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Justice
Condamnation du cuniculteur de Nueil-les-Aubiers : «un sentiment d’injustice»

Depuis la diffusion des vidéos de l’élevage de lapin de Nueil-les-Aubiers par l’association L214, des acteurs locaux se sont mobilisés pour soutenir le cuniculteur profondément marqué par l’affaire.

© DR

L’éleveur de lapins de Nueil-les-Aubiers, mis en cause par une vidéo de l’association L214, a été reconnu coupable de conditions d’élevage non conformes par le tribunal de police fin juin 2020. L’éleveur a dû régler une amende de 750 € et verser deux fois 1200 € à l’association L214 et à la fondation Brigitte Bardot.

Alain Chabauty, qui a suivi le dossier quand il était président de la Fnsea 79, ne mâche pas ses mots : « Ces associations sont des voyeuristes hors-la-loi ». Il regrette que Yannick, l’éleveur, soit obligé de payer une amende alors qu’il a lui-même subi une intrusion. « On nous répond qu’il n’y a pas effraction, mais il n’empêche qu’il y a intrusion. On ne pénètre pas dans une propriété privée comme ça », tance Alain Chabauty.

Un comité de soutien local

Quelques jours après la diffusion des vidéos, à la mi-août 2019, un comité s’est organisé pour apporter son soutien au cuniculteur et à sa famille. Composé d’une quinzaine d’acteurs locaux, ce sont des agriculteurs de toute couleur syndicale et de toute production d’élevage qui se sont mobilisés, touchés eux aussi par le désarroi et la colère de leur confrère. « Les membres de L214 ne voient pas les conséquences de leurs actes d’un point de vue humain », regrettent-ils en ajoutant que « l’entourage de Yannick s’est inquiété pour sa santé ». Ce dernier garde un sentiment d’injustice et de dégoût par rapport au traitement de cette affaire.

Pour les membres du comité, cet éleveur a subi une triple peine : le viol de domicile, « une attaque médiatique en règle, où les infos ont été prises pour argent comptant » et le jugement du tribunal. « Sans compter le contrôle des services vétérinaires, mené à charge pendant plus de quatre heures », relèvent-ils avec amertume.

Le jugement leur paraît exagéré par rapport à la situation de l’agriculteur. D’autant plus qu’ils remettent en question les images révélées par l’association animaliste. « Les vidéos ne sont pas réalistes. Les lapins ont été déplacés pour être mis en forte densité ». Ils taclent au passage la Fondation Brigitte Bardot, « suceur de roues », qui s’est portée partie civile sans être impliquée dans l’affaire, pour repartir avec des dommages et intérêts.

Une dynamique du territoire cassée

Mais ce qui ne passe pas pour les agriculteurs, c’est l’intrusion dans la propriété privée. « Il est inadmissible de payer une sanction judiciaire à des personnes qui ne respectent pas la loi, martèlent les membres du comité de soutien. Ça peut arriver à n’importe qui », préviennent-ils. Désormais, les acteurs locaux font preuve de la plus grande vigilance pour que de telles intrusions ne se reproduisent pas.

Le président de la Fnsea 79, Grégory Nivelle, s’insurge lui aussi contre cette « minorité puissante » qui génère « une inquiétude permanente pour les agriculteurs ». Avec le vandalisme sur le matériel d’irrigation, il déplore ces actions qui « poussent des personnes à arrêter leur activité, démotivent les jeunes qui seraient prêts à s’installer » et suscitent aussi des questionnements dans les entreprises liées à l’élevage. « Ils mettent en péril tout un territoire », s’indigne-t-il. Sa revendication est simple : « On veut seulement avoir le droit d’exercer notre métier ».

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