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Visite
À la découverte de la petite Toscane argentonnaise

Loin de la plaine du sud, à équidistance de Bressuire et de Thouars, le village d’Argenton-les-Vallées se tient entre deux rives. Ses ruelles invitent à la promenade, avec une vue imprenable sur des jardins en étages et des bijoux architecturaux.

Vue depuis la rue de la bibliothèque. À gauche, l’ancienne épicerie "À la renommée".
© Léa Calleau

On l’appelait la petite Suisse argentonnaise, avec ses ponts ferrés enjambant les vallées. La cité médiévale d’Argenton-les-Vallées se dresse sur un promontoire rocheux. Ses maisons tendent leur cou pour avoir la plus belle vue sur l’Ouère et l’Argenton, les cours d’eau de part et d’autre de la ville. Sur les rives opposées, la nature est restée sauvage, terrain propice aux randonnées. Depuis la fusion de six communes en 2016, le village fait partie d’Argentonnay, après s’être appelé Argenton le Peuple, puis Argenton-Château.

Pour découvrir ce village vieux d’un millénaire, des visites sont proposées l’été prochain par l’association d’animation de l’Argentonnais (association 3 A). James Hervé, guide et président de l’association depuis dix-sept ans, est un natif passionné de sa cité.

Je vis ici depuis 73 ans. J’aimerais qu’elle devienne une petite cité de caractère », espère cet ancien professeur d’histoire-géographie.

Jadis, une cité florissante

La visite commence rue Porte Viresche, où les devantures fermées restent les seuls témoins d’une activité prospère. « Jusque dans les années soixante, cette rue comptait 80 commerces et artisans, présente James Hervé. Un peu plus loin, au XVIIIe siècle, se tenaient plusieurs foires dans l’année. Il y avait 34 hôtels autour ». Le plus connu, l’hôtel de la Croix Blanche, doit être restauré suite à un incendie. De nombreuses maisons bourgeoises sont encore debout, témoignage extérieur de la richesse des commerçants qui ont fait fortune au XIXe siècle. Aujourd’hui, elles abritent avant tout des services publics.

En poursuivant le périple rue Saint Georges, on tombe sur une maison au charme désuet. Une peinture publicitaire est encore lisible sur un mur : « À la renommée ». Elle désigne le nom de ce commerce, autrefois café, restaurant, mais aussi épicerie et bazar. Sur le bâtiment juste en face, une inscription latine est gravée sur une pierre au-dessus d’une fenêtre. « C’était une pierre tombale, indique-t-il. Le château d’Argenton a aussi servi de carrière ».

Argenton les Vallées
Les toitures en ardoises des demeures bourgeoises sont visibles de loin, ainsi que le clocher de l’église Saint Gilles.

Village millénaire

En quittant le centre bourg commerçant, les noms des rues évoquent tout un passé : rue des Douves, rue des Tanneries, rue de la Frérie, où le cinéma Le Commynes a élu domicile. « Le cinéma tient son nom de la figure emblématique d’Argenton-les-Vallées : Philippe de Commynes, conseiller du roi Louis XI, continue d’expliquer James Hervé. Il a rédigé ses mémoires dans le Château d’Argenton ».

Le château apparaît pour la première fois dans des sources écrites en 1069. Il devient la possession de Philippe de Commynes au XVe siècle, dont il va restaurer l’enceinte et les tours. Il n’en reste aujourd’hui que des ruines, mais subsiste néanmoins la chapelle Saint-Georges, passée dans le domaine public en 2017. Le plus grand Christ en majesté du Poitou y est représenté, dans une fresque de six mètres de hauteur.

En continuant sur la même route vers le Pont Neuf, le plus jeune pont de la cité, édifié au XIIIe siècle, les visiteurs passent sous la porte Gaudin. Des quatre portes qui marquaient l’entrée de la ville, c’est la seule à avoir résisté au défilé des siècles.

La rue des Tanneries donne ensuite à admirer les jardins, déclinés sur sept niveaux de terrasse. « J’appelle ce coin la petite Toscane argentonnaise, surtout à la tombée du soir, on a une très belle lumière qui rappelle l’Italie » , assure cet amoureux de sa ville. Les cuves pour nettoyer les peaux sont toujours en place, au bord de l’eau, preuve encore qu’Argenton-les-Vallées est une archive vivante de son passé.  

À DÉCOUVRIR SANDALES AUX PIEDS
Comme la rue de la Montagne le laisse augurer, il faut se munir de bonnes chaussures et être prêt à grimper pour s’offrir Argenton-les-Vallées ! La beauté du lieu réside dans son relief escarpé. Il existe huit parcours différents. L’association 3A a notamment élaboré une balade autour du TDS, le tramway des Deux-Sèvres. Cette promenade, d’un peu plus d’un kilomètre, suit la ligne construite entre 1895 et 1898. Longue à l’époque de 62 km, elle reliait Bressuire à Montreuil-Bellay, avec sa gare à Argenton-Château. « On pouvait aller d’Argenton à Paris », relève James Hervé. Pour plonger dans la verdure, il faut suivre les pas de « l’Oncle Georges » le long de l’Argenton. Cette balade est inspirée de Georges Jouffrault, un homme passionné par les animaux exotiques qui admirait souvent son clos depuis sa maison bien nommée Belle-vue. S’il ne reste plus de guépard, la végétation demeure, faisant de ce lieu un espace classé Natura 2000. Du côté de l’Ouère, le lac d’Autibus offre un cadre champêtre aux promeneurs. Retrouvez tous les chemins balisés sur www.rando79.fr.

 

Argenton les Vallées
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