Aller au contenu principal

L'agriculture de conservation questionne la société

La fédération départementale des groupes de développement agricole tenait son assemblée générale, vendredi 22 mars, à Noirterre. L'intérêt technique des vers de terre en agriculture a été l'occasion de faire le point sur les thèmes « agriculture et société ».

Parce que le développement des connaissances sur l’agriculture de conservation s’est fait de manière empirique, au sein de groupes d’agriculteurs, la Fdgeda propose, aux exploitants qui souhaitent faire évoluer leurs pratiques, de les rejoindre.
Parce que le développement des connaissances sur l’agriculture de conservation s’est fait de manière empirique, au sein de groupes d’agriculteurs, la Fdgeda propose, aux exploitants qui souhaitent faire évoluer leurs pratiques, de les rejoindre.
© CHRISTELLE PICAUD

Qui peut supporter la violence d'une tête de mort dessinée à l'entrée de son champ ? « Nous devons sortir de l'hystérie dans laquelle s'inscrit le débat actuel sur l'agriculture », pose Sarah Singla, lors de son échange avec la quarantaine d'agriculteurs présents dans la salle des fêtes de Noirterre. Vendredi 22 mars, l'exploitante accompagnait François Stuck, réalisateur du film « Bienvenue les vers de terre ». La Fdgeda, fédération des groupes de développement agricole, tenait, à l'occasion de son assemblée générale, à proposer de nouvelles pistes de réflexions à ses adhérents. L'agriculture de conservation est l'une d'elles. Mais au-delà de cette approche globale de l'agriculture présentée aux exploitants, le duo qui parcourt la France, son film sous le bras, veut questionner la société sur ses ambitions pour l'agriculture. « Loin du manichéisme dans lequel les pro ou anti chimie voudraient nous enfermer, nous proposons de nous intéresser non pas aux moyens - dont les produits phytosanitaires font partis - mais aux résultats attendus de l'agriculture actuelle ». Que veut-on ? Plus de biodiversité ? Stocker du carbone pour lutter contre les gaz à effet de serre ? Lutter contre l'érosion ? Améliorer le revenu des paysans ? « Il est essentiel d'être au clair sur les objectifs, parce que de ceux-ci découleront les moyens », certifie l'exploitante, installée dans l'Aveyron.

 

Durabilité

Partisans des principes du développement durable, une heure durant, les intervenants ont expliqué aux agriculteurs présents, en quoi selon eux, l'agriculture de conservation des sols est le meilleur compromis pour une agriculture socialement équitable, économiquement viable et écologiquement responsable. « Alors que l'agriculture stagne depuis quelques années en termes de rendement, structurellement, les charges de production augmentent et les prix des denrées baissent. Dans un tel contexte, ce n'est pas une nouvelle technique de production, ou une nouvelle philosophie qu'offre l'agriculture de conservation des sols, mais une réappropriation des fonctionnements naturels au profit des hommes et de la nature ». Le couvert est, pour ce duo, l'arme absolue. « Nous proposons de remplacer le métal de la charrue par le végétal. On ne travaille pas la terre avec des outils métalliques qui détruisent la biologie du sol, mais avec les racines des plantes ». À l'image du fonctionnement de la forêt, cette couverture permanente avec des plantes vivantes, offre les conditions favorables au développement de la vie du sol. Les vers de terre et les champions pour la mycorhization sont des alliés que les agriculteurs doivent domestiquer pour produire suffisamment, tout en respectant le cycle naturel.


Fertilité

« À chaque fois qu'une société a épuisé son sol, elle a fini par disparaître, comme en Mésopotamie. Parce que de la vie du sol dépend sa fertilité, nous faisons une priorité de celle-ci. De la même manière que l'agriculture biologique a ses points faibles - la déstructuration des sols en est un - l'agriculture de conservation, pour régénérer la fertilité de cette couche superficielle qui nous nourrit, peut avoir besoin, dans des cas précis, d'utiliser des pesti-cides (naturels ou de synthèse) ». Sarah Singla rappelle la question qui, pour elle, est essentielle. Quel est le projet pour notre agriculture ? Donner un coup d'arrêt à l'utilisation de la chimie qui n'est qu'un moyen ou baisser fortement la consommation des énergies fossiles, augmenter la biodiversité, régénérer la fertilité des sols pour les générations futures ?

Parce que de la vie du sol dépend sa fertilité, nous faisons une priorité de celle-ci.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agri79.

Les plus lus

Flavien, éleveur de chèvres : « Les rencontres ont fait mûrir mon projet »
Déterminé depuis l’enfance à devenir agriculteur, Flavien Favre a bâti pas à pas son projet. Sa formation et ses expériences sur…
Les jeunes agriculteurs organisent un repas 100% local
Moteurs de la vie rurale, les Jeunes agriculteurs vont proposer aux Deux-Sévriens un repas complet, le samedi 1er mai…
Lettre d’un agriculteur à ses voisins

Je me permets de vous adresser ce courrier car (...) la période des semis des cultures approche à grand pas. J’exploite des…

Quand les haies chauffent le plancher des poules
A la faveur de l’installation d’un jeune agriculteur, en mai 2020, le Gaec Baulieu, à Echiré, a investi dans de nouveaux…
La maraîchine, une bière locale « du champ au verre »
Deux brasseries artisanales, ancrées dans le Marais poitevin, se sont associées pour créer une nouvelle bière marquée « Valeurs…
Attention au risque incendie

Depuis l’incendie d’un hangar à St Martin de Bernegoue le 10 avril, quatre nouveaux sinistres ont été enregistrés dans…

Publicité