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Faire de la grande région une dynamique de projets

Après une année 2014 particulièrement chargée avec la réforme de la PAC, le programme Feader et les dossiers environnementaux, c'est à travers le prisme du nouveau découpage régional que la Fnsea Poitou-Charentes aborde 2015.

Philippe Moinard avait invité ses homologues du Limousin et d'Aquitaine, le président de la région Poitou-Charentes et le nouveau Draaf.
Philippe Moinard avait invité ses homologues du Limousin et d'Aquitaine, le président de la région Poitou-Charentes et le nouveau Draaf.
© N.C.

Si elle n'a pas encore de nom, la nouvelle région qui regroupera l'Aquitaine, le Limousin et le Poitou-Charentes fait depuis quelques mois beaucoup parler d'elle. Outre les évolutions politiques, l'agriculture est elle aussi largement concernée par cette réforme territoriale, notamment parce que cette région agricole sera la première d'Europe avec des places de leader dans de nombreuses productions. Les OPA voient plutôt comme une opportunité la création de cette nouvelle grande région et la Fnsea Poitou-Charentes a quant à elle choisi ce sujet comme thème principal de son assemblée générale, qui s'est déroulée mardi dernier à la chambre d'agriculture de la Vienne. Autour de Philippe Moinard, président de la Fnsea Poitou-Charentes, les présidents des Fnsea des deux autres régions, Daniel Couderc, Fnsea Limousin et Henri Bies-Péré, Fnsea Aquitaine ; mais aussi Jean-François Macaire, président du conseil régional et Michel Sinoir, Draaf (lire l'encadré) étaient présents pour répondre à la question :  «Quelle est la place de nos OPA et de l'agriculture dans cette grande région et quels sont les enjeux pour l'agriculture picto-charentaise ? »
Philippe Moinard,  estime pour sa part que « rejoindre la région Aquitaine où la politique est plus pragmatique, avec l'économie en priorité» est plutôt une bonne nouvelle. Pour Jean-François Macaire, cette grande région doit être vue comme une dynamique de projets. Le président de la région Poitou-Charentes tient à rapprocher économie et écologie dans la gestion de l'agriculture : « Nous devons être dans une agriculture écologiquement intensive et intensivement écologique, pour répondre aux besoins et demandes des citoyens ». S'il partage la préoccupation environnementale, Philippe Moinard regrette que « l'économie des exploitations passe après l'axe environnemental ». S'il refuse d'opposer ces deux domaines, Jean-François Macaire redit aussi son attachement à l'agriculture picto-charentaise, qui représente une part importante de l'économie régionale. « Nous devons aider à développer l'agriculture », dit-il. Quant à la pression sociétale, le président de la région réaffirme  que « les gens qui vivent à la campagne ne doivent pas s'opposer à l'agriculture. Car oui, l'activité économique, ce sont aussi des camions et des tracteurs ». Et Jean-François Macaire de comparer l'agriculture aux autres activités économiques : « Le regroupement des exploitations, comme pour les autres entreprises, c'est une façon d'assurer l'avenir, notamment social, de l'agriculture ».
Sur l'organisation en elle-même de la future grande région, Jean-François Macaire a rappelé que le nouveau conseil régional sera installé le 4 janvier, à Bordeaux. Les 183 élus éliront leur nouveau président. Un seul service agricole sera conservé, avec un seul vice-président en charge de l'agriculture. Le Feader et le contrat de Plan Etat Région, tout juste signé, seront conservés pour les six ans à venir dans le périmètre actuel des régions, avec la possibilité d'y apporter des avenants de revoyure.

Dernière AG de la Fnsea Poitou-Charentes
« Je suis heureux de vous accueillir pour la toute dernière assemblée générale de la Fnsea  Poitou-Charentes », a lancé Philippe Moinard en introduction. Même si légalement rien ne l'y oblige, le syndicat a en effet décidé de calquer son organisation sur le nouveau découpage régional. D'ici la fin de l'année, une Fnsea de la grande région sera donc créée.
« Notre inquiétude, c'est de tomber rapidement dans des débats qui ne soient plus régionaux, mais nationaux. Dans ce cas, se posera la question de la légitimité de ce découpage. » Un découpage qui sera également suivi par les chambres d'agriculture. Le 29 octobre prochain, les trois chambres régionales d'agriculture se réuniront pour élire un nouveau bureau et un nouveau président.

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