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Manifeste pour des ruralités vivantes
Ne pas se faire piquer le vent, la terre, le soleil, mais accueillir les nouveaux

Lors d’une séance publique le 22 septembre au soir, le manifeste pour des ruralités vivantes de la Fnsea a été dévoilé. L’occasion d’échanger lors d’une table ronde sur l’économie du monde rural : les moyens de la développer, sans la dénaturer.

Jean Viard et François Asselin ont réagi au manifeste pour des ruralités vivantes de la Fnsea présenté par son vice-président Henri Biès-Péré.
© chloe poitau

Non, la ruralité n’est plus ringarde, et les chiffres attestent même qu’elle attire de plus en plus d’urbains, surtout depuis la pandémie. Malgré ces soubresauts, la tendance générale reste à une transmission de plus en plus difficile des activités, agricoles, artisanales et industrielles loin des villes.

Aussi la Fnsea porte-t-elle l’ambition de faire sortir les zones rurales de l’étiquette de lieux de seconde catégorie. A ce titre, elle a présenté ce mercredi soir son manifeste pour des ruralités vivantes, consistant en une sorte de pacte avec les élus, les ruraux et les néo-ruraux pour un bien-vivre ensemble.

« Ce document, d’une dizaine de pages seulement, se fixe quatre objectifs principaux, a décliné Henri Biès-Péré, numéro deux du syndicat. Le premier concerne l’emploi, en projetant d’installer 100 000 entreprises d’ici à 2030 et en consolidant les groupements employeurs intersecteurs notamment. Un autre vise le climat, base d’un pacte avec la société (énergies nouvelles, neutralité carbone, rénovation des habitats vacants…). Les derniers sont le dialogue et le vivre-ensemble. C’est par le biais de projets communs, d’événements, d’indicateurs à atteindre collectivement (plans alimentaires, énergétiques ou d’urbanisation, fêtes et portes-ouvertes, création de commerces multiservices …) que nous nous rencontrerons et nous écouterons ».

« Soyez les écologistes qui permettront ce pacte »

Au-delà des propositions du manifeste, signé par une série de partenaires de la Fnsea, la soirée donnait la parole à trois intervenants : la présidente de la région Occitanie Carole Delga, le sociologue Jean Viard et le président de la Confédération des PME François Asselin. Carole Delga, qui vit encore dans son village natal près de Toulouse, a rappelé l’intérêt que porte Régions de France à la ruralité, « pleine d’atouts pour stopper l’hypermétropolisation et rééquilibrer le territoire », rappelant que ce « nouveau modèle de croissance ne doit pas se faire en menaçant les traditions du milieu rural ».

Question opportunité, Jean Viard la rejoint, n’hésitant pas à bousculer l’auditoire : « Un petit virus nous a appris qu’il fallait se mettre ensemble pour sauver la nature et l’humanité. Or l’avenir d’une société écologique passera nécessairement par les terres arables. Soyez les écologistes qui le permettront. Ne vous laissez pas piquer le vent, la terre, le soleil et le bois qui sont votre métier. Il n’y a que 450 000 fermes en France en face de 16 millions de pavillons autour des villes. Tous ces usages de l’espace sont légitimes et ouvrent un immense débat. Les pouvoirs publics ont le rôle d’arbitrer ».

Le nouveau modèle de croissance via les petites villes rurales ne doit pas se faire en menaçant leurs traditions, a exprimé Carole Delga

Agriculture et PME : gagner en valeur plutôt que s’agrandir

En sa qualité de président de la CPME, François Asselin a ensuite rappelé la destinée commune de l’agriculture et l’industrie/artisanat pour mailler le territoire et faire vivre les petites communes. « Le travail fait par la Fnsea via le manifeste, dont nous sommes signataires, est remarquable, a-t-il salué. La ruralité ne peut pas vivre que du tourisme, et nous devons compter sur notre connaissance de ce milieu, notre lieu professionnel mais aussi de vie, pour regagner de la valeur ajoutée ».

Ce sur quoi Jean Viard a rebondi : « il ne s’agit pas d’augmenter les surfaces, mais surtout les marges ! ». La session s’est clôt sur une série de question issue du public. A été évoqué, entre autres, la nécessité de revaloriser les métiers agricoles et de PME dès la scolarité des jeunes : « les enfants rêvent de travailler à la ferme, puis plus du tout quand ils sont grands, que se passe t-il entre temps », a par exemple interrogé Christian Daniau, président de la chambre d’agriculture de Charente.

Avant qu’un représentant d’Aveyron invite l’assemblée à bien veiller à différencier les ruralités : « on ne peut parler d’un bloc homogène, les solutions évoquées dans le manifeste sont envisageables en orbite des villes, mais quid des zones reculées ? ».

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