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Les JA orientent le débat pour trouver des solutions ensemble

À l’occasion de leur assemblée générale le 14 février à Exireuil, les JA 79 ont présenté leur rapport d’orientation, qui dessine quelques pistes de travail pour sécuriser les exploitants tout en leur permettant de répondre aux demandes sociétales.

De gauche à droite : Gilles Amiot, éleveur de chèvres à Chey, Claude Roulleau, le président du Sertad, Guy Moreau, conseiller régional et membre de la commission agricole, Jean-Marie Colon, vice-président de JA Nouvelle-Aquitaine, Mickaël Papot, éleveur de bovins à Saint-Georges-de-Noisné, et Christelle Picaud, animatrice de la table ronde.
De gauche à droite : Gilles Amiot, éleveur de chèvres à Chey, Claude Roulleau, le président du Sertad, Guy Moreau, conseiller régional et membre de la commission agricole, Jean-Marie Colon, vice-président de JA Nouvelle-Aquitaine, Mickaël Papot, éleveur de bovins à Saint-Georges-de-Noisné, et Christelle Picaud, animatrice de la table ronde.
© JA 79

Ces derniers mois, les Jeunes Agriculteurs ont sillonné la campagne deux-sévrienne pour tenter de trouver des pistes de réflexion, « pour construire ensemble une réponse aux différentes contraintes ». Ce travail de terrain a été consigné dans un document remis à tous les participants au cours de l’assemblée générale du syndicat, jeudi 14 février à Exireuil.

Mickaël Papot, Vincent Ducourtieux, Victor Charles et Mathias Naud ont fait de l’information le thème central des évolutions à apporter. « S’informer, c’est rester à l’écoute de l’actualité agricole, ne pas rester enfermé dans ses pratiques et prendre conscience que celles-ci peuvent ne pas être totalement en adéquation avec l’environnement économique ou réglementaire », constatent-ils.

L’ouverture, avec ses voisins ou avec des organismes professionnels, est ainsi mise en avant par les jeunes comme un levier d’action important. Mais changer de système, de manière de produire comporte des risques que certains ne peuvent se résoudre à prendre. « Alors pourquoi ne pas imaginer un système assurantiel qui couvrirait les risques qu’implique le changement de modèle », lance Guy Moreau.

Outre cette question, pour être à même de répondre aux exigences de plus en plus importantes, la communication vers l’extérieur est aussi importante, « un pilier fondamental », est-il écrit dans le rapport. « Il faut prendre possession des réseaux sociaux, ouvrir nos fermes, aux enfants mais aussi aux parents », énumère Mickaël Papot, éleveur de Blondes d’Aquitaine à Saint-Georges-de-Noisné depuis deux ans. La création d’un groupe dédié à la communication au sein du syndicat départemental est ainsi évoqué.

Questionnements sur la gestion des crédits Pac

La question de la gestion des crédits alloués à l’agriculture a également été abordée. Guy Moreau, élu régional qui fait partie de la commission agricole de la Nouvelle-Aquitaine, souhaite ainsi que l’enveloppe du deuxième pilier de la Pac soit confiée aux régions, qui sont plus à mêmes, selon lui, d’adapter les aides économiques en fonction des réalités du terrain. « C’est le cas en Allemagne par exemple. Les Länder sont puissants et chacun adapte sa politique en fonction des besoins », assure-t-il.

Mais l’idée n’a pas vraiment séduit les agriculteurs présents. Pour Jean-Marie Colon, vice-président de JA Nouvelle-Aquitaine, cette gestion très locale favorisera les distorsions entre des exploitations voisines. « Actuellement, la quatrième modulation DJA est gérée par la région. En Auvergne-Rhône Alpes, la majoration est de 22 000 euros. En Nouvelle-Aquitaine, elle est de 13 000 euros », présente le représentant syndical, par ailleurs agriculteur dans la Creuse. Une situation compliquée alors qu’il n’habite qu’à une vingtaine de kilomètres de la frontière régionale.

Alain Chabauty, le président de la Fnsea 79, ne souhaite pas non plus voir les crédits passer à la région. « Je ne suis cependant pas opposé à une meilleure orientation de cet argent mais il doit être tout de même coordonné un minimum ».

Un foisonnement de politiques publiques

Néanmoins, une autre menace se profile, a tenu à rappeler Vincent Touzot, l’ancien président de JA Poitou-Charentes. « La Commission européenne débat actuellement de l’écriture de plans stratégiques nationaux qui s’intègrent dans des objectifs européens globaux. Si cela est validé, cela veut dire qu’il y aura 27 politiques agricoles différentes ». Ce plan prévoit par ailleurs que 40 % des fonds devraient être consacrés aux objectifs liés au changement climatique, comme l’avait indiqué Phil Hogan, le commissaire agricole européen, en juin 2018.

Face à ce foisonnement des politiques publiques, il est parfois difficile pour les agriculteurs de se situer. « Il n’y a plus d’orientation politique unique. Chaque agriculteur doit se situer par rapport à la multitude d’acteurs qui font partie du débat », relate Gilles Amiot, éleveur caprins à Chey, lors de la table ronde. Avec leur rapport d’orientation, les JA 79 espèrent donc fédérer le plus grand nombre autour d’objectifs communs.

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