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Développement
Afdi, un organisme « facilitateur »

Afdi 79 tenait son assemblée générale jeudi 18 mars aux Ruralies. L’association place le développement de l’agriculture du Sud, au cœur des intérêts de l’agriculture du Nord.

Les représentants de coopératives, de syndicats, de la chambre d’agriculture, du Crédit agricole et de la MSA ont débattu autour du thème « L’agriculture du Nord a-t-elle un avenir sans le développement de l’agriculture du Sud ? »
Les représentants de coopératives, de syndicats, de la chambre d’agriculture, du Crédit agricole et de la MSA ont débattu autour du thème « L’agriculture du Nord a-t-elle un avenir sans le développement de l’agriculture du Sud ? »
© DR

L’un des principaux bailleurs de fonds engagé auprès de l’UAR-P (Union des agriculteurs de la région des plateaux) se désengage. L’organisation professionnelle régionale togolaise perd ainsi 50% à 60% du budget consacré au développement du projet agricole structurant amorcé en 1997. Partenaire de cette structure, Afdi 79 se mobilise. « Nous n’avons pas vocation à nous substituer à un bailleur de fonds, pose Thierry Boudaud, président. Nous avons par ailleurs la responsabilité de l’avenir de ce projet. » En 2010, la dotation d’Afdi 79 sera réévaluée. L’UAR-P recevra pour cette année particulièrement difficile non pas 15 000 euros mais 18 000 euros. Afdi 79 puise sur ses fonds propres pour accompagner l’envol forcé de l’organisation professionnelle agricole. En Deux-Sèvres, les paysans partenaires sont confiants. « L’UAR-P a acquis une maturité et une autonomie de fonctionnement qui doit lui permettre de faire face », juge Thierry Boudaud résolument optimiste. 

Au cours de cette période difficile, les paysans français vont chercher de nouvelles solutions d’accompagnement. Ils renforceront leur action à travers l’écoute, le partage d’expérience, l’appui à la réflexion. « Nos partenaires du Sud l’affirment. Ce n’est pas de tracteurs dont ils ont besoin. C’est de compétences pour les aider à écrire leurs lois, les aider à construire des barrières de protection des marchés, leur permettre de développer une politique foncière qui préserve les intérêts des paysans», explique Marcel Briffaud, président d’Afdi des Pays de la Loire. Avec en toile de fond la souveraineté alimentaire, les paysans du Togo se battent pour la construction d’organisations professionnelles agricoles. Ils travaillent autour du concept 

« l’union fait la force » qui, au Nord, a fait recette.

 

Une coopération internationale vertueuse

Jeudi 18 mars, devant une assemblée générale d’Afdi 79 rassemblant les partenaires historiques de l’association, Marcel Briffaud, expert des questions de développement affirmait. « Les problèmes de nourriture dans les pays du Sud sont moins des problèmes de production que des problèmes de prix et de marché. » Syndicalistes, représentants de la chambre d’agriculture, du Crédit agricole, de la MSA et des coopératives réunis à la table ronde menée au cours de l’après-midi, n’ont pas manqué de souligner ce triste point commun avec la situation agricole des pays du Nord. Et si malgré toutes les différences apparentes  « paysans européens et paysans africains partageaient le même combat ? », interrogeait Vincent Touzot, représentant des Jeunes Agriculteurs. Une interrogation en guise d’appel à modifier les raisonnements. Pour que chacun vive de son métier, Afdi 79 pousse à une coopération internationale vertueuse. « L’actuelle conjoncture nous place face à cette réalité. Ici, comme au Sud, nous avons besoin de faire preuve d’imagination, de réfléchir à de nouveaux schémas, d’innover. » Thierry Boudaud, le président d’Afdi Deux-Sèvres, fait le pari que c’est en travaillant ensemble qu’agriculteurs du Nord et agriculteurs du Sud trouveront les meilleures solutions pour tous. En 2010, le sort des uns serait directement lié au sort des autres, comprenait-on au fil des échanges de l’après-midi. Une certitude qui doit amener les organisations professionnelles agricoles françaises à prendre en compte les impératifs de l’agriculture du Sud et à accompagner son développement. Sans perdre de temps. « Donner de l’argent n’est pas la seule manière d’agir, insistait Thierry Boudaud. Faire valoir les problématiques du Sud dans les discussions préalables à la construction des schémas de l’après 2013 est une action tout aussi nécessaire et efficace. » 

 


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