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BASE
Les couverts végétaux, un plus pour le sol et la culture

Cent dix agriculteurs ont participé à la journée du groupement BASE 79, le 8 décembre, à Repéroux. Semis direct et développement du matériel étaient à l’ordre du jour.

Ulrich Schreier en conférence le 8 décembre à Repéroux.
Ulrich Schreier en conférence le 8 décembre à Repéroux.
© DR

Manfred Wenz, agriculteur bio allemand et son collaborateur Ulrich Schreier étaient les invités de la journée du 8 décembre organisée par BASE 79. Manfred Wenz a commencé sa carrière dans les années 50, en agriculture conventionnelle, sur une exploitation située dans la plaine du Rhin, de l’autre côté de l’Alsace. Avec des rotations courtes maïs-blé, les rendements sont tout d’abord au rendez-vous. Au bout de quinze ans, la structure de ses sols de sables, graviers, limons argiles, se dégrade. Il pense à changer de système et décide de s’orienter vers l’agriculture biologique. Son système subit encore quelques modifications jusqu’à ce qu’Ulrich Schreier vienne travailler avec lui. Manfred utilise alors un semoir de type néo-zélandais, à soc en T inversé. Cet outil permet de scalper la végétation. La graine est déposée derrière le soc sur le lit de la semence puis le sillon est refermé. Ce système bouleverse donc les premiers centimètres du sol. C’est une concession à faire puisqu’il ne dispose pas d’outils phytosanitaires pour éliminer les adventices. Aujourd’hui, sa rotation est de cinq à sept ans, basée surtout sur des cultures d’automne, blé tendre, seigle mais aussi du soja. Les cultures sont implantées directement dans un couvert végétal qui sera roulé avant ou après le semis. En dehors des préparations biodynamiques, les cultures ne reçoivent aucun apport de fertilisant. Semis et récolte sont les seules interventions réalisées sur la parcelle. Une année de la rotation est blanche : du trèfle blanc est semé au printemps sur un sol couvert par les adventices. Il sera fauché deux à trois fois durant l’été, et à chaque fois, le fourrage est laissé au sol. A chaque fauche, le trèfle blanc reprend l’avantage sur les adventices présentes, ce qui permet de se débarrasser du vulpin par exemple. Bien que très critiqué au départ, aujourd’hui, le système de Manfred Wenz fonctionne avec de meilleurs rendements que ses voisins bio en système labour.

L’après-midi était consacrée à la faisabilité du colza avec un couvert associé en semis direct. Gilles Sauzet, du Cetiom, est venu présenter les résultats de deux années d’expérimentations sur ce sujet. Après un plafonnement des rendements de colza en Champagne berrichonne, une enquête a été réalisée sur 250 parcelles en argilo-calcaire et 250 parcelles en sols de limons profonds pour comprendre les causes agronomiques : croissance automnale faible, mauvais usage de l’azote disponible courant montaison, enherbement important en géranium.

 

Un bilan positif

Des essais de colza semés avec un couvert, en semis direct et en travail du sol à l’automne, ont alors été mis en place en 2008. Les couverts choisis sont essentiellement des légumineuses, qui sont gélives et ainsi détruites dans l’hiver en libérant l’azote produit et piégé pour le colza à la reprise de végétation. « Le bilan est positif, la biomasse hivernale est peu préoccupante dans la mesure où les colzas atteignent au minimum une biomasse verte de 500-600 g/m² en hiver. La longueur du pivot est bien plus importante et c’est pourquoi il faut viser au moins 15 cm de pivot à l’entrée de l’hiver. La présence d’une culture associée permet de limiter la croissance des adventices mais pour limiter la levée des géraniums, il faut semer en direct, à vitesse réduite (6-7 km/h) sans flux de terre », a indiqué Gilles Sauzet. Et d’ajouter : « Pour assurer un rendement convenable, une biomasse verte de 5 kg/m² de colza au stade floraison est nécessaire. Les essais montrent qu’on obtient en moyenne 1 kg/m² de plus pour les colzas cultivés avec couvert ». Le Cetiom observe ainsi sur les récoltes 2009 et 2010, un gain de 4 q/ha pour le colza cultivé en mélange avec les couverts (lentille ou mélange gesse + lentille + fenugrec ou vesce).      

Réussir un colza avec couvert


Dans tous les cas de figure, la première règle pour réussir un colza est de soigner l’implantation. C’est pourquoi, pour implanter du colza en direct, il est important de le faire sur des sols à bonne structure.


Ensuite, il faut choisir des cultures associées adaptées : la féverole et le fenugrec s’en sortent bien dans toutes les situations.  La lentille,  la gesse ou l’association gesse+fenugrec+lentille montrent de meilleurs résultats en sols profonds. Les espèces non légumineuses comme la caméline, le niger ou le sarrasin sont à réserver aux sols non limitants en azote et en eau.


Enfin, semer tôt afin d’assurer un bon développement du colza à l’automne, avant le 25 août.

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