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Gouvernement
Bruno Le Maire, un diplomate à l’alimentation, l’agriculture et à la pêche

Bruno Le Maire, ex-secrétaire d’Etat aux affaires européennes, devient le nouveau titulaire d’un ministère qui s’intitule dorénavant ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche.

Bruno Le Maire succède à Michel Barnier.
Bruno Le Maire succède à Michel Barnier.
© Réussir

 

C’est un quasi inconnu du monde agricole, Bruno Le Maire, qui devient le ministre de l’Agriculture. Inconnu même du grand public, son poste de secrétaire d’Etat aux affaires européennes, qu’il détenait depuis décembre dernier seulement, l’ayant plus porté aux négociations discrètes à Bruxelles. Sa nomination comporte des particularités qui ne devraient pas laisser indifférents les agriculteurs.

En premier lieu, l’expérience internationale de Bruno Le Maire peut lui apporter un savoir-faire indéniablement utile pour les enjeux à venir. Il a tâté, même pour peu de temps, de la négociation européenne en tant que secrétaire d’Etat. Il a milité pour le rapprochement du couple franco-allemand dont la France avait bien besoin, notamment dans la perspective de la future réforme de la politique agricole commune.

Michel Barnier : « Le Maire connaît bien l’Allemagne»

« C’est un homme droit, de grande qualité et sérieux » déclarait Michel Barnier, le ministre de l’Agriculture sortant, le 24 juin, avant la passation de pouvoir entre les deux hommes. « Il a eu une expérience au Quai d’Orsay. Il connaît bien l’Allemagne, a souligné Michel Barnier. C’est un vrai atout que le nouveau ministre de l’Agriculture ait ce lien avec l’Allemagne dans les débats qui viennent. » En effet, le débat budgétaire sur la première politique européenne (la PAC) qui s’ouvrira en 2010 sera « extrêmement difficile » prévient Michel Barnier. Pouvoir compter sur une bonne entente du couple franco-allemand est donc important. 

Alimentation d’abord

En second lieu, son portefeuille devient celui de l’alimentation, de l’agriculture et de la pêche. Une  dénomination qui implique bien une évolution de l’orientation du ministère. Michel Barnier, n’avait pas cessé de clamer ce changement de dénomination. Cela implique une double conséquence pour les agriculteurs : leur rôle envers la société est pleinement reconnu comme producteurs d’aliments mais en même temps, cela signifie que la priorité est, non l’agriculture en soi, mais celle de l’alimentation, de sa qualité et de sa sécurité. 

Rouages ministériels

En le nommant à un ministère important, Nicolas Sarkozy pratique enfin, d’une certaine manière, une ouverture envers les ex-alliés de son rival Dominique de Villepin, dont Bruno Le Maire fut longtemps directeur de cabinet. Mais surtout, être «DirCab» à Matignon, cela donne une belle expérience des rouages interministériels dont un ministre de l’Agriculture a toujours besoin. Bruno Le Maire a d’ailleurs raconté son expérience dans un livre paru en 2007 et intitulé Des hommes d’État, livre dans lequel il raconte, au jour le jour, les relations compliquées entre le Premier ministre de l’époque et le futur président de la République. C’est cette expérience qui comptera sans doute plus que sa formation initiale à l’Ecole nationale d’administration mais aussi comme agrégé de lettres modernes, concours dont il fut «cacique» c’est-à-dire reçu premier. Ce natif de Neuilly en 1969 est, d’ailleurs, l’auteur d’un mémoire sur « La Statuaire dans À la recherche du temps perdu » de Marcel Proust. Un citadin intellectuel, Bruno Le Maire ? Oui, mais un intellectuel qui a aussi su se faire élire député à Evreux, dans l’Eure, département céréalier et de polyculture. 

 

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