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Agriculteur : un métier moderne

Jeunes Agriculteurs tiendra son assemblée générale mercredi 18 février à Breuil-Chaussée. Redorer le blason de l’agriculture est une préoccupation du syndicat, selon David Paillat, président de JA. 罿

David Paillat : « Alors, oui, le 23 février, date du conseil d’administration qui suit l’assemblée générale, je passerai la main ».
David Paillat : « Alors, oui, le 23 février, date du conseil d’administration qui suit l’assemblée générale, je passerai la main ».
© DR

Vous parcourez ces derniers jours le département pour les assemblées générales des sections cantonales. Désormais, ce n’est un secret pour personne que vous passez les rênes cette année ?
- Effectivement. L’assemblée générale du 18 février marquera la fin de mon mandat. Deux ans se sont écoulés, déjà. Deux années intenses pendant lesquelles il a fallu  trouver un compromis entre les exigences de la fonction et celles de l’exploitation et de mon environnement familial. L’envie qui m’animait, la tolérance de mes associés et de ma famille, m’ont permis de m’investir. Aujourd’hui, les choses sont un peu différentes.
Alors, oui, le 23 février, date du conseil d’administration qui suit l’assemblée générale, je passerai la main. Une surprise pour personne. C’était largement annoncé.
Je termine ces deux années de présidence avec une vision plus globale de l’agriculture deux-sévrienne. Une expérience à titre individuelle très enrichissante. S’investir dans la défense de l’intérêt de notre beau métier a été un plaisir.

Quels ont été les grands chantiers de ces deux années de travail ?
- Nous nous sommes investis dans la mise en place du nouveau parcours à l’installation. Les grandes lignes de la réforme qui entre en vigueur ces derniers jours ont été présentées à l’assemblée générale de 2008. Alors que la dynamique à l’installation est excellente, il était nécessaire, en Deux-Sèvres, d’anticiper. Le nouveau parcours doit permettre une augmentation du nombre des installations aidées. Un défi difficile à relever dans un département où 80 % des jeunes qui se lancent, perçoivent déjà les aides publiques. La mise en œuvre du dispositif national demandait, eu égard à la situation locale, une certaine vigilance.
L’actualité économique des derniers mois aura également mobilisé les forces de JA 79. Les jeunes agriculteurs – souvent très fragiles – ont su se mobiliser pour faire entendre la voix de la profession dans la fixation des prix du marché, dans les filières d’élevage notamment.

Y a-t-il des points plus négatifs ?
- Oui. Il faut savoir regarder les choses en face.  Mobilisés sur le dossier national de la réforme du parcours à l’installation, nous nous sommes un peu éloignés de nos forces locales. La dynamique syndicale dans les cantons a probablement souffert de cet engagement, nécessaire, je pense.
Le travail de terrain sera l’un des objectifs de la nouvelle équipe ?
- Je pense, oui. Mais il leur revient le soin de préciser le sens de leur action.
Toutefois, la communication, thème développé au cours de notre assemblée générale du 18 février, donnera matière à mobiliser les jeunes agriculteurs dans les cantons, autour d’une cause commune. Le monde agricole continue de souffrir d’une mauvaise image, ou plutôt d’un décalage entre l’image et la réalité des choses. Il faut travailler pour rétablir les vérités. C’est en ouvrant les yeux aux consommateurs, citoyens, jeunes en formation sur la réalité de l’agriculture, que nous retrouverons un climat de confiance. 

Qu’entendez-vous par décalage entre l’image et la réalité dans les exploitations ?
- Transformateurs et distributeurs, pour vendre leurs produits finis, utilisent assez facilement des images traditionnelles. Souvent, et à tort, les agriculteurs sont vus comme les producteurs des produits finis portants ces images du passé. Alors, lorsqu'ils sont aperçus au volant d’engins agricoles modernes, le doute s’installe. La suspicion empêche la confiance.
Agriculteur est un métier moderne. L’agriculture est un domaine professionnel dans lequel la technique, les nouvelles technologies permettent de produire en répondant aux exigences environnementales et sociales actuelles. Aujourd’hui plus que jamais, dans les fermes, les règles sanitaires sont respectées. C’est la réalité. Et c’est cette réalité que les JA veulent faire connaître pour regagner la confiance de consommateurs qui trop souvent encore, ignorent que dans 90 % des cas, un agriculteur en un producteur de matière première, non pas de produits finis.

Et c’est en redorant le blason de l’agriculture dans la société que vous arriverez à créer des vocations ?
- Oui, en grande partie. En expliquant aussi ce qu’est la réalité sur une exploitation. S’il nous arrive de travailler dans la boue, ce n’est pas une réalité quotidienne. Sans nier les difficultés, il faut reconnaître que l’on vit du métier d’agriculteur. Aujourd’hui, les formules sociétaires permettent de gérer le temps de travail. Il faut le faire savoir. JA va s’y attacher.

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