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Manuel Valls plaide devant les JA pour le modèle agricole français

La finale mondiale de labour, rebaptisée Terres de Jim à Saint-Jean-d'Illac, avait l'ambition de démontrer que l'agriculture française était un secteur d'avenir et une réponse durable à l'alimentation de demain. Les annonces de Manuel Valls, ne sont pas passées inaperçues.

Sur 300 hectares, à Saint-Jean-d'Illac, 200 000 visiteurs ont été dénombrés à Terres de Jim, la semaine dernière, avec en point d'orgue, les concours national et mondial de labour. Si la compétition a rassemblé les professionnels de tous les continents, avec une trentaine de délégations, un grand nombre de stands et d'animations étaient destinés au grand public, à la manière d'un salon de l'agriculture en plein air.
Une carte de France végétalisée, un labyrinthe de maïs ou encore un potager proposaient aux visiteurs une représentation concrète et ludique des filières agricoles. Pour renforcer le lien entre producteurs et consommateurs de façon innovante, les jeunes agriculteurs ont mis en place les Halles de Jim, grand marché regroupant 700 références de produits du terroir sur 2 000 m2. Objectif de l'opération : vendre des produits français au juste prix. En maîtrisant ainsi leur distribution, les agriculteurs souhaitent sensibiliser les acheteurs à la notion de prix rémunérateur.
On trouvait donc sur les étals des produits locaux que les jeunes agriculteurs, soutenus en cela par le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, veulent « valoriser, au même titre que les autres marchés » et les autres innovations qui renouvellent la relation entre agriculture et société.

Une agriculture saluée par le Premier ministre
Le discours de Manuel Valls, le 6 septembre, est venu conforter cette image d'une agriculture dynamique, « une des forces de notre pays », au « modèle compétitif » malgré une conjoncture difficile que le Premier ministre n'a pas manqué d'évoquer. Lui aussi a souhaité « tordre le cou aux clichés qui trop souvent entourent le monde agricole », en faisant notamment référence à la relation complexe qu'entretient l'agriculture avec l'environnement. « Vous êtes de vrais écologistes car vous êtes au coeur de la nature », a-t-il affirmé devant une assemblée enthousiaste, ajoutant qu'il était possible de produire davantage sans pour autant nuire à l'environnement, grâce aux innovations et aux nouvelles technologies.
Un discours qui ne pouvait que séduire les agriculteurs au moment où la France vient à nouveau d'être condamnée par l'Union européenne concernant la directive nitrates. Une directive que Manuel Valls veut renégocier via la mobilisation conjointe de Ségolène Royal et de Stéphane Le Foll qu'il a chargé de deux missions : « La sauvegarde de l'élevage extensif et l'obtention d'un calendrier réaliste ». « L'approche normative a clairement montré ses limites », a-t-il ajouté. Le Premier ministre a également assuré de son soutien sur l'ensemble des sujets d'actualité, sans exception : la simplification car « il n'est pas possible qu'autant de réglementation entrave aujourd'hui cette énergie », les vols en milieu agricole, la préservation du foncier, les accords de partenariat transatlantique et, bien sûr, le renouvellement des générations car, a-t-il conclu sous les applaudissements,  « l'agriculture n'est pas un métier du passé, c'est un métier d'avenir ».

La transparence des Gaec enfin acquise
Manuel Valls a par ailleurs annoncé la possibilité pour les formes sociétaires, et en particulier les Earl entre époux, de se transformer en Gaec. Une possibilité qui se heurtait aux réticences de la Commission européenne. Cette dernière a finalement accepté le schéma proposé par la France. Comme l'explique un communiqué du ministère de l'Agriculture, « chaque agriculteur membre d'un Gaec bénéficiera des aides de la PAC au même titre qu'un agriculteur individuel ». Jeunes Agriculteurs a salué cette annonce qui montre que « le combat syndical peut porter ses fruits » et qui doit « donner confiance pour les combats qui suivent », car l'enjeu à venir en France reste celui de « la reconnaissance des « vrais » agriculteurs », avec en particulier « la déclinaison de la loi d'avenir et du registre renouvelé ».

Table ouverte chez les JA du Poitou-Charentes
Présent sur le stand restauration, animé par les Jeunes Agriculteurs du Poitou-Charentes, Guillaume Mandin, le président régional, ne nourrit aucun complexe : « Nous ne sommes peut-être pas un syndicat régional aussi important que peuvent l'être certaines structures JA fortes de 1 500 adhérents, mais nous avons réussi à mobiliser plus d'un quart de nos effectifs (Ndlr, 400 adhérents revendiqués par le syndicat régional) pour se relayer, pendant ces quatre jours de Terres de Jim ». Soit plus d'une centaine de bénévoles.
JA a aussi battu le rappel des interprofessions régionales pour proposer sur son stand un menu picto-charentais typique. Du melon charentais (provenant de la Vienne !), arrosé d'un petit verre de pineau des Charentes, en entrée ; des moules de Charente-Maritime, de la Parthenaise (label rouge) ou du mouton fourni par le GIE ovin du Centre-Ouest, en plat de résistance. Pour finir sur du fromage de chèvre, fabriqué par la laiterie deux-sévrienne Sèvre et Belle. En tout, les Jeunes Agriculteurs ont confectionné 1200 repas, pendant ces quatre jours. Conclusion de Guillaume Mandin : « Nous avons réalisé une bonne opération puisque tout a été écoulé. Objectif atteint ».

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