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Ces agriculteurs qui s’engagent dans les conseils municipaux

En Deux-Sèvres, les agriculteurs sont surreprésentés parmi les maires par rapport à leur poids dans la population. Explications avec Philippe Bidet-Emeriau, doctorant et enseignant à Sèvreurope, à Bressuire.

Selon Philippe Bidet-Emeriau, 80% des maires en fonction aujourd’hui ont eu des parents, grands-parents ou oncles élus avant eux.
Selon Philippe Bidet-Emeriau, 80% des maires en fonction aujourd’hui ont eu des parents, grands-parents ou oncles élus avant eux.
© G. R.

«Les agriculteurs continuent à être bien représentés dans les communes du département », observe Philippe Bidet-Emeriau, enseignant à Sèvreurope, à Bressuire, et doctorant en sociologie. Hormis les retraités, les agriculteurs sont la catégorie socioprofessionnelle la plus représentée.
« Une surreprésentation même », estime-t-il, puisqu’ils sont 19%, (16% pour la France entière) par rapport à leur poids dans la population, soit un peu plus d’un quart si on y ajoute les retraités agriculteurs. Cependant ce pourcentage diminue, puisqu’il était de 39% en 1983.
Pour Philippe Bidet-Emeriau qui prépare une thèse de sociologie sur l’engagement des maires, ces agriculteurs « sont classiquement nés, eux ou leur famille, sur la commune, y travaillent. Ils y ont une place prépondérante et les habitants de la commune se reconnaissent bien dans cette histoire locale, notamment grâce à leur bonne connaissance des familles et du territoire. Ce qui leur donne une certaine légitimité, et des arguments, quand ils sont en concurrence avec d’autres ». On assiste donc à une recomposition des catégories socioprofessionnelles dans les conseils municipaux à l’image de la population, avec le déclin du nombre d’agriculteurs et la quasi-disparition des artisans, commerçants, chefs d’entreprise.
Philippe Bidet-Emeriau note par ailleurs qu’une trentaine de communes du département n’ont plus d’agriculteurs dans leur conseil municipal. Mais si les maires agriculteurs qui finissent leur mandat actuellement sont moins nombreux qu’en 2003, ils sont plus jeunes. « 80% ont eu des parents, grands-parents ou oncles élus avant eux. Cet héritage permet de rentrer plus facilement, plus précocement dans la vie municipale. » Mais avec un préalable qui se vérifie assez logiquement : « Leur engagement reste lié à la présence d’agriculteurs dans la commune et à leur poids dans le conseil municipal ».
La carrière politique des agriculteurs est plus courte, à en croire les résultats observés à l’issue du précédent scrutin. « L’évolution du métier d’agriculteur, n’est pas étrangère à cette tendance », estime-t-il. « Il demande plus de disponibilité, de nouvelles compétences économiques, administratives, et organisationnelles. » 19% des maires sont en exploitation individuelle, contre 40% dans le mandat qui s’est terminé en 2001. Mais la formule sociétaire ne règle pas tout. « Le mandat de maire engage, pour certains les enfants, le conjoint, dont le rôle est souvent jugé essentiel, et pour d’autres, les associés. »
Certains ont réussi le projet de réorganisation de leur système d’exploitation pour se consacrer à leur fonction, parfois « en surtravaillant ». Un tiers a adapté son système, un autre tiers a investi pour cela, et le dernier tiers a fait appel à de la main-d’œuvre. « Des maires ont été amenés à travailler différemment, à changer des pratiques professionnelles plus en phase avec les attentes de la population, ou plus généralement sociétales, comme la propreté des routes… » En contrepartie, les maires enquêtés par Philippe Bidet-Emeriau, estiment avoir rencontré des gens, qu’ils n’auraient « jamais rencontrés », ou plus simplement « élargi leur cercle d’amis ». Ils parlent d’une certaine reconnaissance sociale liée à leur participation dans les instances décisionnelles.
La généralisation de l’intercommunalité va entraîner encore davantage de concertation entre élus dans la gestion municipale. Mais selon Philippe Bidet-Emeriau, « on peut penser que malgré le surcroît de travail auquel ils s’attendent, beaucoup de maires, qui se sont investis dans les intercommunalités, au cours de ces derniers mois, vont vouloir voir ce qu’elles vont donner ».

Lire p. 14 à 17

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