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Consommation
Du marché à l'hyper, la production locale mise au premier plan

Dès la deuxième semaine de confinement, les acteurs de l’agriculture ont œuvré auprès des politiques et entreprises pour maintenir des débouchés aux producteurs. Les réseaux de distribution, petits et grands, sont mobilisés pour répondre à cet impératif

Les produits des Serres de la Guittière sont plébiscités depuis le début de la crise. Les outils en ligne, type drive fermier ou plateforme de mise en relation entre producteurs et consommateurs aident à maintenir des débouchés.
© Serres de la Guittière

Faire consommer local, alors que les points de vente sont désertés, voici l’un des principaux défis que présente le confinement, avec comme enjeu la survie de l’économie agricole du département. Ainsi, les producteurs et groupements de producteurs rappellent aux consommateurs, via les réseaux sociaux, que leur activité de vente perdure pendant la crise. Les rendez-vous sont donnés à la ferme ou pour la livraison sur les pages Facebook, ou encore sur des sites internet permettant de faciliter contacts et commandes : Bienvenue à la ferme, Plaisirs fermiers, Frab, Afipar...

Une plateforme régionale

Afin de faciliter les liens entre agriculteurs, distributeurs, et consommateurs dans cette période particulière, l’agence de l’alimentation Nouvelle-Aquitaine (Aana) a lancé le 27 mars, en lien avec les chambres d’agriculture, la plateforme https://plateforme.produits-locaux-nouvelle-aquitaine.fr. Au 31 mars, date de son ouverture au grand public, elle comptait 1257 producteurs ins-crits prêts à livrer leur marchandise aux consommateurs, et 40307 consommateurs pré-inscrits. Le concept? Chacun peut se géolocaliser dans l’outil et trouver ainsi les coordonnées des agriculteurs, horticulteurs et artisans les plus proches de son domicile pour se ravitailler.

Du marché à l'hyper

Autre combat mené par la chambre et les syndicats agricoles: le maintien et le développement des lieux de vente pour les productions locales. «En lien avec la préfecture et les mairies, nous étudions toutes les possibilités de dérogation pour rouvrir les marchés de plein air. Nous en avons obtenu une trentaine, qui seront réévaluées au cas par cas selon la progression de l’épidémie», explique Jérôme Baron, responsable du pôle économie à la chambre d’agriculture des Deux-Sèvres.

Au cours de la semaine écoulée, son service s’est aussi attelé à une double tâche: celle de recenser tous les producteurs en manque de débouchés, et celle d’appeler l’ensemble des grandes et moyennes surfaces (GMS) du département pour créer des opportunités supplémentaires d’écouler leur marchandise. «La plateforme solidaire créée avec l’Aana peut accélérer cette mise en relation», souligne le responsable. Selon ses dires, plusieurs enseignes  ont entamé des démarches pour soutenir les producteurs, à l’instar des Intermarché de Niort et Beau-voir notamment, dont le premier a mis en vente des productions horticoles Moinet et le second a mis en avant plusieurs producteurs avec lesquels il avait commencé à nouer des partenariats depuis plusieurs mois. Super U et d’autres suivent le mouvement. Sincère ou purement marketing, un élan est donné pour favoriser les productions locales.

Lire aussi : Des engagements pour l'agneau de Pâques

Solidarité de la profession

Pour certains, la crise est synonyme de surcroît d’activité. C’est le cas pour Alain Gamin, gérant des Serres de la Guittière, à Pamproux, qui note une augmentation globale de 25% des besoins de ses clients: «Notre service drive et celui des Plaisirs fermiers de Poitiers que nous alimentons car-burent. Il va nous falloir trouver du personnel pour tout gérer: le marché, la vente à la ferme et les commandes en ligne. Et composer avec les congés gardes d’enfants et les confinements pour suspicion de Covid-19. Nous sommes à court de certaines productions comme le poireau ou le chou frisé, aussi appelons-nous d’autres maraîchers pour nous aider à compléter».

Jouer la complémentarité est aussi le leitmotiv de Jérôme Baron, qui contacte des producteurs de volailles ou de fromages par exemple pour compléter l’offre des marchés de plein-vent encore ouverts, mais très clairsemés. «Les agriculteurs sont éligibles aux mesures annoncées par l’État en cas de pertes de chiffres d’affaires de plus de 70%, indique-t-il, mais en attendant, il ne faut pas hésiter à s’inscrire sur la plateforme de l’Aana, à se rapprocher des organismes interprofessionnels ou à nous contacter au 05 49 77 15 15 pour trouver des solutions en cas de difficultés».

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