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Inauguration
La blonde d’Aquitaine nourrit de doux espoirs en Deux-Sèvres

Le 5 juin, la première série de la station décentralisée de Blonde Génétique était installée dans le centre d’élevage de Doux. 61 animaux sélectionnés partout en France sont testés. Le 16 novembre, les reproducteurs qualifiés seront vendus au marché au cadran à Parthenay.

C’est l’histoire d’une réalisation improbable qui n’aurait pu voir le jour sans l’opiniâtreté d’un petit groupe d’irréductibles éleveurs de vaches blondes d’Aquitaine en terre deux-sévrienne. C’est l’histoire, on ne peut plus ambitieuse, d’un centre d’élevage implanté à Doux au cœur d’une zone céréalière. « Une incursion », juge Jean-Claude Mazin, conseiller général en charge des affaires agricoles. Un espoir supplémentaire pour l’élu, de voir les productions animales, source de dynamisme local, se maintenir. Hervé de Talhouet-Roy, conseiller général du canton de Thénezay,  s’enorgueillit d’une telle réalisation, « la troisième des Deux-Sèvres après celle des races parthenaise et charolaise ». Pour le syndicat blonde d’Aquitaine du département, « cette station d’évaluation est une source d’inspiration supplémentaire qui portera le développement de la race dans la région ».

Un atout pour la région
Mercredi 20 juin, à Doux, responsables de la race, élus locaux, partenaires économiques étaient rassemblés pour inaugurer le tout nouveau centre d’élevage. Un outil qui offre à Blonde Génétique l’opportunité de sortir 50 à 60 veaux reproducteurs supplémentaires par an. « Dans la station de Casteljaloux, qui a célébré ses 20 ans en 2011, nous évaluons environ 200 veaux par an. Les deux tiers accèdent à la qualification. Tous trouvent acquéreur », explique Eric Hontang, gérant de l’organisme génétique. Grâce à l’antenne deux-sévrienne, la race Blonde d’Aquitaine espère, avec un peu de prospection, stimuler le commerce.
« C’est un atout pour notre région d’élevage », certifie Jean-Luc Garreau, membre de l’équipe locale qui a porté le projet. Le 5 juin dernier, 61 animaux sélectionnés dans toute la France ont pris place pour six mois dans la structure gérée par Gilles Sarrazin. Cet agriculteur, installé à Doux, disposait d’un bâtiment désaffecté depuis cinq ans.
« C’est la Caveb qui m’a mis en relation avec Blonde Génétique. Je travaillais avec ce groupement de producteurs avant de cesser l’activité d’engraissement en 2007 compte tenu d’une conjoncture que je trouvais favorable à la céréaliculture. » Après plusieurs rencontres, « nous, éleveurs deux-sévriens, avons jugé que Gilles Sarrazin était l’homme de la situation », précise Jean-Luc Garreau. Le professionnel s’occupe des animaux en prestation de services. Il est soumis à un cahier des charges strict qui définit le protocole d’élevage. La ration est calée par l’entreprise Sanders. Le rythme des pesées est également consigné dans le document cadre. « J’ai supporté l’investissement nécessaire pour adapter le bâtiment », note l’entrepreneur. 25 000 à 30 000 euros ont été nécessaires pour équiper la structure. La Région, le  Département, le Pays de Gâtine et la communauté de communes ont accompagné la réalisation à hauteur de 5000 euros environ. « Nous sommes engagés dans un contrat de cinq ans. Une période test qui doit permettre d’appréhender le marché avec plus de précision.» En déléguant le suivi d’élevage à un privé, Blonde Génétique maîtrise les risques financiers. Le choix de la prudence, même si les producteurs des Deux-Sèvres sont convaincus du potentiel du bassin de production qui remonte sur la Vendée, le Maine-et-Loire et la Bretagne. Quatrième département de France en nombre de têtes, les vaillants éleveurs deux-sévriens de blondes d’Aquitaine entendent plus que résister, ils souhaitent conquérir.                 
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