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Syndicalisme
Les éleveurs dressent le couvert au rond-point de la Fourchette

Vendredi 20 août, les adhérents de la FDSEA servaient viandes et produits laitiers aux automobilistes. Le temps d’un casse-croûte, les producteurs partageaient avec leurs concitoyens les raisons de leurs difficultés.

Aude, Sébastien et leurs deux filles se sont arrêtés quelques instants pour échanger avec les producteurs mobilisés.
Aude, Sébastien et leurs deux filles se sont arrêtés quelques instants pour échanger avec les producteurs mobilisés.
© DR

L’actuel prix d’achat de la viande bovine aurait un temps été jugé moyen. « Nous sommes loin des insupportables cours des années 1996 ou 2000 », reconnaît Louis-Marie Biraud, pourtant très inquiet. Ces derniers mois, la Caveb multiplie les actions d’accompagnement financier. Dans les élevages, les trésoreries sont exsangues. L’augmentation des charges subie ces trois dernières années pèse lourdement sur les résultats. Les bénéfices se sont effondrés. La sécheresse de cet été et ses conséquences sur les stocks d’alimentation pour l’hiver, laissent peu d’espoir pour obtenir un résultat positif en 2010. « C’est la goutte d’eau, si je peux me risquer à ce jeu de mots, qualifie Alain Chabauty, président de section bovine de la FDSEA. De nombreux producteurs envisagent la décapitalisation pour payer la nourriture des animaux qui resteront en production. C’est insupportable. Il est impératif que les cours remontent au minimum de 50 centimes par kilo de carcasse. » 

Vendredi 20 août, les producteurs de viande mais aussi de lait sont venus chercher le soutien des consommateurs et des citoyens. Au rond-point de la Fourchette, à Bressuire, à partir de 11 heures, les éleveurs conviaient les automobilistes à une pause déjeuner. Viande bovine, viande ovine et produits laitiers étaient au menu. Se régalant du fruit du travail des éleveurs, les invités renseignés sur les difficultés économiques que rencontrent les exploitations agricoles, partageaient l’amertume des producteurs. « Ils travaillent beaucoup et gagnent peu », jugeait Ginette. Son mari André, retraité, compare la situation des agriculteurs à celle de nombreuses PME françaises « pour lesquelles  l’Europe aurait pu être une belle aventure si l’Europe politique existait vraiment, si les obligations des uns étaient celles des autres, si l’on fermait nos frontières à tous les produits qui ne respectent pas les règles que l’on impose à nos entreprises. La concurrence déloyale gangrène l’économie française », affirmait-il.

Cette compassion du grand public, Patrice Coutin, président de la FDSEA, espère la voir se transformer en soutien. Par ces échanges emprunts de convivialité, il espère obtenir un engagement des consommateurs à manger prioritairement des produits français. 

« Avec la disparition de l’élevage mourront de nombreux emplois au cœur des territoires. La désertification du milieu rural viendra en même temps que la baisse du nombre d’agriculteurs. L’avenir de l’agriculture nous concerne tous. » 

 

Rétablir un équilibre au sein de la filière

Ce soutien de la population est essentiel selon le syndicat agricole déterminé à peser sur les décisions politiques à venir. « Nous exigeons que l’observatoire des prix et des marges décrété par la loi de modernisation agricole soit rapidement  mis en place. Ce dossier n’avance pas », dénonce le représentant de la FDSEA. « C’est pourtant dans le déséquilibre de la relation entre l’amont et l’aval des filières que de nombreuses difficultés trouvent leur source, poursuit Alain Chabauty.  La production fait face à des mastodontes tels que Vion ou Bigard. Ces derniers occupent une place majeure sur le marché. La production doit s’organiser pour gérer l’offre et donc le prix des produits que ces opérateurs lui achètent. » Cet effort de l’amont ne pourra se faire sans le soutien des politiques et donc de la mise en œuvre d’un cadre législatif qui rétablisse un certain équilibre au sein de la filière, revendiquent  les syndicalistes.               


« Il faut une augmentation de 20% du prix à la production »

La FNB annonce qu'il est impératif d'augmenter de 20% le prix à la production. Une nécessité pour compenser « les prix actuels des bovins au plus bas, les revenus et trésoreries des exploitants laminés après quatre ans d'absence de rentabilité, les impacts de la sécheresse et la nouvelle hausse des coûts de production ». Le respect des normes imposées au niveau national pour les viandes bovines importées des pays tiers ainsi que « la mise en œuvre d'un plan de soutien dont la principale mesure doit être « une année blanche » sur le remboursement des annuités d'emprunts des éleveurs » font aussi partie des mesures prioritaires pour la FNB. Ce plan de soutien devrait être accompagné d'un ensemble de dispositifs d'aides et d'appui à la trésorerie (avances de versement sur les primes Pac et PMTVA 2010, aides calamités agricoles, prise en charge des cotisations MSA et de la Taxe sur le foncier non bâti…).

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