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La Safer omniprésente sur le territoire avec de nouvelles missions

Les Safer ont un rôle majeur en matière foncière et donc agricole. Mais depuis quelques années, leur mission s’étend au champ plus général de développement durable des territoires.

La conférence sur le foncier rural organisée ce mardi à Saint-Pardoux avait pour objectif de rappeler que la Safer est un outil au service des politiques publiques.
La conférence sur le foncier rural organisée ce mardi à Saint-Pardoux avait pour objectif de rappeler que la Safer est un outil au service des politiques publiques.
© N.C.

La Safer, outil au service des politiques publiques. La conférence sur le foncier rural organisée ce mardi à Saint-Pardoux avait pour objectif de rappeler cette mission qui s’efface souvent derrière la seule gestion du foncier.
Le rôle de la Safer ne doit certes pas être sous-estimé quand en 2014, en Deux-Sèvres, 500 hectares sur 696 soit 72% des surfaces acquises à l’amiable ou par préemption (15%) sont rétrocédées lors de l’installation d’un agriculteur. Cette fonction demeure depuis cinquante-cinq ans, quand a été mise en place la première politique agricole de modernisation de ce secteur essentiel à l’économie. Au fil des ans et des lois agricoles le rôle de la Safer a été renforcé et de nouvelles missions lui ont été attribuées.
La loi d’Avenir n’y fait pas exception. « Nos missions sont renforcées. Nous sommes de véritables opérateurs au service des politiques publiques  », rappelait Patrice Coutin, président de la Safer Poitou-Charentes.
« La fonction nourricière de l’agriculture doit continuer, elle doit pour cela être compétitive, mais avec une perspective de développement durable : climat, biodiversité, énergies renouvelables… », expliquait Jean-Marie Gilardeau. Ancien maître de conférence à l’université de Poitiers, il a travaillé à l’élaboration de la loi d’Avenir d’octobre 2014 et estime que ce que l’on demande aux agricultures relève désormais « du grand écart ». D’ailleurs, les pouvoirs publics ne fixent pas d’objectifs précis à cette politique. Par l’intermédiaire des groupements d’intérêt économique et écologique, ils demandent aux intéressés de présenter des projets. Les aides suivront si agriculture et écologie vont de pair.
Avec cet exemple, « on continue d’avoir un dessein pour l’agriculture. L’interventionnisme est maintenu », poursuit-il. Ce n’est pas la première fois que les activités directes ou non des agriculteurs sont orientées grâce à des incitations financières dans le but d’accomplir une mission d’intérêt général. Depuis 1992, on oriente l’agriculture vers « la qualité » avec les AOP et autres IGP.
Jean-Marie Girardeau parle alors de « changement culturel » et « d’agriculture multifonctionnelle » quand la fourniture de services est liée à la production de biens alimentaires et à la gestion de l’espace et de l’environnement. La consommation de terres à des fins autres qu’agricoles est encouragée au profit d’espaces protégés pour la faune et la flore. « Il y a quasiment autant de terres qui retournent à l’état naturel que de terres affectées à l’artificialisation, fait-il remarquer.
La Safer est le bras armé de ces nouvelles politiques qui, uniquement agricoles à l’origine, sont devenues rurales. Ses nouvelles missions sont encouragées avec la place que prennent dans son conseil d’administration les collectivités territoriales et les représentants d’associations environnementales. Les membres de la profession agricole porteurs d’une activité économique qui n’est pas remise en cause, auront en face d’eux des défenseurs de la diversité des paysages et des espaces naturels. Ils auront aussi à s’impliquer dans le développement durable des territoires.

Les priorités de la Safer Poitou-charentes
Après une enquête auprès des organisations agricoles de la région, des organismes  toutes filières confondues, des collectivités locales, des associations environnementales et de chasse, ainsi que des agences de l’eau, la Safer Poitou-Charentes a défini ses orientations pour la période 2015-2021. Trois priorités ont été retenues : inscrire durablement l’agriculture et la forêt dans les territoires, participer au développement des territoires ruraux, assurer la diffusion des connaissances.
L’enquête révèle un attachement au renouvellement des exploitations et au maintien de l’élevage, la nécessité de prendre en compte une gestion économe du foncier, de préserver les espaces naturels agricoles et forestiers. La Safer est reconnue comme outils de connaissance des territoires. On lui demande aussi de prendre en compte la valeur ajoutée et l’emploi dans les attributions de biens fonciers.

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