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Les revenus des élevages allaitants pénalisés en 2018

Malgré une amélioration du marché du maigre, la baisse des prix des animaux finis, l’augmentation des charges et la baisse des aides pénalisent les revenus 2018.

L’année 2018 marque une conjoncture divergente entre les cours des bovins maigres et gras. La diminution des naissances allaitantes en 2017-2018 a limité l’offre des broutards. Ceci a permis une légère hausse des prix, appuyée par une demande dynamique italienne. Par contre, les cours des bovins finis sont pénalisés par l’afflux de vaches de réformes laitières et allaitantes dans les abattoirs. Ainsi, le broutard charolais progresse de 2,8 % alors que le taurillon charolais baisse de 2 %.

Du côté des femelles, le cours de la vache charolaise baisse de 0,09 €, soit 2,4 %. On observe un recul également de 0,11 € en Parthenaise et de 0,15 € en Blonde d’Aquitaine. Le prix des céréales en hausse de 18,5 % limite la baisse des revenus des éleveurs pour ceux qui ont des surfaces en céréales de vente significatives. Enfin, le transfert du budget de la Pac du premier vers le second pilier, ainsi que la convergence, impactent encore en 2018 les aides découplées des éleveurs. Les aides globales baissent de 1 à 12 % selon les systèmes, les systèmes engraisseurs spécialisés étant les plus touchés. Les aides couplées aux bovins allaitants diminuent de 5 % à 9 %.


Hausse des charges opérationnelles en 2018

L’IPAMPA (indice de l’évolution des prix) augmente de près de 4 % en 2018. Si le coût des aliments achetés augmente de 3 %, tiré par l’augmentation des céréales, l’aliment BV 40 et l’azote minéral ont des prix stables depuis 2017, le soja enregistre même une baisse de prix de 4,2 %. Le coût du carburant en 2018 est en hausse de 18 % par rapport à 2017. Les charges de structure totales sont en hausse, de 2,2 %.


Naisseur intensif

Le naisseur intensif réalise 70 vêlages sur 70 ha avec 1 UMO. La marge brute viande est en diminution de 12 euros/UGB, soit -3 %, malgré un produit viande stable. Les hausses du prix des broutards (+2 %) et broutardes (+3 %) ne comblent pas l’impact de la diminution des aides couplées allaitantes de 9 % et du prix des vaches de réformes qui baisse de 2 %. La hausse des charges de structure est de 1 %, très largement due à la hausse du pétrole. Le coût de production en 2018 est de 378 €/100 kg vif, en hausse de 1 % par rapport à 2017. Dans le même temps, le produit diminue, et permet une rémunération de seulement 0,62 Smic/UMO. Le résultat courant de 10 200 € reste très insuffisant.

 

Naisseur-engraisseur semi-intensif

Le naisseur-engraisseur semi-intensif réalise 70 vêlages sur 85 ha et vend 33 JB avec 1,2 UMO. Les aides en diminution de 6 % et les charges, en augmentation de 1 %, couplées à une conjoncture bovine morose, ne permettent pas de dégager un revenu suffisant, il est en dessous de 15 000 € par an. Seul le produit de vente des cultures progresse de 19 %, soit +163 €/ha. La conjoncture défavorable des taurillons impacte également le produit viande, qui diminue de 1 %. La marge brute bovine baisse de 5 % (-24 €/UGB). Le coût de production en 2018 est de 328€/100 kg vif, en augmentation de 1 % par rapport à 2017. Dans le même temps, le produit diminue de près de 4 €/100 kg vif et porte la rémunération à 0,79 Smic/UMO.


Engraisseur de jeunes bovins

L’engraisseur avec 1,3 UMO sur 75 ha finit 250 JB et vend 12 ha de céréales. En 2018, l’EBE baisse de 18 %. Les aides baissent de 12 % pour ce système, ainsi la marge bovine est dégradée de 137 €/JB (-18 %) en 2018. Les broutards sont achetés 3 % plus cher qu’en 2017 et les taurillons sont vendus 1 % moins cher. Le coût de production augmente de 1 %. En parallèle, le produit viande diminue de 6 % (-11 €/100 kg vif). La rémunération permise est de 1,58 Smic/UMO, soit -32 % par rapport à 2017. Malgré une baisse importante du résultat, il est parmi les meilleurs des systèmes viande par UMO.

 

Des mesures économiques et techniques

En Charolais, l’ensemble des systèmes naisseur comme naisseur-engraisseur diminue légèrement. Les revenus sont à de faibles niveaux. La diminution concerne également les élevages en Blondes d’Aquitaine et Parthenaises, -15 %. Seuls les systèmes en bio améliorent leurs résultats en raison d’une conjoncture favorable. Dans un contexte économique difficile, où les écarts restent importants entre élevages, le calcul du coût de production est un bon moyen pour obtenir des pistes d’améliorations. La maîtrise des charges (opérationnelles et structures) est le premier levier.

 

 

L’étude a été conduite selon les cas types créés en fonction des systèmes que l’on trouve dans la région. Source Inosys


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