Aller au contenu principal

Commercialisation
L’Abeille Pictave : avancer groupés pour intégrer les rayons de GMS

Depuis un an, les pots de miel « L’Abeille Pictave » ont fait leur apparition dans une vingtaine de grandes et moyennes surfaces de l’ex Poitou-Charentes. Derrière ce nom ? Un collectif d’apiculteurs professionnels convaincus que l’union fait la force.

Gérald Grégoire et Sébastien Pommier ont des débouchés différents : vente directe et grossistes. Avec l’Abeille Pictave, ils développent un débouché commun : les GMS.
© Chloé Poitau

L’idée est venue d’un groupe de travail de l’association pour le développement de l’apiculture (Ada), courant 2018, sur les pistes pour mieux commercialiser les miels locaux de qualité. Prenant la balle au bond, huit, puis sept apiculteurs de Deux-Sèvres, Vienne et Charente unissent leurs savoir-faire pour créer leur propre marque : L’Abeille Pictave.

« Nous avons pu nous appuyer sur la chambre d’agriculture, l’Ada, une classe d’un IUT rochelais et une infographiste pour définir notre concept, réaliser les études de marché, imaginer le packaging », retrace Gérald Grégoire, apiculteur à Fressines (79) et membre du groupement. « Pour le reste, notre fonctionnement est associatif, complète Sébastien Pommier, l’un de ses comparses apiculteur à Villefagnan (16) et Prahecq (79). Nous faisons des sessions communes de mise en pot et d’étiquetage en mutualisant nos équipements. Nous prenons nos décisions à l’unanimité, au terme de longs débats ».

Tous les deux en conviennent, « être ensemble, avec la diversité de nos parcours, est une force pour progresser, et faire partager les fruits de leur terroir au plus grand nombre ».

Faire sa place en GMS

Si son lancement, en mars 2020, n’est pas tombé au meilleur moment (fermeture des magasins en raison de la Covid-19), L’Abeille Pictave a su rester dynamique, s’adapter et franchir mois après mois de nouvelles étapes.

« Nous sommes en train de finaliser notre constitution en groupement d’intérêt économique (GIE), un prérequis pour toquer à la porte des centrales d’achat, indique Sébastien Pommier. À ce jour, nos produits sont présents dans une grosse vingtaine de magasins. Chacun de nous se charge de démarcher autour de soi, en plus de son activité propre, c’est un nouveau métier à apprendre ».

Le groupement, qui de son propre aveu est parti « un peu la fleur au fusil » à l’assaut des GMS, y a rencontré un bon accueil. « Nos prix ont été acceptés (entre 10 et 12 €/kg en fleurs d’été par exemple) et couvrent le prix de production. Nous présentons en outre la particularité de proposer des miels d’apiculteurs professionnels à des tarifs de conditionneurs, c’est compétitif », notent les deux hommes.

Ce qui se révèle plus compliqué, est de faire émerger la marque au sein des rayons, chargés, des GMS. « Nous avons modifié déjà l’apparence de nos pots, en rajoutant la photo des producteurs sur le couvercle et en grossissant la mention « issus de Poitou-Charentes », qui sont deux gages de confiance pour l’acheteur. Néanmoins, les acheteurs de GMS achètent soit les miels les moins chers, soit ceux d’apiculteurs indépendants qu’ils connaissent déjà et qui sont eux aussi présents dans les rayons ».

Pour pallier cette situation, L’Abeille Pictave regarde du côté des agglomérations parisienne ou bordelaise, où les consommateurs en recherche de produits plus sains pourraient constituer un marché prometteur.

Miels de qualité

miel

Avec pour credo « le local pour le local », les apiculteurs de l’Abeille Pictave souhaitent proposer des miels à la traçabilité irréprochable, de la ruche à l’assiette. Dans les pots des trois gammes proposées (miel de printemps, fleurs d’été et forêt), les miels des sept membres du collectif peuvent être mélangés, mais ils respectent tous un même cahier des charges : pas d’utilisation de pesticides ni d’antibiotiques, analyses régulières des miels.

Deux années de suite, le miel de forêt de l’Abeille Pictave a obtenu la médaille de bronze au concours Saveurs de Nouvelle-Aquitaine. Preuve qu’en plus de la qualité, le goût est là. Reste à donner plus de visibilité à la marque (un site internet est en cours de création) auprès des consommateurs pour qu’ils finissent par réellement faire décoller cette abeille pas comme les autres.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agri79.

Les plus lus

En 4L, avec l’agriculture et la mécanique pour bagages
A 18 et 19 ans, Bastien Sémillé et Thomas Rousselot s’embarquent dans l’aventure du 4L Trophy, édition 2023. Pour faire honneur à…
Les coopératives se mouillent pour maintenir l’élevage
Deux bâtiments neufs (l’un pour poules pondeuses, l’autre pour lapins) ont été inaugurés à Gascougnolles et à La Chapelle-Saint-…
Sur les marchés, la Parthenaise tente de trouver l’équilibre
Un point sur le marché de la Parthenaise a été fait à l’occasion de l’assemblée générale de France Parthenaise, vendredi 2…
Quelles règles concernant les nuisances sonores ?

Semer ou moissonner sans que personne ne le remarque est impossible ! Cependant, le bruit ne doit pas…

Le guichet pour les aides de crise ouvre le 22 juillet
Annoncée en mars, l’aide aux éleveurs ayant dégagé un revenu inférieur à 11000€ en 2020 sera mobilisable du 22 juillet au 15…
Éleveurs, ils fournissent 6,5 tonnes de viande par an aux cantines locales
Depuis 2014, treize éleveurs du bressuirais se sont structurés pour répondre aux appels d’offres de la restauration collective…
Publicité