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Mécanisation, crédit, formation, piliers du développement local au Togo

Le maintien des jeunes dans la région des Hauts Plateaux au Togo nécessite de mécaniser la production locale. Les agriculteurs s’organisent pour cela avec l’aide d’Afdi.

Au village de Wessido, des agriculteurs sont en train d’amorcer le virage selon eux « irrévocable » de la mécanisation avec une expérimentation de vieilles machines (égreneuse, batteuse) sur lesquelles ils ont adapté un moteur. Lors de cette rencontre, Gérard Gellé (au centre sur la photo) leur donnait une première leçon d’entretien d’un moteur.
Au village de Wessido, des agriculteurs sont en train d’amorcer le virage selon eux « irrévocable » de la mécanisation avec une expérimentation de vieilles machines (égreneuse, batteuse) sur lesquelles ils ont adapté un moteur. Lors de cette rencontre, Gérard Gellé (au centre sur la photo) leur donnait une première leçon d’entretien d’un moteur.
© N. C.
«Nous avons constaté la volonté des agriculteurs de progresser sans quoi d’autres vont s’accaparer les terres et les jeunes partiront. » Ce bilan est celui d’une délégation d’Afdi Deux-Sèvres qui s’est rendu au Togo, dans la région des Hauts Plateaux, du 20 au 30 juin.Depuis une dizaine d’années, la coopération avec cette région prend des formes adaptées à un développement local, basé sur l’accompagnement des paysans. Il s’agit de mettre en place des structures démocratiques afin de maintenir une agriculture qui a besoin d’évoluer pour augmenter la production de maïs, de riz et de soja à des fins alimentaires.« Il n’y a pas de travail attelé. Tout se fait à la main », rappelle Gérard Gellé, qui en est à son cinquième voyage sur place. « Il faut 16 jours à une personne seule pour retourner un hectare avec des outils précaires et ensuite semer dans une période très courte, poursuit-il. Les jeunes ne veulent plus travailler dans ces conditions. » Pour éviter l’exode vers les villes, bien souvent avant l’émigration vers l’Europe, la mécanisation est présentée comme une priorité. En lien avec l’Union des agriculteurs de la région (UAR), il est décidé de commencer par du matériel simple, comme pour le battage, avec des motoculteurs de 12 à 15 CV, « l’équivalent d’un cheval » pour le labour, le binage... Mais cet investissement de 4 500 euros, nécessite au préalable d’avoir mis en place des formations pour utiliser, régler, entretenir le matériel. « 70% des habitants du pays sont des agriculteurs. Leur production est celle d’une agriculture de subsistance. Il faut que les familles puissent se nourrir », rappelle Gérard Gellé et dans un deuxième temps, alimenter une économie marchande avec les excédents.Mécanisation, formation et financement, sont les trois piliers de l’action de l’UAR, en lien avec Afdi. Les caisses locales de crédit ont été initiées il y a quelques années. « Nous sommes à un tournant, a-t-il constaté. Il faut que les agriculteurs puissent emprunter davantage que le prêt de campagne pour les semences, un peu d’engrais, remboursé à la récolte, … ce qui représente environ 30 € pour un hectare et demi, voire deux. » La mécanisation demande d’emprunter sur une plus longue période des sommes plus conséquentes. La reconnaissance de ces caisses par l’Etat, gérées par des personnes élues, devient nécessaire pour trouver des bailleurs de fonds.Gérard Gellé est convaincu que la mécanisation peut dynamiser l’agriculture. « Mais il ne faut pas se précipiter », souligne-t-il. Le matériel sera celui de groupements d’utilisateurs, comme cela se fait déjà pour le battage, selon le modèle des Cuma. La réussite de ce projet est déterminante. L’exode rural menace sous la pression de citadins qui s’accaparent des terres dans le but de les travailler eux-mêmes ou qui spéculent sur une expropriation par des investisseurs étrangers. Des milliers d’hectares de canne à sucre sont déjà exploités dans la région avec une main-d’œuvre locale payée un euro par jour.
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