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L’analyse de terre permet une fertilisation raisonnée

Le Gaec du Moulin à Vent pratique les analyses de sol. En croisant les données sur la composition des sols avec celles de la composition des effluents de l’élevage analysés tous les ans, les exploitants raisonnent la fertilisation au plus près des besoins des cultures.

Patrick Déchaine raisonne la fertilisation des sols à partir d’analyses reconduites tous les six ans environ sur une même parcelle.
Patrick Déchaine raisonne la fertilisation des sols à partir d’analyses reconduites tous les six ans environ sur une même parcelle.
© DR

Depuis vingt ans, le Gaec du Moulin à Vent raisonne ses apports d’engrais. Pour doser au plus près des besoins des cultures à coût maîtrisé, Patrick Déchaine et ses associés sont adeptes des analyses de sol. Tous les ans, quatre échantillonnages sont effectués à Lusseray. « Cette année, nous allons particulièrement nous concentrer sur les parcelles qui supportaient un maïs-grain en 2010 et qui supporteront encore un maïs-grain en 2011 », fixe Patrick en charge des cultures au sein du Gaec. Ces îlots ont déjà été contrôlés il y a six ans environ. Il s’agit pour les associés de s’assurer que le sol ne s’appauvrit pas. Effectivement, forts d’une connaissance très précise de la composition de leurs terres, depuis quelques années les exploitants agricoles se sont risqués aux impasses dans la fertilisation de fond. Progressivement, seuls les apports d’azote sont restés systématiques. Pour le reste, les agriculteurs privilégient l’apport via les effluents de l’élevage laitier de la ferme. Selon l’état de la matrice, la richesse des lisiers et fumiers de l’élevage et l’objectif du couvert envisagé, ils programment ou non la dépense en phosphore, potasse et oligo-élements. « Une dépense que les agriculteurs ont dans leur ensemble divisée par deux ces dix à quinze dernières années », évalue Jean-Claude Lamy, négociant à Lusseray. Les apports de phosphore et de potasse se sont réduits sous la pression de la flambée des cours et des exigences environnementales. « En 2008, les prix ont été multipliés par trois. Depuis ils sont redescendus mais risquent fort cet hiver de croître à nouveau », précise l’opérateur dont le métier a évolué en même temps que le contexte économique. Les technico-commerciaux travaillent pour que les préconisations soient au plus près des besoins de la culture. De nouvelles formes de produits permettent des apports plus justes. Phosphore liquide ou engrais foliaires intéressent les agriculteurs. 

Hormis sur les surfaces dédiées au maïs ensilage, à la luzerne et aux prairies, les effluents d’élevage constituent la fumure de fond au GAEC du Moulin à Vent. « En moyenne, compte tenu de la rotation des cultures, toutes les surfaces bénéficient d’un épandage tous les deux ans », détaille Patrick Déchaine. Chaque année, les résultats des analyses de sol sont encourageants. « Elles ne révèlent aucune carence dangereuse », affirme l’agriculteur. Il porte toutefois un regard attentif sur la teneur en acide phosphorique. 

« Sur nos terres, cet élément à tendance à décrocher rapidement. » L’agriculteur vise d’un œil attentif des données caractérisant cet élément sur les analyses de terre. L’économie engendrée par la meilleure maîtrise de la fumure sur la ferme ces dernières années, vaut largement cette attention particulière. « Une analyse de terre nous coûte 52 euros environ. » L’investissement est vite rentabilisé. 

 


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