Aller au contenu principal

Des grands disques pour travailler en profondeur

L'offre de déchaumeurs à disques indépendants s'est étoffée avec l'arrivée de modèles à disques de grand diamètre pour concurrencer les cover-crops et les outils à dents.

Capables de travailler jusqu'à 12-15 centimètres de profondeur, les grands disques permettent d'incorporer correctement les grandes quantités de résidus végétaux, mais aussi d'enfouir la fumure organique en profondeur.
Capables de travailler jusqu'à 12-15 centimètres de profondeur, les grands disques permettent d'incorporer correctement les grandes quantités de résidus végétaux, mais aussi d'enfouir la fumure organique en profondeur.
© Horsch

Apparus il y a dix-quinze ans, les déchaumeurs à disques indépendants se sont démocratisés dans les campagnes. Ils offrent des débits de chantier importants, évoluant généralement entre 10 et 15 km/h, et génèrent un bon mélange terre/débris végétaux. Ils constituent donc des outils efficaces pour le déchaumage superficiel, le faux semis et la destruction des adventices. Aussi, si le diamètre des disques évoluait en majorité entre 450 et 510 mm il y a dix ans, l'offre des constructeurs s'est considérablement étoffée, avec notamment des appareils à disques de grand diamètre, de 610 à 660 mm, certains appareils dépassant les 700 mm. Ces outils ont été développés notamment pour remplacer certains cover-crops et déchaumeurs à dents. « Ce sont des engins lourds avec une bonne qualité de pénétration et les atouts d'un déchaumeur à disques indépendants de petit diamètre. Il n'y a pas de réglage complexe à faire. Le déchaumeur est stable et propose un travail propre et nivelé », explique Jean-Luc Farges, de Lemken. « Ces appareils intéressent principalement deux types d'agriculteurs, reprend Olivier Retailleau de Souchu : les céréaliers qui ont beaucoup de résidus à enfouir, principalement les producteurs de maïs, mais aussi de colza et de tournesol, et les polyculteurs-éleveurs qui veulent, en un seul passage, détruire et enfouir un couvert végétal, un ray-grass, ou bien enterrer du lisier ou du fumier. »

Jusqu'à 15 centimètres de profondeur
Plusieurs raisons expliquent l'arrivée de ces appareils à grands disques. Ils offrent un plus grand dégagement sous bâti. De plus, « les suspensions à silentblocs ne permettent plus d'offrir la pression et le débattement suffisant à partir d'un disque de 600 millimètres de diamètre », estime Damien Digard, de Bednar. De même, l'espacement entre les deux rangées de disques est plus important. « Tout cela permet aux déchaumeurs à grands disques de brasser de grandes quantités de terre et de résidus végétaux », résume Thomas Boone, d'Agrisem. Pour ce qui est de la profondeur de travail, « un appareil doté de disques de 510 millimètres évolue jusqu'à 7-8 centimètres, explique Olivier Retailleau, tandis qu'en 630 millimètres, on pourra descendre jusqu'à 15 centimètres, même si les agriculteurs qui en sont équipés ont coutume de travailler autour de 10 à 12 centimètres.» Aussi, sur terrains très secs, ces appareils conservent une certaine qualité de pénétration, ce qui n'est pas le cas des appareils à petits disques.
Du côté de la qualité de travail, les déchaumeurs à grands disques ont tendance à moins émietter. Certains constructeurs ajoutent une herse peigne derrière chaque rangée de disques pour augmenter l'émiettement. Le rouleau arrière revêt également une importance capitale pour la qualité de finition. « Sur les Rubin 9 semi-portés, nous préconisons systématiquement un rouleau double », explique Jean-Luc Farges. Plus le diamètre des disques est important, plus ces appareils sont voués à des travaux lourds, donc moins polyvalents. « Si on veut faire un déchaumage superficiel dans des terres légères, il faut vraiment brider l'enfoncement de l'appareil en contrôlant la profondeur de travail avec le rouleau et les roues de jauge », avertit Damien Digard. « Les plus polyvalents sont autour de 510-560 millimètres de diamètre », confirme Olivier Retailleau. Jean-Luc Farges tempère cependant ces remarques :
« De nombreux agriculteurs prennent des grands disques pour remplacer deux déchaumeurs, l'un à petits disques, l'autre à dents pour les travaux plus profonds. » Les déchaumeurs à grands disques indépendants sont bien sûr plus chers (30 % minimum) et plus gourmands en puissance : compter 40 à 50 ch au mètre. En revanche, du fait des disques plus épais et de plus grand diamètre, leur durée de vie est accrue. « Nos nouveaux disques mulcheurs cannelés s'usent 2,5 à 3 fois moins vite que nos traditionnels petits disques », n'hésite pas à avancer Thomas Boone.

A lire un dossier de 4 pages dans Agri 79

Sols difficiles
Dernièrement, Lemken et Agrisem ont présenté des appareils dotés de disques de plus de 700 mm de diamètre, pouvant piocher jusqu'à 20 cm. Très lourds, ces appareils repoussent les limites des déchaumeurs à disques indépendants et chatouillent le marché des déchaumeurs à dents. « Les démonstrations que nous avons réalisées depuis cet été ont montré l'étendue des possibilités de cet appareil, explique Jean-Luc Farges de Lemken. Les terres argileuses très sèches, parsemées de silex ou encore très caillouteuses ne mettent pas en défaut le Rubin 12 et ses disques de 736 millimètres. À la différence des déchaumeurs à dents, il ne sort pas des parpaings, émiette le sol et s'arrête à la couche de terre arable, lorsque celle-ci est fine. »

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agri79.

Les plus lus

300 personnes pour le premier dîner fermier à La Crèche

La chambre d’agriculture des Deux-Sèvres a lancé…

Petit moulin cherche meunier pour se réveiller
Depuis les années 80, la famille Boiron fait tourner la minoterie éponyme, en plein cœur de La Crèche. Inscrite dans la tradition…
Nicolas Redureau, éleveur de chèvre en Deux-Sèvres prend position sur le bien-être animal
Bien-être : considérer le binôme Homme-animal
Nicolas Redureau, éleveur à Noirterre (Deux-Sèvres), a participé aux groupes de travail orchestrés par Agrial sur le bien-être…
Stockage de l'eau : les uns avancent, les autres demandent à rejouer la partie
La radicalisation des opposants aux projets de stockage de l’eau laisse peu d’espoir que naissent des compromis. Le 6 novembre, à…
Plein phare sur le robot d’alimentation au Chêne blanc
Au programme de cette première journée du salon Capr’Inov, rendez-vous à Pougne-Hérisson pour visiter la SCEA du Chêne Blanc, qui…
Définition de l'agriculteur actif: l'État et les Régions d'accord pour 67 ans maximum

Dans le cadre de la concertation autour de la déclinaison française de la future Pac, le Plan stratégique national (PSN), les…

Publicité