les grolleau gris favorisés par la pluie
À l'inverse des chardonnay, les baies de grolleau ont donc bénéficié de la pluviométrie du mois dernier pour prendre de l'épaisseur. « On est tout de même 30 % en dessous des 90 hl/ha habituels, remarquent les exploitants. En englobant les cabernet pour les anjou et anjou-village rouges, que nous aurons tous rentrés aux alentours du 15 octobre, je dirais que 2019 est une année quantitativement correcte, sans plus. Et encore, à l'inverse de la plupart de nos voisins du nord Deux-Sèvres, nous n'avons pas été touchés par les épisodes de gel du mois d'avril ». La topographie du vignoble de la Gachère, situé sur une butte bien exposée au vent, y est pour beaucoup.
Si la quantité est juste « correcte », la qualité des jus est en revanche plus que satisfaisante. « Les arômes sont très présents, de ce côté-là nous pensons avoir un millésime du niveau de 2015 », apprécient Gilles et Alain. Sur la période 2013 - 2018, le domaine de la Gachère a produit entre 1 600 hl et 1 900 hl de vin par an. La majorité des rouges d'AOP sont élevés deux ans en fût de chêne avant la mise en bouteille. La production est écoulée pour moitié en vente directe, à la propriété et sur les salons, foires, marchés. Et pour l'autre moitié en CHR - principalement dans les Deux-Sèvres o


Un millésime marqué par le gel de printemps

Le vignoble du nord des Deux-Sèvres, à l'instar du reste de l'Anjou, n'a pas été épargné par les épisodes de gel de début et fin avril 2019. Davantage que la canicule, c'est bien cet aléa climatique qui est responsable d'une forte chute de rendement par rapport à la campagne 2018 - et par rapport à une année dite « normale ». Michel Girard, responsable du pôle viticulture à la chambre d'agriculture de Charente-Maritime, l'estime à « moins 50 % » sur l'ensemble du secteur. Avec un rendement moyen, tous cépages confondus, de 70 hl / ha.
« Plante méditerranéenne, la vigne supporte généralement assez bien les pics de chaleur. Au contraire, intervenues au bon moment, ces conditions ont permis une meilleure concentration des jus et la quasi-éradication de la pression parasitaire », note Michel Girard. Quelques taches de mildiou ici ou là, tout au plus. Et la fin de maturation, début septembre, a tiré profit d'une météo chaude et ensoleillée sans excès, « favorable à l'expression du potentiel aromatique des raisins ». Suffisant pour espérer des vins colorés et fruités à souhait.

Commerce  : 100 produits alimentaires de l'UE taxés

À peine l'Organisation mondiale du commerce (OMC) a-t-elle donné, le 2 octobre, son autorisation aux États-Unis pour taxer des produits européens en compensations des aides accordées à Airbus que l'administration Trump annonçait qu'elle mettrait bien en place des droits de douane supplémentaires à hauteur de 7,5 MRD $. Ceux-ci seront imposés, à partir du 18 octobre, à hauteur de 10 % sur les avions de l'UE et de 25 % sur d'autres produits principalement agricoles dont les vins espagnols et français, ainsi que plusieurs produits porcins en provenance notamment de France, d'Allemagne et d'Espagne. En tout, ce sont 150 catégories de produits qui sont touchées, selon une liste publiée par les services du représentant américain au Commerce. L'UE qui a, de son côté, porté plainte auprès de l'OMC contre les soutiens américains à Boeing ne pourra prendre des contre-mesures qu'au printemps 2020, une fois cette seconde affaire jugée.

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