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Jeunes Agriculteurs
Bonnet d’âne et bouse d’or pour Terra Lacta

Terra Lacta a décroché l’or dans la catégorie « pire stratégie d’entreprise ».Un trophée remis par Jeunes Agriculteurs en guise de protestation contre la politique de la coopérative.

Mise en scène de la remise de la bouse d’or de la « pire stratégie d’entreprise », mercredi 21 novembre, au siège de Terra Lacta.
Mise en scène de la remise de la bouse d’or de la « pire stratégie d’entreprise », mercredi 21 novembre, au siège de Terra Lacta.
© N. C.

Il est des trophées qui ne seront jamais exhibés, fièrement, au beau milieu des photos de famille, sur une cheminée. Mais peut-être, feront-ils réfléchir, permettront-ils d’ouvrir le débat? C’est dans ce sens que JA Poitou-Charentes a organisé sa cérémonie de remise de récompenses, à sa sauce, au cours de laquelle l’or était au rendez-vous mais sous une forme peu prestigieuse.En effet, c’est une bouse de vache - sèche tout de même et apportée, s’il vous plaît, sur un plateau - que Terra Lacta a reçue, mercredi 21 novembre, au siège de l’entreprise.
Pour l’occasion, une vingtaine de Jeunes Agriculteurs de la région s’étaient réunis, accompagnés de deux responsables de la Fnsea Poitou-Charentes. Guillaume Mandin, responsable de la section lait au sein de JAPoitou-Charentes, a joué le maître de cérémonie tandis que Vincent Bizon campait le président de Terra Lacta. 
« La coopérative fait partie de ces acteurs de l’ombre dont l’action a des conséquences sur l’avenir de la filière et de fait, sur le renouvellement des générations », disent les Jeunes Agriculteurs très amers de ne pas voir le prix du lait remonter alors que Terra Lacta doit s’adosser à Bongrain. Aussi le jury, réuni le 20 novembre, l’a désignée dans la catégorie « la pire stratégie d’entreprise » (*). 
« Depuis septembre, les communiqués et informations sur la baisse des prix payés aux producteurs ne cessent de pleuvoir. Une situation qui rend perplexe l’ensemble des éleveurs laitiers que ce soit en production bovine ou caprine », poursuivent-ils. Parmi les nominés pour cette bouse d’or de la pire stratégie d’entreprise, figuraient Lactalis, Eurial, Terra Lacta, l’Union laitière de la Venise verte, Coopérative de Pamplie, Bongrain, Coopérative laitière de la Sèvre, Bonilait et Sodiaal.
Poursuivant dans l’ironie, les JA ont également décerné le prix spécial du bonnet d’âne, toujours à Terra Lacta, à son président plus précisément.Pourtant la liste était longue. Michel-Edouard Leclerc, le président danois d’Arla Foods Knud Erik Jensen, Delphine Batho et le président de la Coopérative laitière de la Sèvre étaient les « heureux » nominés. JA Poitou-Charentes justifie son choix par le manque de concertation au sein du conseil d’administration de l’entreprise mais aussi par la promesse formulée en septembre d’un prix au niveau interprofessionnel pour janvier 2013, laquelle promesse a été balayée début novembre.

Des annonces
Si le silence, comme la bouse chez les JA, est d’or, le responsable de la production chez Terra Lacta, l’a brisé. Jean-Claude  Sarrazin est effectivement venu échanger avec l’assistance. Il a été décidé que les JA adresseront leur lot de questions à Terra Lacta sur l’avenir de son union avec Bongrain.Liste d’interrogations à laquelle, selon Jean-Claude Sarrazin, des réponses seront apportées.
« Le responsable de la production de l’entreprise nous a annoncé une hausse de 40 à 50 euros aux 1000 litres pour le lait de chèvre dès le 1er janvier 2013 et un prix du lait de vache compris entre 320 et 340 euros les 1000 litres à partir de cette même date », déclarait Guillaume Mandin, à l’issue de cette rencontre. Un effort devrait également être consenti pour le versement de la paie : « Le deuxième versement devrait être effectué entre le 20 et le 23 de chaque mois contre le 26 aujourd’hui ». Enfin, une assemblée générale extraordinaire pour statuer sur la fusion avec Bongrain devrait avoir lieu en mars 2013. Peut-être, espérons-le, que 2013 sera une année en or pour la coopérative et ses producteurs.


(*) Ce prix récompense « une entreprise avec un potentiel important de développement, des produits de qualité, des outils de transformation, mais qui contre toute attente a su briller pas son absence de réflexion prospective dans un contexte dont la tendance est cependant annoncée depuis plusieurs années (fin des quotas…) ».

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