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Elles font le choix de l’apprentissage à Gaston Chaissac

Deux jeunes Viennoises ont choisi de passer leur brevet professionnel de responsable d’atelier de productions horticoles (BP RAPH), par apprentissage, au lycée Gaston Chaissac, à Niort. Anne-Sophie Boulineau et Honorine Racofier livrent leurs motivations.

Anne-Sophie et Honorine, en février, taillent et prélèvent 
des boutures dans la serre à cactées (plantes grasses), la seule serre chauffée au lycée horticole Gaston Chaissac de Niort.
Anne-Sophie et Honorine, en février, taillent et prélèvent
des boutures dans la serre à cactées (plantes grasses), la seule serre chauffée au lycée horticole Gaston Chaissac de Niort.
© A.F.

«Au lycée agricole de Thuré, dans la Vienne, il est possible d’obtenir un BP RAPH mais pas par apprentissage, uniquement en statut scolaire », pose Anne-Sophie, 18 ans, originaire de Loudun, en seconde et dernière année de BP au lycée horticole Gaston Chaissac de Niort.
La jeune fille est en cours, à Niort, 18 semaines par an, une ou deux semaines par mois, et travaille, le reste du temps, aux pépinières Ripaud, son maître d’apprentissage, en Vendée, où elle apprend à gérer les stocks, une équipe, des plans de culture, en plus de la production. Elle est salariée et bénéficie donc de cinq semaines de congés payés par an.

« Ce n’était pas ça, à l’école. Je voulais être sur le terrain, en contact avec la nature, au lieu d’être assise sur une chaise, et le salaire, c’est aussi une motivation . Je désirais apprendre la mécanique auto par apprentissage, mais je ne trouvais pas d’employeur… Ce n’est pas qu’ils ne voulaient pas de moi mais il n’y avait jamais de vestiaire pour femmes dans les garages ! Et c’est une obligation légale qu’il y en ait un pour qu’une fille puisse réaliser son apprentissage », raconte Anne-Sophie.

Honorine, elle, a reçu peu de soutiens mais elle n’a pas été découragée non plus. « Mes proches, qui vivent à la campagne, sont contents pour moi », dit cette originaire d’Asnois. À 22 ans, Honorine prépare le même diplôme qu’Anne-Sophie. Elle travaille pour la ville de La Rochelle qui emploie autant de femmes que d’hommes, sur le terrain. Elle a déjà été confrontée à deux faillites d’entreprises, l’une en première année de BP RAPH et l’autre durant son CAP de fleuriste, ce qui lui a valu de ne pas pouvoir aller au bout du certificat. Mais ça n’a pas entaché sa motivation.
« C’est mieux d’apprendre directement sur le terrain. Dans l’entreprise, on découvre ses points forts et ses faiblesses, l’organisation du travail ; c’est moins théorique qu’en cours. Je n’étais pas très scolaire, en plus, et je voulais un salaire », assure-t-elle. Honorine souhaite s’orienter vers un BTS maraîchage, en vue de s’installer, à terme, faire de la vente directe… et « peut-être, avec un ami », développer une production rare.

Une chose est sûre : si elles continuent leurs études par apprentissage au lycée horticole Gaston Chaissac de Niort, elles seront systématiquement mises en « situations professionnelles d’apprentissage », annonce Marie-Claude Hascoët, directrice de l’établissement public d’enseignement agricole Terres et paysages du sud Deux-Sèvres, qui regroupe les lycées de Niort et Jacques Bujault de Melle. « À la rentrée prochaine, au lieu d’assister à deux heures de cours de mathématiques, les élèves en BP aménagements paysagers, par exemple, feront un exercice pratique de calcul d’un volume de pierres à acheter pour construire un muret, en maçonnerie », explique-t-elle.

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