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Le café à Melle, boulevard des relations sociales

Le Café du Boulevard à Melle est un lieu de tranquille effervescence. On y partage ses idées politiques, ses goûts musicaux, le plaisir d'un café ou encore des parties de jeux de société. Autant d'occasions données aux Mellois de se retrouver.

Sur des banalités ou bien l’actualité, parfois sur des sujets plus passionnants, l’échange amène les gens à la considération de l’autre… pour quelques minutes ou davantage.
Sur des banalités ou bien l’actualité, parfois sur des sujets plus passionnants, l’échange amène les gens à la considération de l’autre… pour quelques minutes ou davantage.
© N.C.

«Nous avons essayé de nous inscrire dans le mouvement des cafés repaires. Ca n’a pas marché. Les gens n’ont pas adhéré. » Aucun regret, aucune déception pour Jérôme Bonneau, l’un des 11 associés de la Sarl Le Boulv’art. « Notre volonté est d’initier des projets, pas de les porter. » Cette philosophie venue du lien que les gérants du Café du Boulevard ont entretenu par le passé avec le mouvement d’éducation populaire, séduit à Melle. Le café du centre-ville connaît une fréquentation remarquée.
Jérôme Bonneau, Sylvain Griffault et Sébastien Champion, ont repris en 2006 plus qu’un bar, un lieu de vie. « Si l’on est seul et que l’on ne souhaite pas le rester pour déjeuner, il faut venir ici. Volontairement nos clients sont invités à prendre place les uns à côté des autres. La proximité favorise la discussion. » Sur des banalités ou bien l’actualité, parfois sur des sujets plus passionnants, l’échange amène les gens à la considération de l’autre… pour quelques minutes ou davantage. De ce melting-pot sortent des idées, parfois des envies qui se transforment en projets.

Susciter des initiatives
« Lorsque Stéphane Ribrault a cédé son affaire, notre souhait était de poursuivre sur la voie qu’il avait ouverte. » La programmation musicale – une dizaine de concerts par an à l’époque ; 40 aujourd’hui - allait faire partie du projet qui autant que la culture devait promouvoir l’initiative. « Une personne, un groupe de personnes a une idée, un projet. Nous réfléchissons avec lui à sa possible réalisation. Nous accompagnons si besoin sa mise en œuvre. » Et vogue…  Si l’initiative s’inscrit dans la durée, c’est bien. Si l’adhésion n’y est pas, elle s’arrêtera. L’initiateur pourra toujours se satisfaire de l’avoir portée jusqu'au bout. « Nous animons un lieu de rencontre, un lieu d’échange et de partage. Un lieu de conflictualité politique », ambitionne Jérôme. Ici, chacun est invité à exprimer son opinion, l’argumenter, la défendre jusqu’à « s’engueuler » avec les autres si besoin… La contradiction est possible ; encouragée même que l’on parle politique, musique, actualité. « Il y a quelques années, jazz et chansons françaises composaient l’essentiel de la programmation. Un jour, quelques jeunes aujourd’hui fédérés au sein de l’association Mellesmells ont proposé de lancer un programme rock. Plus à leur goût. Ils se sont pris en main. Nous sommes à la troisième saison. Le style plaît.  »

Riche de relations humaines
Ici on n’impose pas, on propose. A une exception près, reconnaît volontiers Jérôme : « L’éthique ». Sur ce point, les associés et leurs trois salariés sont sans concession… ou du moins essaient. En plein cœur de Melle, petite ville du sud Deux-Sèvres de 4000 âmes, le badaud qui fait une halte au Café du Boulevard ne se voit pas servir l’éventuel coca-cola souhaité. Une question de principe pour Jérôme et ses associés. Le leadership du groupe à l’échelle internationale irrite ici-bas.
Proche des principes de l’économie sociale et solidaire, dans ses pratiques l’équipe respecte autant que possible les valeurs de ce concept. « Nous avons fait des choix que l’on assume et qui majoritairement sont partagés par les gens qui fréquentent le bar », estime le gérant. Adeptes du « home made », tant pour des raisons environnementales que de satisfaction de la clientèle, les associés cultivent un jardin. Bon nombre des produits qui composent les repas servis au Café du Boulevard en sont issus.
Une brasserie, idée ramenée d’un voyage au Québec, a également vu le jour. A quelques mètres du bar, deux des bières servies au comptoir y sont produites : l’Ortige et la Blanche à Tertous. « Notre modèle économique tient la route », juge le gérant. Depuis huit ans, l’affaire tourne, se développe. « Si nous sommes tous conscients que nos choix ne nous mèneront pas à la fortune, nous sommes par ailleurs convaincus de vivre quelque chose d’exceptionnel sur le plan des rapports humains », affirme Jérôme dont le prochain projet serait de voir la structure juridique de l’outil évoluer. La transformation de la Sarl en Scop est un idéal, confie-t-il. Un statut plus proche de la philosophie qui anime chacun des metteurs en scène de la vie au Café du Boulevard.

Au programme cet été

Devant le café, La Ronde des jurons présente les mercredis sur la route, à partir de 21 h 30 (gratuit). Le 9 juillet, Le Pain des fous. Le 16 juillet, Jim Murple Mémorial. Le 23 juillet, Le Pied de la pompe. Le 30 juillet, Besh o Drom. Le 6 août, Pacho Combo. Le 13 août, The Hedgehog Sextet.

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