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Dossier Ovins
Les exploitations ovines asphyxiées sous le poids des charges

Cette semaine dans un Agri79 un dossier de cinq pages consacrés à l'élevage d'ovins. Témoignages, explications et exemples sont présentés. Jacques Ingremeau, président de la section régionale ovine revient sur le contexte de la production d'ovins.

Depuis trois ans, le prix moyen de l’agneau se maintient. « C’est notamment parce que de gros efforts ont été faits pour étaler la production sur l’année », note Jacques Ingremeau. Le responsable appelle à des solutions techniques pour faire face à la hausse des charges. Il reste toutefois prudent.
 « L’approvisionnement régulier du marché doit être préservé ».
Depuis trois ans, le prix moyen de l’agneau se maintient. « C’est notamment parce que de gros efforts ont été faits pour étaler la production sur l’année », note Jacques Ingremeau. Le responsable appelle à des solutions techniques pour faire face à la hausse des charges. Il reste toutefois prudent.
« L’approvisionnement régulier du marché doit être préservé ».
© Christelle Picaud
Bien difficile, ces derniers mois, de garder le cœur à l’ouvrage en production ovine ?
Jacques Ingremeau : Le quotidien est sombre. Les annonces des politiques, ministre de l’Agriculture et président de la République, nous laissent l’espoir de jours meilleurs. Pour les éleveurs d’ovins, l’horizon ne se dégagera que lorsque les promesses seront actées.

Quelle est la nature de ces actes attendus ?
Une enveloppe de 17 millions d’euros pour l’année 2008. Cette somme permettra de reconduire le dispositif « minimi ». En 2008, il devrait être accessible aux élevages dont le chiffre d’affaires de la production ovine représente 30 % du chiffre d’affaires global de l’exploitation. Cette mesure d’urgence doit permettre aux éleveurs de reconstituer leur trésorerie.
Très rapidement, nous souhaitons l’officialisation d’une seconde enveloppe de 170 millions d’euros, par le biais de la modulation des aides. L’article 69, permettant le transfert aides d’un secteur vers un second secteur en crise, est réformé. En accordant ces deux points de modulation, l’Europe dotera la prime à la brebis de 27 euros supplémentaires. Un minimum pour que les éleveurs d’ovins, les laissés pour compte de la politique agricole commune, arrivent à nouveau à dégager un revenu de leur activité.

Pourquoi l’Union Européenne accéderait-elle à cette demande ?
Parce que la classe politique, en France, place dans ses discours la survie de la filière ovine parmi ses priorités. Parce que la FNSEA, s’engage officiellement dans ce combat. Parce que les responsables professionnels, Xavier Beulin en tête, reconnaissent qu’en 2007 le secteur céréalier aurait pu se passer d’aides.

Pourquoi aider davantage une production frappée par une baisse chronique de la consommation ?
Parce qu’on importe en France 70 % des produits qui sont consommés. Il y a par conséquent de l’avenir pour cette filière française aux produits de qualité.
Avec 9 % des UGB du Poitou-Charentes, la filière ovine régionale utilise 27 % des surfaces toujours en herbes. À l’ère du développement durable et du respect de l’environnement, les aides à l’élevage d’ovins sont plus que jamais justifiées. Les politiques doivent aller au-delà des discours.

L’amélioration des performances technico-économiques dans les élevages peut-elle aujourd’hui apporter une bouffée d’oxygène dans les exploitations ?
Je me garderais bien tous conseils dans ce domaine. Les éleveurs qui ont travaillé la productivité étaient, ces dernières années, ceux qui gagnaient le mieux leur vie. Ils sont aussi ceux qui depuis un an subissent le plus fortement la crise provoquée par l’envolée du prix des matières premières.
Il faut chercher des solutions techniques. L’engraissement à l’herbe est-il une voie ? Je ne sais pas. En Limousin où la pluviométrie est significative, peut-être. En Gâtine, où les terres sont séchantes, je ne suis pas sûre. Il faut, de plus, être prudent. Recaler la production sur les pousses d’herbe peut désorienter le marché. Si depuis trois ans, les prix de vente de l’agneau se maintiennent, c’est notamment parce que de gros efforts ont été faits pour étaler sur l’année la production.

Y a-t-il quelque chose à attendre du marché ?
Agneau français et néo-zélandais sont mélangés dans les rayons des GMS. Convaincus de la qualité de notre production, nous souhaitons communiquer plus largement. Marquer, identifier la production française est un objectif. Sur le plan gustatif la différence est réelle. Le consommateur averti fera la différence. J’en fais le pari.
Propos recueillis
par Christelle Picaud
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