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Porcs
L'agonie de la production porcine : entre indifférence et complicité

La question se pose de savoir combien de temps les producteurs vont pouvoir résister alors que le prix du porc se dégrade et que la hausse du prix de l’aliment en 2011 a fait perdre 22 000 euros à un élevage moyen.

Le prix moyen payé à l’éleveur sur 2011 a peut-être atteint son niveau le plus haut depuis dix ans, comme l’ont fièrement relaté certains responsables du Marché du porc breton, mais ils ont omis de dire que parallèlement le coût de production avait augmenté plus vite engendrant une sanction sans appel pour les producteurs : une perte de 5 centimes par kilo en 2011 soit 22 000 € pour un  élevage moyen. Et la situation continue de se dégrader en 2012.
Cette dégradation, dénoncée par la FNP, s’explique aussi par un renversement de la tendance des prix. « Depuis plusieurs semaines, la baisse des cours du porc est régulière, d’autant que le prix du porc français est le plus bas comparé aux principaux bassins européens », poursuit-elle. Les éleveurs perdent 15 centimes d’euros par kilo. Le cheptel truies décroît, le nombre d’élevages également.
Avec l’obligation de respecter la directive bien-être des truies et la surenchère de réglementations environnementales, l’élevage porcin français pourrait bien ne plus répondre à la demande de consommation française dans les décennies à venir. Pour sortir de ce marasme, il est impératif d’engager un vrai plan de sortie de crise dans lequel chaque acteur a son rôle à jouer et prioritairement les organisations de producteurs.
Pour maintenir le potentiel de production français et pouvoir continuer à proposer aux consommateurs des produits de qualité, tracés sanitairement, le prix payé à l’éleveur doit redevenir rentable dès maintenant. Il faut donc que les  entreprises reprennent le pouvoir c’est-à-dire qu’elles négocient réellement le prix de vente des porcs sans que ce dernier soit imposé par la grande distribution.
Les éleveurs ne doivent plus se considérer comme de simples apporteurs de viande porcine mais comme des entrepreneurs ayant un produit à vendre. De nouvelles négociations doivent être engagées avec la grande distribution pour obtenir une revalorisation du prix du porc payé à la filière. Prix qui doit prendre en compte l’évolution du prix des matières premières. Qu’en est-il d’ailleurs de l’application de l’accord du 3 mai que l’ensemble des acteurs de la filière a signé et qui prévoit des clauses de renégociations de prix ?
Les éleveurs ressentent une très forte indifférence de la part des pouvoirs publics vis-à-vis de la situation économique très difficile qu’ils vivent et un fort agacement envers les entreprises qui laissent percevoir une certaine complicité pour maintenir le prix du porc payé aux éleveurs à un niveau trop bas.
Les producteurs de porcs sont à bout. L’élevage commence à décliner. Laisser croire qu’en faisant disparaître l’élevage de porcs on améliorera significativement la qualité de l’eau est ridicule. Dans nos régions, la production porcine est responsable de moins de 10% de l’azote organique produit. Il faut une réaction rapide et collégiale des acteurs de l’aval de la filière ainsi qu’un réel engagement des pouvoirs publics pour définir une vraie politique d’avenir pour la production porcine française tant au niveau économique que réglementaire. Sans cela, la France remettra en cause son indépendance alimentaire en produits porcins. Quant aux entreprises, elles seront responsables de plusieurs milliers de chômeurs de plus.
Les éleveurs de porcs ont largement rempli leur part du contrat depuis des années en améliorant régulièrement leurs pratiques d’élevage pour rester compétitifs et pour répondre aux attentes sociétales. Aux autres acteurs de la filière d’engager des actions pour être compétitifs et aux pouvoirs publics d’être plus objectifs en commençant par une modification de la réglementation sur les installations classées en la basant sur une quantité globale d’azote produite à l’échelle d’une exploitation et non par type de production.

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