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Installation en agriculture, Deux-Sèvres
Léa veut s’installer, malgré les difficultés

Malgré une conjoncture en berne en bovins allaitants, Léa Izambart fourmille d’idées pour amener un nouveau souffle à l’exploitation, alors que son installation ne sera effective que dans un an. Pour le plus grand bonheur de son père, à dix ans de la retraite.

Léa Izambart
Les Izambart commercialisent la viande de leurs Limousines auprès d’un marchand de bête. Leur troupeau est au pré du 15 mars au 15 novembre, l’exploitation de Saint-Hilaire-la-Palud disposant de 60 ha de prairies, sur le total de 122 ha de SAU.
© Chloé Poitau

Ses deux aînés l’ont regardée avec des yeux ronds quand elle a fait savoir sa volonté de travailler sur la ferme « avec papa » : aura-t-elle les épaules ? Le « financier » suivrait-il ? Pour Léa, il y a une solution à chaque problème, pour peu qu’on les prenne un par un. « Nous avons des équipements, comme la pailleuse, qui limitent l’effort physique, indique-t-elle. Et depuis mars, nous sommes accompagnés par le Cerfrance pour détailler le plan juridique et économique de mon installation ».

« Pas de pression, c’est naturel »

La jeune femme, titulaire d’un bac pro technicien agricole obtenu à la MFR de Saint-Germain-de-Marencennes (17), ne se voit pas faire autre chose. « J’ai baigné depuis toute petite dans l’ambiance de la ferme et aujourd’hui, c’est amplement mon choix de devenir agricultrice. Ce que je préfère, c’est le soin aux animaux, à notre troupeau de 24 Limousines. On s’entend bien avec mon père, qui gère un peu plus la partie travaux des champs. Même si je râle souvent, c’est une force de travailler ensemble, et je sais que rien n’est fermé : si je veux faire autre chose, m’installer ailleurs plus tard, je n’aurais qu’à revendre mes parts ».

« Sa vision a achevé de me convaincre à passer en bio", exprime Stéphane Izambart

De son côté, son père aimerait que Léa se penche un peu plus sur l’administratif et la comptabilité, et il l’implique de plus en plus dans les démarches pour qu’elle se familiarise avec. Lui qui, à dix ans de la retraite, n’avait pas commencé à penser à sa transmission, voit émerger avec sa fille une première possibilité de reprise de la ferme. Elle, jamais en panne d’idées, imagine des prolongements, comme la co-installation avec l’un de ses cousins de son âge, qui suit aussi un parcours agricole.

Refaire des projets

Si la Covid-19 a considérablement ralenti les démarches (avec le Cerfrance et dans le parcours classique d’installation) et si l’ambiance morose comporte son lot d’inquiétudes (les broutards ne sont pas toujours partis cette année, la récolte 2020 n’a pas été bonne, la pression foncière dans le marais rend difficile le vœu de trouver 20 ha supplémentaires pour s’agrandir), la perspective de l’installation de Léa amène un souffle nouveau et une réflexion sur le système de l’exploitation. « Sa vision a achevé de me convaincre à passer en bio, exprime Stéphane Izambart, qui constatait déjà chez ses voisins bio des rendements corrects, et qui pourra partager avec eux le matériel. Nous aimerions aussi agrandir le troupeau, garder les génisses. Et, complète l’agriculteur, aussi pompier volontaire (lire ici), créer un tunnel à foin pour le sécuriser ». Il y aura aussi l’achat d’une herse étrille d’ici l’année prochaine, « mais d’occasion. L’idée n’est plus de faire de gros investissements avec les banques mais de viser petit, et autonomie ».
Léa et son père disposent d’une multitude d’autres pistes à explorer : développement de la vente directe, ateliers porcs et poules marandaises, accueil à la ferme… Décalée par le contexte sanitaire, l’installation de Léa ne pourra pas être effective avant le 1er janvier 2022 minimum. De quoi lui laisser le temps, avec son père, de peaufiner leur projet afin de mieux cerner l’avenir.

Cet article peut vous intéresser : Avec le parrainage, Mathieu a enfin pu s’installer

 

L’installation deux-sévrienne en 2020
67 dossiers de demande de dotation Jeune Agriculteur (DJA) ont été présentés en commission départementale d’orientation agricole (CDOA) en 2020. En raison de décalages de dossiers à début 2021, la tendance de légère baisse se lisse finalement et la DJA moyenne s’élève à 24 765 euros. On note une progression des projets hors cadres familiaux (43 %), le nombre de projets en agriculture biologique (25 %) et en société (35 %) reste stable. Le premier CDOA de 2021, le 26 janvier, représente un démarrage très intéressant avec 23 dossiers (11 hors cadre familial et 70 % en société). La période de pandémie semble avoir sensibilisé à la transition énergétique, notamment au stockage de carbone via le plan de relance, et les projets d’installation peuvent servir de support de réflexion sur ces thèmes. Les prochaines dates de stages 21 heures seront à Thouars à partir du 25 février et à Parthenay à partir du 22 mars.
Contact : Emmanuel Bonnin – Point Accueil Installation - 05 49 77 10 39 - accueil.installation79@gmail.com.
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