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Marchés
Agneau, lait : des flux difficiles en période de pleine production

Le service économie de la chambre d’agriculture de Nouvelle-Aquitaine s’est penché sur le comportement des marchés et les flux commerciaux. Frank Michel et Bertrand Dumas, économistes, font le point sur la situation en date du 24 mars.

Les abatteurs se sont engagés à collecter les chevreaux des engraisseurs mis en place jusqu’à Pâques.
© Lionel Rich

Les marchés financiers restent fortement perturbés (le CAC 40 a perdu un tiers de sa valeur en un mois) et transmettent leur instabilité aux produits agricoles. Le prix du blé est en hausse du fait des tensions logistiques dans les échanges internationaux, de la mise en quarantaine de l’Argentine, de l’annonce par la Russie de l’instauration de taxes à l’exportation des céréales et de la baisse de l’euro par rapport au dollar (- 6 % depuis le 9 mars, de 1,15 à 1,08 € pour 1 $). Les prix du maïs et de l’orge suivent la tendance du blé. Celui des oléagineux est plombé par la chute vertigineuse du prix du pétrole, passé de 68 à 28 $/baril (-59 %) depuis mi-janvier.

Chevreaux et agneaux

À ce jour, aucune précommande n’a été passée pour la période pascale. Les abatteurs se sont engagés à collecter les chevreaux des engraisseurs mis en place jusqu’à Pâques en respectant certaines conditions de taille de lots notamment.La commercialisation des agneaux produits pour cette période de fêtes familiales sera très limitée. La filière communique pour une préférence d’achat à l’origine « France », mais ça ne suffira pas. Ce type de viande ne peut attendre pour être consommée. Leur organisation pour écouler en direct peine à se mettre en place et la fermeture des marchés limite les solutions. Les organisations de producteurs évoquent la congélation. Reste à savoir si les capacités seront au rendez-vous.

Bovins viande

Après des expéditions et abattages (+ 3,6 %, source Interbev) plus importants qu’à l’accoutumée sur la semaine dernière (du 16 au 22 mars), le marché marque le pas en ce début de semaine. Certains opérateurs annoncent des volumes de commande divisés par cinq. Les prix, que ce soit sur les vaches de qualité bouchère ou les jeunes bovins mâles, sont sous pression.

Volailles

L’arrêt des ateliers de gavage entraîne la destruction des œufs de canard dans le Centre-Ouest (Loire-Atlantique, Maine-et-Loire, Deux-Sèvres et Vendée), qui assure 30 % de la production nationale.

Porcs

« Alors que le pays en est à sa deuxième semaine de confinement, les cours en Europe devraient se stabiliser cette semaine, selon certains opérateurs allemands. La demande intérieure reste correcte et le commerce à l’export, en particulier vers la Chine, revient à la normale », commentait le quotidien du marché du porc breton en début de semaine.Il est à noter que la cotation du porc « sud-ouest » est corrélée avec une bonification qualité et label.

Filières laitières

Toutes les entreprises rencontrent des difficultés de logistiques alors que la filière entre dans le pic de collecte. Elle réfléchit aux moyens à mettre en œuvre pour modérer la production. Les reports de consommation sont importants : forte demande pour le beurre, la crème, les fromages pour enfants, mais une chute pour les fromages AOP. Selon le Conseil national des appellations d’origines laitières (CNAOL), « l’appauvrissement alimentaire guette les rayons des grandes surfaces. Les trans-formateurs laitiers de toutes les régions de France notent une baisse très importante des commandes ». L’enjeu est de contribuer à la mise en relation des PME et acteurs de la distribution (réorientation des produits).

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