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Méthanisation
Hydrolyse, biogaz et digestat livrent leurs secrets au public

L’unité de méthanisation du Gaec La Lougnolle, à Prahecq, ouvre ses portes au public ce vendredi et durant tout le week-end. Elle approvisionnera en chaleur l’école et le collège de Prahecq ainsi que l’usine d’embouteillage La Fiée des Lois. Visite guidée en avant-première.

En haut à gauche : le séparateur de phases dissociant forme solide et liquide du digestat.
En haut à gauche : le séparateur de phases dissociant forme solide et liquide du digestat.
© N.C.

“Nous avons vendu le premier kilowatt électrique à Séolis le 3 mai 2013”, déclare Philippe Moinard à la tête de l’unité de méthanisation du Gaec La Lougnolle qui invite le public à la visite aujourd’hui vendredi et tout au long du week-end. Né en 2009, le projet a pris corps à partir de mai 2012 et depuis le mois de mai dernier, l’unité est en période de rodage, fonctionnant  à 25% de ses capacités. “Nous avons un problème de pompage des matières, explique Philippe Moinard, une pompe spéciale à piston va nous être livrée dans 4 semaines. Laquelle acceptera plus de matières sèches.” A partir de là, l’unité d’une puissance de 404 kWh électriques devra fonctionner à 80% de ses capacités, comme stipulé dans le contrat avec le fournisseur. Et Philippe Moinard d’ajouter : “L’objectif pour 2014 est de vendre 8000 heures d’électricité à Séolis soit une recette de 300 000 voire 350 000 euros par  an.” Le Gaec a contractualisé pour quinze ans avec Séolis.
D’autre part, l’unité de méthanisation dotée d’une technologie de voie sèche en continu, produit de l’eau chaude, permettant d’approvisionner un réseau de chaleur. Estimée à 50 000 euros par an, la vente de chaleur est destinée à l’école primaire et au collège de Prahecq situés à 700 mètres du Gaec et bientôt (le réseau est en cours de mise en place) à l’usine d’embouteillage La Fiée des Lois. Chauffés de novembre à avril, l’école et le collège ont besoin de 200 voire 250 kWh thermiques. Ces derniers ont conservé leurs chaudières qui seront sollicitées quand les températures baisseront.  “Nous disposons d’une chaudière biogaz permettant de chauffer l’école et le collège en cas de panne du moteur de l’unité.” L’école et le collège sont prioritaires sur La Fiée des Lois qui nécessite de l’eau chaude été comme hiver. Un approvisionnement qui sera réalisé la nuit - de 5 h à 17 h pour l’école et le collège - mais à la puissance maximale soit 350 kWh thermiques en raison de son éloignement. Enfin, la production d’eau chaude permet d’assurer le chauffage des habitations des associés du Gaec et de fournir de l’eau chaude pour le bâtiment des vaches laitières, pour le système de méthanisation et permet le séchage du foin en balles et des céréales.
Côté financement, le projet a coûté 3 200 000 euros dont 570 000 euros financés par la Région. 

Un repas d’ogre
Sept tonnes de fumier provenant du bâtiment des vaches laitières du Gaec, 5 t de jus du bâtiment et de la plateforme de réception, 11 t d’autres fumiers (de bovins et de caprins fournis par le Gaec Les Pierrières et par l’Earl Bimard), 2,5 t d’issues de céréales (Coréa et société Durepaire), 0,5 t de poussières de la minoterie Rouvreau Récupération, 1 t d’ensilage de maïs, 2 t de menues pailles (cultures des Gaec La Lougnolle et Les Pierrières) et 1 t de pelouse et d’ensilage d’herbe, voilà la liste des besoins “alimentaires” des digesteurs soit une ration quotidienne de 30 t. “On essaie de garder cette ration constante, précise Philippe Moinard. C’est comme avec les animaux, quand on change quelque chose il faut le faire en douceur.” La ration vient alimenter une trémie d’une capacité de 100 m3. Elle  est ensuite envoyée dans le broyeur. Le processus de dégradation va alors pouvoir commencer. L’hydrolyse est une pré-étape à la digestion, laquelle se fait dans deux digesteurs de 25 m de long d’une capacité de 350 m3 chacun.
Les énergies créees sont le biogaz et le digestat. La première produite dans les digesteurs monte dans une poche de 300 m3 située au-dessus. Ce volume permet deux heures de fonctionnement du moteur de cogénération de l’unité de méthanisation. La seconde énergie produite est transportée jusqu’au séparateur de phases qui permet de séparer la forme solide et liquide du digestat. Le digestat solide servira à fertiliser les sols des exploitations et le digestat liquide est transféré dans la lagune de 3800 m3. Il peut encore produire 2% à 3% du biogaz.

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