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Fabriquer son piège à frelons asiatiques sélectif au FabLab de Parthenay

La mairie de Parthenay teste un piège à frelons asiatiques sur son rucher. Non létal, il permet de capturer le prédateur tout en laissant les autres insectes libres de s’échapper. Il a été imprimé en 3D par le FabLab de la ville, ouvert à tous les apprentis constructeurs.

Le FabLab de Parthenay a collaboré avec la ville pour inventer ce piège à frelons asiatiques « différencié » qui épargnerait 
les autres espèces d’insectes. Les tests sont en cours.
Le FabLab de Parthenay a collaboré avec la ville pour inventer ce piège à frelons asiatiques « différencié » qui épargnerait
les autres espèces d’insectes. Les tests sont en cours.
© A.F.

Les apiculteurs deux-sévriens en lutte contre le frelon asiatique ont enfin un lieu où exprimer leur potentiel créateur de piégeur : le Parth’Lab, le FabLab de Parthenay. Son crédo : « vous avez des idées ? Venez les fabriquer ».
Que l’on se rassure ! Il est aussi possible de copier sur les autres. Nicolas Trivalle, animateur du laboratoire de fabrication, fournit le plan du piège à frelons « made in Deux-Sèvres » à qui veut. Il s’est d’ailleurs inspiré d’autres plans de pièges trouvés sur Internet pour élaborer celui du Parth’Lab, qui peut encore être amélioré, personnalisé, à l’infini.
L’apiculteur désireux de réaliser son piège à frelons asiatiques n’est donc pas obligé d’être ingénieur. Il prend rendez-vous au Parth’Lab, achète le matériel nécessaire, « pompe » le plan du piège et se fait accompagner pour le produire. L’accompagnement est gratuit. Reste le temps d’utilisation de l’imprimante 3D et de la découpeuse laser à payer. Pour moins de 30 € - achat du matériel compris - et en moins d’une demi-heure de travail, a priori, le tour est joué.
Le piège que le Parth’Lab propose de construire est non létal et sélectif. Il permet aux autres insectes attirés par le mélange de bière et de sirop de cassis ou par le morceau de brèche de ressortir du guêpier. Le but est d’avoir le moins d’impact possible sur la biodiversité. Les frelons asiatiques qui entreraient dans le piège (une boîte) via un cône grillagé par lequel ils n’arriveraient plus à sortir, une fois coincés, seront congelés puis jetés. Les autres insectes, plus petits, peuvent s’échapper par les parois percées du piège : des grilles en médium (de la poussière de bois agglomérée avec des colles), inspirées des grilles à reine.

« On travaille pour l’année prochaine »
C’est pour le rucher municipal de Parthenay, composé de trois ruches, que le FabLab a inventé ce piège à frelons asiatiques. Un prototype est aujourd’hui à l’essai. Si le test est concluant, le Parth’Lab confectionnera d’autres pièges. « En 2018, nous avons recensé 34 nids sur Parthenay, espaces publics et privés confondus, et procédé à 25 enlèvements ; certains nids ayant été découverts trop tardivement pour intervenir », signale Albert Boivin, conseiller délégué à l’environnement de la ville. Vu l’ampleur du phénomène, les élus appellent à une bataille intercommunautaire. Les premiers résultats du piège « made in Deux-Sèvres » seront publiés sur le Facebook du Parth’Lab.
Frédéric Crochet, responsable du service des espaces verts de Parthenay, qui s’occupe du rucher municipal des Loges, note : « on travaille pour l’année prochaine. L’objectif est de capturer des reines fondatrices entre mi-février et fin mai. Aujourd’hui, on va piéger des frelons asiatiques mais le réel enjeu, selon nous, est de tuer les fondatrices pour éviter la multiplication des colonies ».
Autre moyen de lutte contre le frelon asiatique que met la ville en œuvre : l’installation de nichoirs pour attirer les pics et les mésanges, notamment, qui picoreraient les prédateurs des abeilles. « Les frelons asiatiques se nourrissent à 40 % d’abeilles. C’est en septembre que leur pression sur les ruches est la plus grande », rappelle Frédéric Crochet.

Y aller
FabLab de l’espace Public Numérique, 5 rue Jean Macé à Parthenay. Plus d’informations au 05 49 71 08 70 ou sur le site www.parthlab.fr.

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