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Dossier épandeur
Le fumier, une noble matière

Cette semaine, retrouvez un dossier épandeur dans votre journal Agri79. Le travail effectué sous la pression réglementaire offre aujourd’hui une longueur d’avance aux exploitants affectés par l’envolée des prix des engrais chimiques.

Contraints par la réglementation d’abord et la flambée des prix de l’engrais chimique aujourd’hui, Serge (à gauche) et Patrick (à droite) Moreau affinent la gestion de la fertilisation sur l’exploitation.
Contraints par la réglementation d’abord et la flambée des prix de l’engrais chimique aujourd’hui, Serge (à gauche) et Patrick (à droite) Moreau affinent la gestion de la fertilisation sur l’exploitation.
© Christelle Picaud
408 euros la tonne. Patrick et Serge Moreau n’en reviennent pas. Cette année, malgré leur prudence, ils doivent mettre sur la table, 178 euros de plus que l’an dernier pour acheter une tonne d’azote. « Compte tenu des envolées constatées, nous avons choisi cette année d’anticiper », commentent-ils. Début juin, avec Philippe Blondeau, conseiller à la chambre d’agriculture des Deux-Sèvres, les exploitants ont calé l’assolement, bouclé le plan de fumure et dans la foulée commandé et réglé les engrais nécessaires pour la saison culturale à venir. « Nous bloquons ainsi les prix », expliquent les exploitants, prudents et déterminés à peser leurs apports. Dans le contexte économique actuel, « l’approximatif » n’a pas sa place. La rigueur, la précision sont des qualités dont les chefs d’exploitation se doivent d’être pourvus. « La pression économique ces derniers mois s’ajoute à la pression réglementaire des dernières années », constatent les frères Moreau, satisfaits de la longueur d’avance que leur offre, le travail conduit au cours des quatre dernières années en matière de gestion des effluents. Noble déchet « Il y a quelques années, nous n’hésitions pas à mettre du fumier sur la luzerne. » Une erreur agronomique qui avec le recul de l’expérience et une maîtrise technique accrue fait sourire les éleveurs. « Il y a dans l’agriculture comme ailleurs des croyances, des idées reçues qu’il faut savoir oublier », encouragent Serge et Patrick. Conseillés par Philippe Blondeau, ils ont affiné leurs connaissances sur les besoins des plantes. Progressivement, et grâce aux résultats enregistrés, le fumier, sur l’exploitation, a changé de statut. « Déchet dont on se débarrassait par l’épandage sur tous les terrains », le résidu de l’élevage est devenu aux yeux des agriculteurs une noble matière. En respectant, dans la mesure du possible, les consignes du plan de fumure, l’engrais organique permet aux exploitants de faire l’impasse sur le premier apport, la fertilisation de base, soit une à deux tonnes d’engrais chimiques à l’hectare. Intérêt économique Prudents les premières années, Serge et Patrick sont aujourd’hui convaincus des bienfaits de l’utilisation des matières organiques de l’exploitation. Dans la limite des conditions météo, les gestionnaires respectent les termes du plan de fumure. Quatre ans après leurs premières expériences, ils reconnaissent toutefois marquer encore quelques craintes « et notamment sur la capacité du fumier à transmettre au bon moment ses qualités intrinsèques ». En rajoutant un peu d’engrais chimiques, hier les chefs d’entreprise assuraient leurs rendements. Cette stratégie, qui se défend d’un point de vue économique lorsque le prix du blé est élevé et le coût de l’engrais faible, ne tient plus dans le contexte actuel. Alors que le prix de l’azote a flambé de 177 %, le prix du blé commercialisé depuis la récolte 2 008 accuse, par rapport à la moyenne de l’an passé, une baisse de 21 %. Christelle PicaudCarte d’identité : le Gaec de la Planche - Exploitation d’élevage située à Fors (79), le Gaec de la planche compte deux associés. L’entreprise emploie un salarié à temps plein. La production des 60 vaches laitières permet d’honorer le quota annuel de 436 000 litres de lait. La ferme s’étend sur 312 ha. En 2008-2009 l’assolement est le suivant : 114 ha de blé ; 16 ha d’orge ; 54 ha de colza ; 47 ha de tournesol ; 6 ha de pois ; 27 ha de prairies permanentes ; 14 ha de maïs ensilage ; 25 ha de prairies temporaires.
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