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Barrages aussi dans les quatre départements de la région

Après les manifestations dans un grand quart Ouest de la France, les agriculteurs de Poitou-Charentes ont pris le relais d’opérations de ralentissements de la circulation dans les quatre départements.

En Charente-Maritime, les adhérents de la Fnsea et des JA ont choisi le symbolique pont d’Oléron.
En Charente-Maritime, les adhérents de la Fnsea et des JA ont choisi le symbolique pont d’Oléron.
© AGRI17

Après Caen, Evreux, le Mont Saint-Michel, les ponts de Tancarville et de Normandie, Amiens, Abbeville, Saint-Malo, Brest, l’A 1 à proximité de Lille, la grotte de Lascaux…, la liste des sites bloqués par les éleveurs s’est allongée d’heure en heure le 21 juillet, avec l’entrée en action des agriculteurs de la Fnsea et des JA de Poitou-Charentes.Dans la nuit de mardi à mercredi à 4 heures, les adhérents de la Vienne ont bloqué l’accès à Poitiers quelques heures avant la tenue du conseil des ministres, l’idée consistait à maintenir la pression, pour obtenir « des engagements, du concret et des prix rémunérateurs ». «Nous avons peur au final, de nous retrouver juste avec des avances de trésoreries, remboursables, qui ne suffiront évidemment pas à nos agriculteurs pour vivre de leur métier», lançait dès le début de l’opération, Denis Bergeron, le président de la Fnsea 86, alors que les manifestants prenaient possession de huit ronds-points autour de la ville avec des tracteurs, déversant ça et là, paille et autres déchets agricoles.Tôt dans la matinée, à Chasseneuil, un camion de lait en provenance d’Espagne a été contraint de s’arrêter et sa cargaison déversée sur la chaussée.En Charente-Maritime, les adhérents de la Fnsea et des JA ont choisi le symbolique pont d’Oléron. Une opération menée en un temps record, comme en prennent maintenant l’habitude les manifestants. Une réunion syndicale à Saintes à 21 h et à 22 h 30 soixante-dix tracteurs, charriant remorques chargées de paille ou de pneus prennent la direction de l’île, pour une opération selon François Avrard, président de la Fnsea 17, « de barrage filtrant » qu’il était prévu de maintenir « jusqu’à jeudi soir ».
Cibler ceux qui ne tiennent pas leurs engagementsEn Deux-Sèvres, pour les deux structures syndicales « la mise sous surveillance active », selon le mot d’ordre national, devait consister, dans la nuit de mercredi à jeudi, à « cibler » « des acteurs qui ne tiennent pas leurs engagements de remonter les prix », annonçaient les organisateurs : abattoirs, laiteries et plates-formes logistiques de grandes surfaces. En Charente, enfin, les manifestants, prévoyaient de bloquer la centrale d'achat des centres Leclerc, à Ruffec, jusqu’à jeudi.

Vingt-quatre mesures « pour sauver l’élevage »

C’est finalement un plan de 24 mesures qui a été présenté le 22 juillet par Manuel Valls et Stéphane le Foll qui ambitionnent de faire remonter les prix, d’alléger les charges, ou encore de développer la contractualisation et l’exportation.  Elles ont été présentées « pour sortir d’une crise qui coure depuis trop longtemps, quelle que soit la majorité au pouvoir », n’a pas manqué de souligner Manuel Valls.La première partie du plan gouvernemental s’attelle à des mesures d’urgence qui seront effectives dès le 31 juillet : - action sur le redressement des cours et des prix, en particulier pour faire respecter les engagements pris lors des tables rondes avec les filières bovine et porcine ; - dispositions pour restructurer les dettes (bancaires, mais aussi les dettes auprès des fournisseurs, notamment d’alimentation animale) ;- 50 millions d’euros sont dédiés aux allégements de charges, contre 8 M€ initialement prévus lors de la mise en place des cellules de crises départementales en février, et 50 M€ sont débloqués pour les exonérations de la Taxe sur le foncier non bâti (TFNB) ;- des reports sont en outre possibles pour les cotisations MSA (200 M€), pour l’impôt sur le revenu et l’impôt sur les sociétés (150 M€), et un remboursement anticipé de TVA sera effectué pour un montant de 150 €. D’autres mesures, structurelles celles-là ont été annoncées (lire notre prochaine édition).Si le président de la Fnsea  Xavier Beulin considère que les mesures présentées constituent une réponse « de court terme à quelques exigences », « ce n’est pas ce qui nous redonnera fondamentalement des perspectives durables », a-t-il déclaré. Pour lui, le problème de fond de la compétitivité n’est pas réglé. Pour la Fnsea, les priorités restent donc la revalorisation effective des prix, la restructuration des dettes agricoles au-delà des prêts de consolidation, les reports de charge et la contractualisation.Tant que ces points ne feront pas l’objet d’une amélioration notable, les actions de surveillance risquent bien de se poursuivre sur le terrain. Pour la profession, d’autres rendez-vous seront à prendre pendant l’été pour « faire en sorte qu’en septembre-octobre, on soit en mesure d’annoncer des choses mesurables par les producteurs eux-mêmes », estime ainsi Xavier Beulin.

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