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« Le congrès de la Fnsea 79 est l’événement fort de l’année »

A quelques jours du congrès qu’il présidera, le 20 février, Alain Chabauty explique l’enjeu de la transmission, thème de cette journée. Et de son corollaire, la rentabilité des exploitations.

Alain Chabauty, président de la Fnsea 79.
Alain Chabauty, président de la Fnsea 79.
© N.C.

Vous avez fait de la transmission le thème de votre AG, quelle est votre analyse sur le sujet?
Nous avons fait le choix d’aborder ce sujet car il s’agit de l’enjeu majeur de la profession sur le court et moyen terme. Il faut rappeler que le nombre de départs en retraite va être multiplié par 3 dans les cinq ans qui viennent. La façon dont notre secteur négociera ce virage déterminera le visage de l’agriculture de demain. Il semble que progressivement notre secteur et les pouvoirs publics prennent conscience du défi qui nous attend mais nous nous devons de trouver des solutions.
La première solution est que pour qu’une transmission soit réussie, il est nécessaire de la préparer suffisamment en amont. Transmettre une exploitation est beaucoup plus compliqué que transmettre une PME. Il faut s’attarder par exemple à la façon de transmettre le foncier, au positionnement des bâtiments vis-à-vis des maisons d’habitation, à la transmission du cheptel qui représente un capital important et enfin tenir compte de la vivabilité de l’exploitation.
Ensuite, il nous faut absolument attirer des jeunes, notamment des jeunes hors cadre familial si l’on veut répondre à l’augmentation des départs en retraite. Pour cela, nous devons nous mobiliser pour communiquer sur notre métier.
Il nous faut aussi établir une véritable approche gagnant/gagnant entre les jeunes et les cédants, notamment au sujet du montant de la reprise de l’exploitation. Transmission ne veut pas seulement dire installation. Il y a de nombreuses exploitations qui ont besoin d’être confortées dans notre département et nous nous devons aussi de travailler sur ce dossier.
Enfin, on peut seulement réussir une transmission quand la rentabilité est là. C’est notre premier cheval de bataille.

Vous parlez de rentabilité, quelle est la situation des agriculteurs dans le département ?
La situation est complexe dans bon nombre de productions et pas seulement dans les exploitations d’élevage. C’est notamment le cas en viande bovine et dans les élevages caprins mais aussi chez nos céréaliers. Les terres des Deux-Sèvres ne sont pas des terres naturellement céréalières permettant de sortir des rendements à trois chiffres. Quand le prix du blé descend en dessous de 150€/t, nos céréaliers se retrouvent en difficulté notamment ceux qui sont situés dans des zones intermédiaires.
Un chiffre illustre les difficultés de la ferme deux-sévrienne : il s’agit du doublement enregistré à la MSA Sèvres-Vienne des retards de paiement de cotisations. Face à ce constat, notre combat collectif doit être axé sur le prix.
Sur le plan individuel, il est important de se pencher sur la maîtrise des charges. L’autre sujet de préoccupation est la réforme de la PAC et l’attente interminable des derniers arbitrages. Je dois dire que sur ce sujet, l’Etat est irresponsable. J’ai l’impression que le ministère n’est pas à la hauteur et c’est inquiétant. Dans ce cadre, nous avons répondu positivement à l’appel à mobilisation de la Fnsea et nous nous rendrons à la Draaf ce vendredi pour montrer notre mécontentement et obtenir des réponses.
Enfin, pour renforcer la rentabilité des exploitations, il est nécessaire de soutenir les projets de développement en tous genres. Dans notre département, il est de plus en plus compliqué de mettre en œuvre des projets pour créer de la valeur ajoutée. Il est crucial que les projets qui sont bloqués aujourd’hui puissent trouver une issue favorable car si nous n’aboutissons pas, cela donnera le signal qu’il est impossible de moderniser dans notre département.

Quelle est votre ambition pour ce congrès ?
Le congrès est l’événement fort de l’année, un moment important dans la vie à la Fnsea 79. Il permet de faire le point sur l’activité de l’année 2014 et de se projeter à court et moyen terme. Nous avons décidé cette année d’avancer ce congrès au mois de février afin de favoriser la participation de nos adhérents. Nous avons aussi fait le choix avec le sujet de la transmission de traiter un sujet qui parle à tous, jeunes ou moins jeunes. J’attends dans ce cadre une forte participation de nos adhérents. Nos responsables cantonaux et communaux sont en ce moment à l’œuvre pour mobiliser leur territoire. J’espère vraiment que ce congrès marquera l’histoire de notre structure.

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